ALGÉRIE
07/01/2019 11h:28 CET

"Roma" et Alfonso Cuaron sacrés aux Golden Globes

Kevork Djansezian/NBC via Getty Images

Favoris de la 76e édition des Golden Globes, “Roma” et son réalisateur, le Mexicain Alfonso Cuaron, ont tous deux été récompensés, une première étape vers un potentiel Oscar fin février.

La soirée rassemblant le gratin d’Hollywood a également donné l’occasion à l’industrie du film de promouvoir ses progrès vers une meilleure intégration des minorités.

 

Tourné en espagnol, et ne pouvant à ce titre pas concourir dans la catégorie phare du “film dramatique”, “Roma” a obtenu le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.

“Le cinéma, dans ce qu’il a de meilleur, bâtit des ponts entre les différentes cultures. Et tandis que nous franchissons ces ponts, nous devons prendre conscience que ces nouveaux visages ont beau paraître curieux, ils ne nous sont pas étrangers”, a lancé Alfonso Cuaron.

Chouchou de la critique, Alfonso Cuaron, oscarisé pour “Gravity” en 2014, a aussi été sacré “meilleur réalisateur”, face à des concurrents de poids comme Spike Lee (“BlacKkKlansman”) ou Bradley Cooper pour “A Star Is Born”, l’autre grand favori de la soirée.

Le cinéaste de 57 ans signe avec “Roma” un film très personnel, presque autobiographique, inspiré par son enfance à Mexico et une domestique employée par sa famille. Et il a d’ailleurs remercié la plateforme Netflix, qui l’a produit, pour “avoir propulsé ce film des plus improbables sur le devant de la scène”. Un film Netflix pourrait-il être primé aux Oscars ?

Pronostics délicats


Les pronostics aux Golden Globes sont délicats car contrairement aux Oscars ou à d’autres compétitions, ce ne sont pas les professionnels du cinéma qui votent mais la petite centaine de membres de l’Association de la presse étrangère de Hollywood (HFPA).

D’autant que les Golden Globes dédoublent les principales catégories (meilleur film, meilleur acteur ou actrice) en “drame” et “comédie”.

Sélectionnée dans la catégorie “meilleure actrice dramatique” pour “A Star Is Born”, Lady Gaga a déjà reçu en début de soirée un Golden Globe pour la “meilleure chanson”, son tube “Shallow” interprété avec Bradley Cooper dans le film.

Côté comédie, c’est sans surprise Christian Bale qui a été sacré “meilleur acteur” pour son rôle de vice-président Dick Cheney dans “Vice”, portrait au vitriol du vice-président américain et de son ascension au pouvoir réalisé par Adam McKay.

 

Acteur noirs primés


Deux acteurs noirs américains confirmés ont été récompensés dans la catégorie des “seconds rôles”, Regina King pour “Si Beale Street pouvait parler”, et Mahershala Ali pour “Green Book”. Les deux films ont pour toile de fond le racisme et la discrimination aux Etats-Unis, le premier dans le Harlem des années 1970, le second dans le Sud “profond” en 1962.

Quant à la dernière production Marvel, “Spider-Man: New Generation”, qui met en scène un nouvel homme araignée à la fois noir et latino, elle a remporté le prix du “meilleur film d’animation” face à son principal concurrent, “Les Indestructibles 2”.

Mais les Golden Globes récompensent aussi les oeuvres de télévision, de plus en plus prisées des spectateurs et donc de plus en plus rentables et créatives.

Le vétéran Michael Douglas a ainsi été fait “meilleur acteur” pour son rôle dans la série télévisée “La Méthode Kominsky”.

La série “The Americans” a empoché le prix de la meilleure série télévisée dramatique, tandis que Richard Madden (Robb Stark dans “Games of Thrones) a reçu le Golden Globe du meilleur acteur dans cette catégorie.

La soirée est présentée par le duo de comédiens Andy Samberg et Sandra Oh. Ironie du sort, l’actrice a été récompensée par un Golden Globe pour son rôle d’agent pas si secret dans la série “Killing Eve”.

Elle avait auparavant pris brièvement un ton grave pour évoquer une “période de changement”, en référence aux mouvements #MeToo et Time’s Up, contre le harcèlement sexuel et la discrimination.

L’an dernier, la cérémonie avait été placée sous le signe du noir austère par les célébrités, soucieuses de concentrer l’attention des médias sur ces mouvements.

Les couleurs étaient de retour cette année sur le tapis rouge, mais beaucoup d’invités portaient au poignet un ruban noir ou blanc, avec l’inscription “Time’s Up” (“L’heure a sonné”).

“Je ne me fais pas d’illusion, l’année prochaine pourrait être différente”, a dit Sandra Oh.

Même si “Vice”est arrivé en tête le mois dernier avec six nominations, la plupart des experts de Hollywood pariaient “A Star Is Born” et son duo d’acteurs, Lady Gaga et Bradley Cooper.

Les précédentes versions (1954 et 1976) de ce film datant initialement de 1937 ont reçu plusieurs Golden Globes et les critiques estiment que celle-ci ne dérogera pas à la règle. Ils n’excluent toutefois pas “une grosse surprise” venant de “Black Panther” ou de “BlacKkKlansman”.

Certains experts ont déploré la sélection de films très (trop ?) grand public, comme “Black Panther” (1,35 milliard de dollars de recettes en 2018) ou “Crazy Rich Asians”, au détriment d’autres jugés supérieurs en qualité, par les critiques internationales notamment.