ALGÉRIE
10/10/2019 16h:26 CET

Said Djellab n’écarte pas la possibilité d’exporter des véhicules d’occasion d’Algérie vers l’Afrique

STRINGER via Getty Images
Cars drive on a road in the Algerian capital Algiers on February 1, 2017. / AFP / STRINGER (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)

La loi de finance 2020 sera examinée par le Conseil des ministres ce dimanche 13 octobre 2019. Parmi les mesures retenues dans ce texte figure l’autorisation d’importation des véhicules de moins de trois ans en Algérie.

“C’est une soupape d’échappement par rapport au marché national. Des voitures sont montées en Algérie, mais la demande augmente de plus en plus sur l’offre locale. Automatiquement, il y a augmentation des prix. Le pouvoir d’achat des algériens ne peut pas y accéder. Il y aura donc ouverture sur l’extérieur pour que les prix baissent. Depuis que nous avons installé des usines de montage de véhicules en Algérie, le marché a été fermé avec tous les avantages donnés avant. L’ouverture du marché est une forme de régulation du flux et des prix, en attendant qu’il ait une industrie de montage progressivement intégrée”, a précisé Said Djellab, ministre du Commerce, invité de la rédaction de la Chaîne III de la radio nationale, ce jeudi 10 octobre.

Selon lui, les pays où une industrie automobile est installée ne ferment pas leur marché. Pourquoi le marché algérien a été fermé après l’ouverture de certaines usines comme Renault, Hyundai ou autres ? “J’étais un directeur du commerce extérieur (au ministre du Commerce), je n’étais pas décideur. Nous sommes en train de rétablir les règles du marché. On peut accorder des avantages, mais on n’interdit pas l’importation”, a-t-il répondu.

Il a indiqué qu’un mécanisme de contrôle a été installé pour éviter l’entrée en territoire nationale de véhicules d’occasion non conformes. “Nous ne voulons pas recevoir des véhicules Diesel que les européens ont abandonné, les laissant à d’autres continents. Nous voulons des véhicules conformes et non pollueurs”, a-t-il appuyé. 

Il a annoncé que les particuliers ont importé des véhicules neufs pour une valeur de 600 millions. Il a annoncé que l’exportation de véhicules d’occasion d’Algérie vers les pays voisins africains est à l’examen actuellement. “Une fois la possibilité maturée, elle sera présentée au gouvernement”, a-t-il dit.

Assainir le secteur de l’électroménager

Revenant sur le régime d’autorisation imposé pour l’importation des kits CKD pour l’industrie électroménager, le ministre du Commerce a indiqué que l’Etat a décidé d’assainir le secteur.

“On ne peut pas laisser continuer une industrie qui se base sur l’importation de kits pour les monter en Algérie. On ne peut continuer de tolérer ce type d’industrie. C’est une industrie qu’il faut encourager dans le sens de plus d’intégration avec des objectifs. Cela va dans l’intérêt des opérateurs et de l’Algérie. Dans la chaîne des valeurs mondiales concernant l’électroménager et l’électronique, 10 à 20 % d’intégration est un partage équitable de valeur ajoutée. Jusqu’à maintenant cette valeur ajoutée n’est pas partagée en Algérie”, a-t-il expliqué.

Selon le ministère de l’Industrie, au moins 70 opérateurs activent dans le secteur de l’électroménager employant 20.000 salariés. Le même ministère prépare un nouveau cahier des charges et un décret pour « encadrer » cette industrie.

L’Algérie aura son pavillon à City Food à Moscou

Said Djellab a annoncé que l’Algérie aura bientôt un pavillon au marché de fruits et légumes et produits frais de Moscou (City Food). “Nous avons déclenché la procédure pour que nous ayons notre pavillon. Nous aurons plus d’exportation de fruits et légumes et de produits alimentaires vers le marché russe qui est l’un des grands marchés solvables actuellement. Nous continuons à travailler avec les Etats Unis et l’Europe, mais notre marché extérieur est d’abord l’Afrique, la Russie et la Chine. Nous explorons le marché chinois pour exporter les dates et des fruits”, a-t-il précisé.