MAROC
02/04/2018 11h:43 CET

Sahara: Le Maroc promet qu'il ne restera pas "les bras croisés"

Sur la table, les risques de nuire aux efforts de paix.

RONALDO SCHEMIDT via Getty Images

DIPLOMATIE - Inacceptables. Face aux provocations du Polisario, le Maroc, à travers sa diplomatie, son Parlement et ses partis politiques, met en garde contre toute atteinte à son intégrité territoriale. Après la réunion présidée, hier, par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, au Parlement, le Maroc a adressé, le même jour, une lettre au président du Conseil de Sécurité, Gustavo Meza-Cuadra, par la voie de son ambassadeur et représentant permanent aux Nations unies, Omar Hilale. 

Ce dernier y précise que le déplacement par le Polisario de toute structure civile, militaire, administrative ou de quelque nature que ce soit des camps de Tindouf en Algérie vers l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain “constitue un casus belli”. Un acte illégal qui risque de nuire aux efforts de paix, estime Omar Hilale. Dans sa lettre, il met en garde contre une grave menace qui pèse sur le processus politique onusien que le Secrétaire général de l’ONU et son envoyé personnel ”œuvrent inlassablement à relancer”.

Appel au conseil de sécurité

“Avec leurs violations répétées, et maintenant élargies à plusieurs zones à l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain, les autres parties condamnent sérieusement toute chance de relance du processus politique”, affirme-t-il. Et de constater que “l’inaction de la communauté internationale et sa passivité à l’égard de ces violations ont, malheureusement, été interprétées par les autres parties, comme un encouragement à persister dans leurs défis”. 

Face à la situation, le Maroc “exhorte le Conseil de sécurité d’exiger que les autres parties cessent leurs actes attentatoires à la paix, la stabilité et la sécurité régionales”. Omar Hilale souligne ainsi dans cette lettre que “le Conseil de sécurité est instamment appelé à user de son autorité pour imposer le respect du cessez-le-feu et des accords militaires et enjoindre au polisario de se retirer immédiatement, inconditionnellement et complètement de la zone à l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain”.

Prêt à toute collaboration en faveur du processus politique onusien, le royaume prévient, cependant, qu’il ne restera pas “les bras croisés devant la détérioration de la situation sur le terrain. Les autres parties devront, alors, assumer la pleine responsabilité des conséquences qui découleront de leurs actes”.

Soulignant la légitimité de sa mise en garde, l’ambassadeur du Maroc a appelé le président du Conseil de sécurité à faire circuler sa lettre d’urgence auprès des membres du conseil et de la publier en tant que document officiel du Conseil de sécurité. 

Les partis politiques pour une mobilisation nationale

En parallèle à cette réaction diplomatique, les secrétaires généraux des partis politiques se sont réunis, hier, sous la présidence du chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani. Face aux provocations du polisario, ils ont lancé un appel unanime à “une mobilisation nationale globale sur tous les fronts”. Dénonçant les graves violations commises par les éléments séparatistes au niveau de la zone tampon de Guergarate, ils ont estimé que la sonnette d’alarme s’est désormais déclenchée, incitant les Nations unies et la communauté internationale ”à intervenir en toute urgence afin de mettre fin à ces actes irresponsables”. Et de souligner “l’importance de renforcer le front interne et d’unifier les rangs pour défendre l’unité territoriale”.

Unanime pour la défense et le maintien de l’unité territoriale, les secrétaires généraux des partis politiques ont réitéré la fermeté du Maroc contre toute tentative qui viserait à lui porter atteinte. 

Nasser Bourita, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, le ministre d’État chargé des droits de l’homme Mustapha Ramid, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj ainsi que le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile et porte-parole du gouvernement Mustapha Khalfi ont été participé à cette réunion.

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