ALGÉRIE
06/12/2015 01h:04 CET | Actualisé 06/12/2015 01h:09 CET

Moscou accuse Washington de couvrir les "contrebandiers du pétrole du Daech"

L'armée russe a accusé samedi les Etats-Unis de "couvrir" le trafic de pétrole vers la Turquie depuis les zones contrôlées par l'organisation Etat islamique en Syrie, après que Washington eut jugé "insignifiantes" les quantités concernées. "Les USA se rangent du côté des contrebandiers du pétrole du Daech" a résumé le site d’information russe Sputnik.

"Quand des responsables américains déclarent ne pas voir comment le pétrole des terroristes est transporté en Turquie en contrebande, ce n'est même pas de la sournoiserie, cela sent la volonté de couvrir ces actes", a écrit le ministère de la Défense sur sa page Facebook.

"Ces derniers temps, les déclarations du Pentagone et du département d'Etat s'apparentent à un théâtre de l'absurde", a-t-il ajouté, conseillant à Washington de "consulter les vidéos prises par ses drones qui sont d'ailleurs ces derniers temps trois fois plus nombreux qu'avant à la frontière turco-syrienne et au-dessus des zones pétrolières".

Depuis la destruction d'un bombardier russe le 24 novembre par l'aviation turque à la frontière syrienne, la Russie accuse la Turquie de tirer profit de la contrebande d'or noir en provenance des jihadistes. Photos satellites et vidéos à l'appui, l'armée russe a présenté mercredi ce qu'elle considère comme des preuves de ce trafic et mis en cause personnellement le président Recep Tayyip Erdogan et sa famille.

Certes de petites quantités de pétrole passent la frontière turco-syrienne dans des camions-citernes, ont reconnu des responsables américains vendredi, mais pas dans des proportions qui peuvent intéresser aux plus hauts niveaux de l'Etat.

"La quantité de pétrole introduite en contrebande est extrêmement faible, a décru avec le temps et est insignifiante en terme de volume, à la fois en volume de pétrole et en volume de revenus", a indiqué vendredi Amos Hochstein, coordinateur sur les questions d'énergie à l'international au sein du département d'Etat américain.

Des responsables américains ont expliqué que la campagne de bombardements aériens a considérablement endommagé les infrastructures pétrolières des jihadistes qui contrôlent de larges pans de territoires en Syrie et en Irak.

"Les satellites américains voient tout mais ne connaissent rien !"

Le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov a indiqué par ailleurs, selon Sputnik, que la partie russe savait que les drones et les avions américains utilisaient souvent la base aérienne d'Incirlik en Turquie.

Ces drones sont des "machines complexes de renseignement d'image qui laisse apparaitre non seulement un camion-citerne mais le numéro du fusil d'assaut du conducteur sur le siège passager au volant du camion transportant le pétrole traversant la frontière turque. "

"Il existe aussi des satellites de reconnaissance qui, comme l'avaient à plusieurs reprises déclaré nos collègues (américains), voient tout mais une fois de plus ne connaissent rien", a-t-il ironisé.

Il s'est dit "surpris" par des déclarations du Pentagone indiquant qu'il ne cherchait pas à détruire toute l'infrastructure pétrolière syrienne et irakienne, même sur le territoire contrôlé par l'Etat islamique (Daech), mais seulement les installations les plus profitables.

"Comment faut-il comprendre la déclaration du chef du Pentagone Ashton Carter à savoir que l'aviation américaine ne détruisait ces derniers mois que les infrastructures pétrolières profitables des terroristes? Il s'avèrerait alors, que durant une année et demie les Américains ne détruisaient que des installations pétrolières déficitaires des terroristes", a fait remarquer M. Konachenkov.

Le porte-parole russe s'est fait accusateur: "Maintenant nous savons d'où les terroristes tirent leurs énormes sommes d'argent pour acheter des munitions, enrôler de nouveaux partisans et organiser des attentats sanglants et pourquoi le territoire sous contrôle de Daech a accru de plusieurs centaines de fois".

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