ALGÉRIE
01/04/2019 11h:12 CET | Actualisé 01/04/2019 11h:13 CET

Said Sadi : le destin des Algériens ne saurait être otage ni d’un clan familial ni d’une oligarchie militaire

AFP via Getty Images

“Le destin des Algériens ne saurait être otage ni d’un clan familial qui a saigné le pays ni d’une oligarchie militaire”, affirme l’ancien Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD). Dans un post publié sur son compte Facebook, Saïd Sadi, analyse la situation politique en Algérie à un mois de la fin du mandat du Président Bouteflika.

“Les tensions latentes qui opposaient les deux principaux clans du sérail s’exacerbent”, note M. Sadi pour qui “les raisons obscures qui ont scellé la longue complicité des deux clans ne peuvent pas être plus crédibles que celles qui provoquent leur divorce aujourd’hui.”

Le destin des Algériens, poursuit Saïd Sadi, “ne saurait être otage ni d’un clan familial qui a saigné le pays ni d’une oligarchie militaire. Celle-ci a d’ailleurs longtemps hésité avant de tenter un positionnement encore équivoque par rapport à des revendications populaires clairement et massivement exprimées en faveur d’une rupture radicale avec un système politiquement illégitime, économiquement prédateur et moralement dégradant.”

L’Algérie nouvelle, souligne l’ancien président du RCD, “est née dans la rue grâce au courage et au sens du devoir et de l‘honneur de ses enfants. Ce n’est pas à elle de s’adapter aux rapports de force claniques mais à chacun de rejoindre, sans arrière-pensées, cette société plurielle, fraternelle, démocratique et moderne.”  Il ajoute que le “logiciel sociétal a définitivement changé. Et cette mutation majeure et inédite n’est toujours pas enregistrée par ceux qui contrôlent encore les divers centres de décision. Le citoyen n’attend ni sauveur ni tuteur.”

Dans ce sillage, il rappelle que les manifestants ont mis en exergue les articles sept et huit de la constitution lesquels “désignent explicitement le peuple comme seul et unique arbitre du devenir national.”

Pour lui, “ces instruments peuvent conduire, dans des délais raisonnables, à une sortie de crise salutaire dans la mesure où leur application débouche naturellement sur l’ouverture d’une phase de transition devant être conduite par des mécanismes et des structures qui font déjà consensus.“
Il précise que l”l’Histoire est en marche. Elle a un moteur : une inébranlable volonté citoyenne ; elle a une méthodologie : la transparence démocratique ; elle a un objectif : le pouvoir du peuple souverain.” Et de conclure “il n’y a pas d’autres choix que de s’y conformer pendant qu’il en est encore temps.”