ALGÉRIE
15/08/2019 12h:24 CET

Russie: un Airbus atterrit d'urgence dans un champ de maïs, les pilotes salués en "héros"

Les Russes saluaient en “héros” les pilotes d’un Airbus A321, qui a effectué jeudi un atterrissage d’urgence spectaculaire dans un champ de maïs avec 233 personnes à son bord, après avoir percuté une volée d’oiseaux.

En début de matinée, l’appareil de la compagnie aérienne russe Ural Airlines a décollé de l’aéroport de Joukovski, dans la banlieue de Moscou, à destination de Simféropol, capitale de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée en 2014 par la Russie.

Mais au décollage, l’avion à bord duquel se trouvaient 226 passagers et 7 membres d’équipage “a percuté une volée de mouettes”, dont plusieurs se sont retrouvées dans les moteurs de l’Airbus en provoquant “d’importantes perturbations dans leur fonctionnement”, selon l’Agence fédérale d’aviation Rosaviatsia.

L’équipage de l’avion a alors décidé d’atterrir d’urgence “dans un champ de maïs (...) situé à plus d’un kilomètre de la piste de décollage, sans train d’atterrissage”, a expliqué l’agence, en soulignant qu’“aucun incendie ne s’est déclaré à bord”.

L’incident a fait 23 blessés dont 9 enfants, selon le ministère russe de la Santé. Vingt-deux d’entre eux ont reçu une assistance médicale avant d’être renvoyés chez eux, tandis qu’une femme de 69 ans a été hospitalisée, a précisé le ministère dans un communiqué.

- “Savoir-faire fantastique” -

“Félicitons les pilotes, des héros qui ont sauvé des vies et qui ont fait atterrir l’avion”, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

“Grâce au professionnalisme de l’équipage et à ses actes coordonnés, l’atterrissage n’a pas abouti à des conséquences tragiques”, s’est de son côté félicitée la compagnie aérienne Ural Airlines, basée à Ekaterinbourg dans l’Oural.

“L’équipage de la compagnie de l’Oural a fait preuve d’un savoir-faire fantastique et d’une maîtrise de soi”, s’est enthousiasmé sur Instagram le gouverneur de la région, Evgueni Kouïvachev. Le commandant de bord Damir Ioussoupov, originaire d’Ekaterinbourg, et son équipe “ont sauvé 233 vies. Ce sont des héros”, a-t-il souligné.

Les pilotes ont été remerciés dans de nombreux messages sur les réseaux sociaux, envoyés par les passagers de l’avion.

“Je suis reconnaissant aux pilotes autant qu’à Dieu, parce que nous avons atterri et parce que nous ne nous sommes pas écrasés”, a écrit l’un d’entre eux sur Twitter.

“Tout le monde est vivant! Le pilote est un génie!”, a déclaré au quotidien populaire Komsomolskaïa pravda une autre passagère, Olga, en affirmant que l’atterrissage d’urgence réussi avait été salué par des “applaudissements”.

L’équipage a “aidé à évacuer, se souciait entièrement de nos vies. Il me semble que grâce à cela, tout a bien fini pour nous”, a raconté à Ria Novosti Ekaterina Svetchnikova, une autre passagère de l’A321.

- Les décharges en cause? -

Une enquête a été ouverte après cet incident et une commission spéciale du Comité intergouvernemental d’aviation (MAK), chargé d’enquêter sur les accidents aériens en Russie, a été créée pour en étudier les circonstances.

Certains experts ont pointé du doigt le problème des ordures à Moscou, où se sont multipliées ces dernières années les décharges illégales, parfois situées à côté des aéroports et qui attirent toutes sortes d’oiseaux.

“Le problème avec les oiseaux est énorme”, relève ainsi l’expert en sécurité aérienne Alexandre Romanov auprès de Ria Novosti. “Il est lié notamment aux décharges ouvertes en violation de toutes les règles.”

Selon les riverains, il existe une décharge illégale située entre l’aéroport de Joukovski et la rivière Moskova et des mouettes s’y réunissent en permanence. Une enquête sur cette décharge a également été ouverte, selon l’agence publique TASS.

La gestion des déchets est un problème criant en Russie, où plus de 90% des 70 millions de tonnes annuelles d’ordures ménagères finissent dans les décharges, notamment à Moscou où tous les sites sont saturés jusqu’à en devenir dangereux pour les populations avoisinantes.

Malgré de nombreuses manifestations de mécontentement et une réforme entrée en vigueur le 1er janvier, les autorités traînent à prendre le problème au sérieux.