TUNISIE
17/07/2018 15h:49 CET | Actualisé 17/07/2018 15h:50 CET

Sabrine Ghoubantini: "Hafedh Caïd Essebsi pense qu'il héritera du pays comme il a hérité de Nidaa Tounes"

Selon Sabrine Ghoubantini, le plan de Hafedh Caïd Essebsi d'hériter du pays va bon train

C’est le point de rupture. Tout semble se compliquer pour la Tunisie ces derniers jours. Sa crise politique se durcit de plus en plus sur fond de querelles gouvernementales et autres dissensions.

Mais c’est peut-être l’interview controversée du président de la République qui vient ajouter une couche à cette crise, sans précédent. Fortement critiqués par une frange de politiciens, les propos de Béji Caïd Essebsi continuent d’alimenter les débats et susciter la polémique. 

“Toute l’interview a été consacrée à Hafedh Caïd Essebsi” regrette la députée Sabrine Ghoubantini sur les ondes de Shems Fm. Selon elle, il y a beaucoup plus de problèmes à régler que d’accorder “une interview dans le seul but de parler des soucis de son fils”.  

L’ancienne membre de Nidaa Tounes qui semble mal digérer le discours prononcé par le président a estimé que l’interview a été façonnée pour satisfaire les intérêts du directeur exécutif de Nidaa Tounes. “Même les questions étaient orientées” dit-elle. Selon elle, Béji Caïd Essebsi a dévié de sa neutralité.

Durant l’interview, le chef de l’État a adressé des messages et des avertissements à tous les acteurs de la scène politique sans pour autant évoquer son fils, Hafedh Caïd Essebsi, alors qu’une majorité “de problèmes sont directement liés à ce dernier” martèle Ghoubantini.   

“Nous vivons un tiraillement politique depuis des mois et ce pour la simple raison que Hafedh Caïd Essebsi veut le départ du gouvernement” poursuit-elle. 

Pour Ghoubantini, l’objectif de Hafedh Caïd Essebsi serait d’hériter du parti puis du pays. “Son plan va bon train. Il a hérité Nidaa Tounes et il est en cours d’hériter du pays aussi” a-t-elle lancé.

La députée a souligné, d’autre part, le fait que le fils du président est en train de provoquer des crises politiques. “La bataille actuelle c’est la bataille de 2019” ajoute-t-elle. Elle a expliqué que le vrai point de fixation n’est pas le changement de l’équipe gouvernementale mais plutôt la course à l’élection présidentielle de 2019. “Aujourd’hui, Rached Ghannouchi veut devenir président de la République, idem pour Hafedh Caïd Essebsi et peut-être même son père” a-t-elle déclaré.

Dans ce contexte assez fragile, Sabrine Ghoubantini a jugé qu’il est plus judicieux de maintenir le gouvernement actuel en précisant que les Tunisiens ont marre des changements récurrents de gouvernement et cherchent de vrais solutions à leurs problèmes au quotidien. “Je ne suis pas pour le retrait de confiance, et ce pour des raisons objectives” note-elle, surtout que l’année 2019 s’approche.

“C’était prévisible” dit-elle en abordant l’échec de la réunion, tenue lundi, à laquelle le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a convié les principales composantes de la scène politique.

Dimanche, le président de la République Béji Caid Essebsi a accordé une interview à la chaine privée Nessma. Au cours de celle-ci, il a tancé le chef du gouvernement indiquant que la situation actuelle ne pouvait plus tenir.

Lundi, il a réuni les principaux acteurs politiques du pays au cours d’une réunion à Carthage. Si au départ, celle-ci était destinée à trouver une solution à la crise, c’est le statut-quo qui l’a emporté.

La question de l’avenir de Youssef Chahed à la tête du gouvernement se pose depuis plusieurs mois.

Réunis à Carthage le 25 mai dernier,  les signataires de l’Accord de Carthage 2 devaient trouver une solution. Celle-ci ne viendra pas faute d’accord sur l’avenir de Youssef Chahed à la tête du gouvernement. En conséquence Béji Caid Essebsi avait alors suspendu cet accord jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

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