ALGÉRIE
03/11/2018 12h:21 CET

RSF dénonce "l’atteinte à la dignité" et la "violation des droits" des journalistes

BFMTV

Le traitement médiatique de l’arrestation et l’incarcération des trois journalistes Abdou Semmar, Merouane Boudiab et Adlène Mellah a été ouvertement critiqué par l’organisation internationale des journalistes Reporters Sans Frontières (RSF).

Dans un communiqué publié ce 03 novembre, RSF dénonce “l’atteinte à la dignité et la violation du droit à la présomption d’innocence de trois journalistes” détenus depuis la fin octobre.

RSF désigne, dans ce même texte, nommément la chaîne de télévision privée Ennahar, dont le patron est l’un des plaignants contre les trois journalistes, comme auteure d’un matraquage médiatique susceptible d’influencer le cours du procès. “Le traitement médiatique de cette affaire par Ennahar TV est contraire à l’article 56 de la constitution et aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Ces pratiques condamnent de fait Abdou Semmar, Merouane Boudiaf et Adlène Mellah. Elles peuvent impacter de manière dangereuse le déroulement du procès. Les autorités ont la responsabilité de leur garantir un procès équitable.”

RSF précise dans ce même sillage que “la télévision susdite “n’a de cesse de diffuser des images les montrant menottés au tribunal ou encore en train d’être transférés en prison. Des éléments de l’enquête préliminaire, censés rester confidentiels jusqu’à leur présentation au parquet, ont aussi été sciemment diffusés par ce média”.

RSF rappelle qu’elle a appelé le chef de l’Etat la veille du 1e novembre pour intervenir et libérer ces journalistes incarcérés depuis le 22 et 23 octobre dernier. Poursuivis pour diffamation, outrage aux institutions et atteinte à la vie privée puis placés sous mandat de dépôt, le 25 octobre, les journalistes attendent l’ouverture de leur procès, prévue pour le 8 novembre prochain.

A noter que le syndicat national des éditeurs professionnels de la presse électronique (SAEPE) a appelé de son côté au lendemain de l’incarcération des trois confrères à leur libération en attendant la tenue d’un procès juste et équitable.