10/07/2019 16h:59 CET | Actualisé 10/07/2019 16h:59 CET

Royal Air Maroc bientôt lancée dans la bataille du ciel africain?

La compagnie nationale veut se tailler la part du lion sur le continent.

Steve Parsons - PA Images via Getty Images

TRANSPORT - Le marché aérien africain focalise les attentions de grandes entreprises du monde entier, à l’affût de la moindre opportunité pour se tailler une part d’un gâteau de plus en plus alléchant. Dans cette bataille pour la domination du marché aérien africain, Royal Air Maroc (RAM), l’une des deux plus grandes compagnies aériennes du continent, essaye de tirer son épingle du jeu.

Le numéro deux du ciel africain

Royal Air Maroc est l’un des rares poids lourds africains du secteur aérien avec Ethiopian Airlines. Après sa création en 1957, RAM a peu à peu étendu ses destinations, couvrant d’abord le territoire national, puis les autres pays du Maghreb et d’Afrique avant de conquérir des destinations mondiales.

Ainsi, d’une flotte composée de seulement huit avions en 1967, RAM possède désormais, 62 ans plus tard, une soixantaine d’appareils desservant actuellement plus de 32 destinations rien que sur le continent africain. Un développement qui pourrait bien s’accélérer dans les années à venir. 

À peine sortie d’une crise financière qui lui a valu une restructuration en 2011, la société s’envole déjà vers de nouveaux horizons. Objectif affiché: concurrencer les grosses compagnies présentes dans le ciel africain et devenir l’un des principaux hubs mondiaux de transit à l’image de Paris, Lisbonne ou Francfort.

Une stratégie d’expansion ambitieuse dans un contexte de libéralisation progressive

La nouvelle stratégie de Royal Air Maroc s’inscrit dans un contexte d’ouverture progressive du ciel africain. La création annoncée d’un marché unique du transport aérien africain (MUTAA) d’ici les prochaines années offre de nouvelles perspectives pour les entreprises du secteur.

Si pour beaucoup d’observateurs, la bataille pour le ciel africain se jouera d’abord entre grandes compagnies étrangères au continent, il faut noter que la compagnie nationale marocaine a également de sérieux atouts à jouer dans cette partie.

En effet, elle est, avec Ethiopian Airlines, l’une des seules compagnies africaines disposant à l’heure actuelle des capacités nécessaires pour relever le défi de l’interconnectivité future des cieux africains, c’est-à-dire de multiplier les lignes entre les grandes villes africaines. D’ailleurs, le nouveau programme d’expansion du groupe semble s’orienter vers un accroissement de sa capacité pour faire face à la concurrence, avec un doublement de la flotte à l’horizon 2020. 

À ceci devrait s’ajouter une augmentation du nombre de ses destinations, avec pour objectif de passer d’une dimension de compagnie régionale qui relie l’Europe à l’Afrique de l’Ouest au rang de transporteur global qui couvrira, depuis son hub de Casablanca, le plus de destinations long-courriers. 

Rapprocher les diasporas africaines de leurs pays d’origine

RAM veut ainsi décupler ses connexions en visant des marchés qui sont encore peu couverts, tout en misant sur un rapprochement des diasporas africaines de leurs pays d’origine afin de relier davantage le Maroc et l’Afrique au Moyen-Orient, à l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud, l’Europe du Nord et l’Europe de l’Est.

Pour ce faire, l’entreprise pourra s’appuyer sur de nouvelles possibilités de partenariat avec de nombreux poids lourds de l’industrie aérienne mondiale: en 2020, l’entreprise rejoindra l’Alliance Oneworld qui regroupe 13 des plus grandes compagnies du monde et au sein de laquelle RAM occupe la position de seule compagnie africaine.

“L’adhésion à l’Alliance Oneworld s’inscrit parfaitement dans notre stratégie de développement pour faire de Royal Air Maroc un grand leader de l’aérien en Afrique”, a déclaré M. Abdelhamid Addou, PDG de RAM dans une interview récente au magazine Economie Entreprises. Cette adhésion, poursuit-il, “fera la promotion des destinations marocaines et africaines auprès de 528 millions de passagers et plus spécialement auprès des 200 millions d’adhérents aux programmes de fidélité de Oneworld, avides de nouvelles destinations à explorer”.

Des objectifs que l’entreprise publique marocaine souhaite réaliser sans s’endetter déraisonnablement. Elle compte donc sur le soutien de l’État, actionnaire majoritaire du groupe, pour l’aider à mettre ses moyens à hauteur de ses ambitions. Ce dernier a d’ailleurs annoncé la finalisation prochaine d’un contrat-programme avec RAM avant la fin de l’année, qui devrait doter la compagnie de nouveaux moyens financiers pour son développement. Une annonce qui semble de bon augure pour la réalisation des ambitions futures de ce fleuron de l’aérien africain.