TUNISIE
15/08/2018 17h:35 CET

Said Aïdi envoie une fin de non-recevoir à Nidaa Tounes

“Soyons claires! Il n’y aura pas de retour” à Nidaa Tounes a tranché Said Aïdi.

Invité de Radio Med, l’ancien ministre de la Santé et fondateur du parti Beni Watani Said Aidi est revenu sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité, dont notamment la crise politique que connait le pays.

Une fin de non-recevoir à Nidaa Tounes

“Soyons claires! Il n’y aura pas de retour” à Nidaa Tounes a tranché Said Aïdi.

Malgré certaines rumeurs faisant état de son retour à Nidaa Tounes, à l’instar de plusieurs autres anciennes figure du parti au sein d’une nouvelle coalition, il affirme qu’une telle initiaitve n’est pas opportune: “Est-ce qu’aujourd’hui, cela va restaurer la confiance entre les Tunisiens et le parti ou est-ce une tactique? Notre pays est fatiguée de tout cela!”

Interrogé sur la capacité de Nidaa Tounes à réformer le pays, il affirme que cela ne sera possible que si le parti se réforme lui même: “Aujourd’hui, les conditions ne sont pas propices” pour que ce parti fasse avancer le pays.

“Dans toute coalition, il faut trouver une vision commune”. Avant d’en créer une, il faut se poser ces questions: “Qu’est ce qu’on va faire? Comment va-t-on le faire? Et avec qui va-t-on le faire?” a-t-il expliqué.

Pour lui, “on ne peut pas s’installer, dire qu’on est ensemble et puis après s’interroger sur ce qu’on peut faire. Il y aura trop de conflits et ça créera un échec constant”. 

De nombreuses pressions

Interrogé sur son passage au ministère de la Santé, Said Aïdi a affirmé avoir subi des pressions, notamment en ce qui concerne l’affaire des stents périmés. Malgré sa volonté de mener des réformes, il affirme avoir eu face à lui des pressions émanant d’ “intérêts politiques” de la part ce certains partis au pouvoir qui ne “travaillent pas dans l’intérêt du citoyen tunisien”.

“Ils ont dit de ‘fermer le dossier’ comme pour l’affaire des stents” a-t-il affirmé.

Selon lui, c’est l’absence de “continuité de l’État” qui pose aujourd’hui problème citant notamment une enquête nationale effectuée sur les maladies chroniques: “Nous avons vu combien de Tunisiens avaient besoin de médicaments. Nous avons demandé à l’ARP en décembre 2015 un budget supplémentaire pour cela” a-t-il affirmé regrettant que ce projet n’ait pas été mené à bout.

“Beaucoup de réformes n’ont pas été poursuivies” a-t-il déploré.

“Ce qu’a fait le chef du gouvernement est immoral”

Interrogé sur le chef du gouvernement Youssef Chahed, Said Aïdi a affirmé qu’il était “le principal responsable” et doit donc agir en conséquence. Or l’interview accordée à la Télévision nationale au sein de laquelle, il a mis sur la scène publique la crise au sein de Nidaa Tounes ne l’a pas montré: “Il ne peut pas sans cesse esquiver et rejeter la faute sur autrui comme on l’a vu dans une interview où il a mis la crise au sein de son parti sur la scène publique. C’est immoral ce qu’a fait le chef du gouvernement” a estimé Said Aïdi.

“Les problèmes de son parti, qu’il les règle en interne. Qu’il ne la ramène pas sur la scène publique pour en faire une crise nationale!” a-t-il fustigé.

Par ailleurs, il a affirmé que le problème “ne se situe pas au niveau des gens, mais au niveau de la mentalité du gouvernement”.

“On peut dire aujourd’hui que ce gouvernement a échoué!” a-t-il estimé ajoutant que celui-ci veux faire porter à l’UGTT son échec “alors que celle-ci a été le premier soutien de ce gouvernement”.

“Je pense qu’aujourd’hui (...) la relation entre le président de la République et le chef du gouvernement ne permet pas de continuer ainsi” dit-il avant d’ajouter: “Nous avons besoin d’un gouvernement de salut public”.

Égalité dans l’héritage

Revenant sur la question de l’égalité dans l’héritage, qui agite actuellement la scène politique, Said Aïdi a affirmé que “si la Cour Constitutionnelle existait, beaucoup de lois actuelles ne passeraient pas!”.

Si la position du parti sera tranchée dans le cadre de l’Université politique qu’organisera Beni Watani en septembre prochain, l’ancien ministre de la Santé livre son avis personnel: “Il faut que chaque citoyen et chaque citoyenne ait les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est donc quelque chose de positif sur laquelle on doit avancer” a-t-il dit en commentant l’initiative de l’égalité dans l’héritage.

Cependant selon lui, il est primordial “de respecter les avis divergents sans menaces, ni takfir de quelque côté que ce soit”, pour avoir ainsi un débat apaisé.

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