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23/03/2019 13h:08 CET | Actualisé 23/03/2019 13h:08 CET

Révolutionnaires, souriants mais non moins humains !

Zohra Bensemra / Reuters

Descendre en ville depuis Hydra -  où une amie de toujours vous loge. Prendre la saucée sans ciller alors qu’il fût un temps où on n’allait pas à l’école (du Paradou) à cause de la pluie. Communier avec des Algéroises et des Algérois de tous âges. Commenter quelques pancartes. Pester contre le réseau qui vous lâche. Sourire à des jeunes filles mais aussi parfois des jeunes hommes. Se poser à différents endroits stratégiques pour observer les manifestants, leur joie, leur euphorie parfois et leurs visages résolus et plein d’espoir.

Tout cela restera à jamais comme l’un des plus beaux moments de ma vie.

Mais je me dois de soulever ici une question cruciale.

Où donc tous ces manifestants vont-ils pour soulager des besoins on ne peut plus naturels ? Surtout lorsqu’on vous offre à chaque coin de rue des bouteilles d’eau et qu’on ne cesse de répéter combien il est vital de s’hydrater pour éviter les malaises, au milieu d’une foule bien dense et bien compacte.

Vendredi dernier, c’est une pizzeria miraculeusement ouverte qui a sauvé ma vie et celle de ma vessie dont on moque déjà la taille, vous pouvez y aller.

Hier, ce fut le siège du FFS qui a été un arrêt propice (le jeu de mot est voulu, merci). En entrant dans les locaux, j’ai eu envie de chanter à tue-tête “FFS you3ar matchi la tchitchi” mais je n’ai pas voulu rappeler à un parti qu’on dit mal en point un glorieux passé. Puis sur le chemin du retour, c’est une femme au pied de son immeuble qui m’a gentiment et généreusement ouvert les portes de son appartement. Qu’elle en soit ici publiquement remerciée. Elle a ma reconnaissance éternelle.

Je me demande néanmoins comment font mes compatriotes qui manifestent depuis cinq semaines déjà, à travers tout le pays. Quelles stratégies emploient-ils ? Est-ce qu’ils s’affament et s’empêchent de boire ? Est-ce le bruit assourdissant des vuvuzelas (qui couvrent malheureusement nos slogans) qui permet de penser à autre chose ?

Cela peut sembler totalement anecdotique mais nous savons tous au fond de notre cœur (et de notre corps) que cela ne l’est pas. J’espère donc que l’Algérie nouvelle que nous construirons, se dotera à chaque coin de rue de toilettes publiques propres, accueillantes et gratuites.  Il en va, je le dis sans rougir, de notre salut.