ALGÉRIE
25/03/2019 18h:26 CET

Saïd Sadi craint la récupération par les services spéciaux

AFP via Getty Images

Dans une longue contribution publiée aujourd’hui dans le quotidien Liberté, le Dr Saïd Sadi revient sur le mouvement populaire du 22 février. Pour l’ancien SG du RCD, “Le miracle qui se renouvelle dans le calme chaque semaine échappe au registre du politique stricto sensu. Des questions ont pu surgir quant aux origines de ces manifestations. Quelles que soient les supputations, ce souffle résiste, pour l’instant, aux manipulations et relève, désormais, de l’ordre de l’Histoire qu’il interroge implicitement pour la réinterpréter”.

Pour autant, M. Sadi averti que rien n’est encore gagné et que le plus dure guette le mouvement et craint la manipulation de la police politique “Parmi les menaces immédiates, il y a les interventions de la police politique dont on trouve la marque pesante sur la toile et dans les foules”, écrit-il.

“Ayant perdu la manche de la pollution sur le net, les services de renseignements tentent de rattraper le coup par l’infiltration du terrain”, affirme-t-il. Et le Dr Sadi d’accuser nommément  les services spéciaux d’avoir orchestrer le rejet des personnalités politiques survenu lors des manifestations. “Mais il y a plus grave. On sait maintenant que ceux qui ont provoqué le rejet ou le chahut des responsables politiques, ou, plus exactement, ceux qui les ont initiés, sont des éléments des services spéciaux. 

La question est de savoir comment, dans un rassemblement où on scande Chorta, Chaab Khawa (police, peuple frères), on expulse une femme ou un homme politique de l’opposition qui, jusqu’à preuve du contraire, sont des citoyens appelés à se joindre à des protestations dirigées contre le pouvoir”, s’insurge Saïd Sadi qui profite de la tribune pour s’attaquer aux propos du porte-parole du RND Seddik Chihab, tenus sur El Bilad.

Des voix reconverties à l’opposition avouent que le pouvoir a été exercé par ” des forces extra constitutionnelles”. La belle affaire. La principale force extra constitutionnelle est la police politique”. Alors que des voix demandent à ce que le mouvement populaire désigne ses  représentants pour négocier avec le pouvoir, l’ancien patron du RCD affirme son opposition à cette démarche. “Le succès de ce mouvement tient au fait qu’il rassemble toutes les sensibilités et les courants idéologiques du pays. Il est donc vain de chercher à lui donner une homogénéité programmatique ou doctrinale”, conseille-t-il.