MAROC
05/04/2018 11h:45 CET

Sahara: Le Maroc fait le point aux Nations unies

Avec un message royal ferme.

MAP
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Nasser Bourita remettant le message royal au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le 4 avril 2018.

DIPLOMATIE – La mobilisation du Maroc se poursuit. Le roi Mohammed VI a eu, hier, un entretien avec le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à qui il a également transmis un message par la voie du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, et du représentant permanent du Maroc aux Nations unies, Omar Hilale.

Le chef de la diplomatie marocaine en a dévoilé le contenu à l’occasion d’un point de presse qu’il a tenu, le jour même à New York, auprès des médias internationaux accrédités aux NU, pour leur présenter les évolutions ayant marqué le dossier du Sahara marocain. Accompagné de Omar Hilale, Nasser Bourita a indiqué que l’entretien a été dicté par “la crainte que la situation à Tifariti et à Bir Lahlou, dans cette zone à l’est du dispositif de défense, ne s’enlise, ou ne soit pas résolue, comme cela a été le cas pour la situation à Guergarate”. Le souverain a donc tenu à l’exprimer au SG des NU soulignant “au nom de toutes les forces vives nationales, toutes tendances et toutes sensibilités confondues, le rejet clair, ferme et déterminé du Maroc de ces provocations, et ces incursions, par le Polisario dans cette zone, et qui sont inadmissibles, et inacceptables”.

Le roi a aussi précisé à M. Guterres que ces agissements “constituent une menace au cessez-le-feu, violent le droit international et les résolutions de l’ONU, et compromettent sérieusement le processus politique mené sous l’égide exclusive des Nations unies par l’Envoyé personnel, M. Horst Kohler”. Et de rappeler que dans ce différend régional, qui dure depuis plus de 40 ans, “l’Algérie a une responsabilité flagrante. C’est l’Algérie qui finance, c’est l’Algérie qui abrite, c’est l’Algérie qui arme, c’est l’Algérie qui soutient et qui apporte son soutien diplomatique au Polisario”. De ce fait, “le Maroc demande et a toujours demandé que l’Algérie puisse participer au processus politique, que l’Algérie puisse assumer une responsabilité pleine dans la recherche de la solution et que l’Algérie puisse jouer un rôle à la hauteur de sa responsabilité dans la genèse et l’évolution de ce différend régional”.

Alerte claire et preuves tangibles

“Le message clair que le Maroc a transmis aujourd’hui à la fois à la présidence du Conseil et au SG des NU, c’est un message d’alerte”, a déclaré Nasser Bourita à la presse soulignant la gravité de la situation. “On est dans un changement du statut juridique et historique de la zone à l’est du dispositif de défense”, a-t-il prévenu.  

Preuves à l’appui, le Maroc en a présenté au SG des NU. Le chef de la diplomatie marocaine a précisé que “des faits et des preuves concernant ces agissements inadmissibles” ont été transmis au SG des Nations unies. Et d’affirmer que le Représentant spécial du SG, Colin Stewart, chef de la Minurso, “n’a pas encore été reçu par le Polisario, parce que le Polisario lui a imposé une condition: qu’il soit reçu à Tifariti ou à Bir Lahlou et non pas à Tindouf, en Algérie, comme cela a été le cas depuis la création de la Minurso”. “Un précédent dangereux”, s’est-il indigné, ajoutant que “le Polisario entretient un chantage avec la Minurso et avec le Représentant spécial du SG en voulant imposer un lieu de rencontre, qui est à l’intérieur de cette zone, ce qui n’a jamais été fait auparavant”.

Le deuxième fait que la partie marocaine a partagé avec le SG concerne “une lettre du Polisario au commandant de la force militaire, le 24 mars, dans laquelle le Polisario informe la Minurso de son intention d’installer des postes militaires fixes dans cette zone à l’est du dispositif de défense”.

Le troisième fait présenté par le Maroc est lié aux déclarations publiques du Polisario sur “le déploiement de quelques structures du Polisario de Tindouf vers cette zone. On a parlé d’un soi-disant ministère de la défense, une soi-disant présidence de la république, un secrétariat national du Polisario qui seraient transférés de Tindouf vers Tifariti ou Bir Lahlou à l’est du dispositif de défense”.

Le Maroc a également partagé avec le SG des photos satellites qui montrent que des constructions sont faites. “Des images du 8 août montrent qu’il y avait des fondations dans cette zone, l’image du 26 mars montre que les constructions sont complétées et des casernes militaires sont déjà là. Beaucoup de constructions ont été faites entre août et maintenant dans cette zone”, a affirmé Nasser Bourita.

Il n’y pas l’ombre d’un doute, pour le Maroc, sur “la volonté du Polisario, encouragé par l’Algérie, pour changer la nature de cette zone”, a-t-il constaté. “Le Maroc, en partageant ces informations, a souligné de la manière la plus claire, qu’il ne saurait tolérer un tel changement”, a-t-il affirmé. Et de préciser que “si la communauté internationale, le Conseil de sécurité et les NU n’assument pas leur responsabilité, le Maroc assumera les siennes pour empêcher un tel changement, et pour empêcher un tel défi à la légalité internationale et aux résolutions des Nations unies, et une telle menace à la paix et la stabilité dans cette région”.