TUNISIE
02/07/2018 17h:05 CET

Retour sur Jaou, un week-end d'art contemporain

Jaou tournait cette année autour des 4 éléments -air, terre, feu et eau-, et à chacun était consacré un pavillon dans un cadre atypique.

Du 27 juin au 1er juillet s’est déroulé Jaou, rendez-vous incontournable d’art contemporain de Tunis.

Jaou tournait cette année autour des 4 éléments -air, terre, feu et eau-, et à chacun était consacré un pavillon dans un cadre atypique.

Le pavillon Mé, eau.

Jaou a débuté avec l’inauguration du pavillon eau à l’église de l’Aouina, intitulé “water pressure”. Déserté, devenu un club de boxe tenu par la garde nationale, l’ancien édifice religieux inauguré en 1932 a été transformé en salle d’exposition le temps d’une soirée.

Julie Boulet
Alex Hayet, Kercha, sculpture en savon à l'huile d'olive.

Parmi les oeuvres sélectionnées par la curatrice du pavillon, Myriam Ben Salah, on retrouve dans les douches une sculpture en savon signée Alex Ayed, des photographies des membres du club de boxe prises par la Libanaise Ayla Hibri, mais aussi des poissons volants de Philippe Parreno, transformant l’église en immense aquarium, et rencontrant un immense succès parmi les visiteurs, petits comme grands.

Julie Boulet
Philippe Pareno, My Room is Another Fishbowl

L’exposition était accompagnée par la performance de la danseuse et chorégraphe américaine Ligia Lewis, interprétant un texte d’Edmond Burke, politicien du XVIIIe siècle.

Julie Boulet
Myriam Ben Salah et Ligia Lewis

Le pavillon Naar, feu.

Avec pour commissaire Amel Ben Attia, le pavillon feu, prenant place dans l’imprimerie El Matbaa, emmenait les visiteurs autour des oeuvres dans une ambiance étouffante et emplie de fumée.

Julie Boulet
Mehdi-Georges Lahlou, Equilibre à l'Encensoir

Des oeuvres d’art pour la plupart au message féministe, centrées autour d’une performance d’Ashman Tlig et de Haythem Achour ‘Ogra’, dépictant l’agonie de Habiba Msika, chanteuse, danseuse et comédienne tunisienne, morte en 1930 de manière tragique, brûlée vive par son ancien amant.

Julie Boulet
Lina Lazaar, fondatrice de Jaou, discute avec Ymane Fakhir de ses oeuvres.

Parmi les thèmes abordés, l’on retrouve aussi des sujets d’actualités tels la parité dans l’héritage, proposée par Ymane Fakhir avec “the lion’s share”, la part du lion. Le travail des femmes était aussi présenté, avec une oeuvre en carreaux de céramique fabriquée dans une coopérative de femmes.

Julie Boulet
Détail de Robe Idole de Sejnane, Sonia Kallel

Le pavillon Trab, terre.

Khadija Hamdi-Soussi, curatrice du pavillon terre, a pour sa part choisi comme lieu d’exposition la zaouïa de Sidi Boukhrissane, au coeur du souk de Bab Menara. Comme thème, cette historienne de l’art s’est focalisée sur le musée imaginaire, pointant du doigt le passage direct de l’antiquité à l’art contemporain en Tunisie et expliquant ses choix autour d’une discussion.

Julie Boulet
Khadija Hamdi-Soussi en pleine discussion avec le public

Le style néo-mauresque du bâtiment ouvert se mêlait aux oeuvres modernes, allant de colonnes en briques aux hippopotames de Carthage de l’artiste égyptien Moataz Nasr, en passant par des illustrations d’Orants. 

Julie Boulet
Yazid Oulab, Les Orants habités par leur espace

L’archéologie antique était aussi très présente, au travers de sculptures, d’installations, de documents d’archive, de collages mais aussi avec la présentation d’un antique vase thaïlandais, datant de plus de 3000 ans.

Julie Boulet
Ali Cherri, Hybride F

Le pavillon Hwé, air.

Aziza Harmel, commissaire du pavillon air, a choisi pour décrire sa sélection une citation de Walid Sadek: “De leur vivant, les mortels oeuvrent aux ruines”. La jeune femme relie l’air à la question de la visibilité des artistes, et s’intéresse à la réorganisation de Dar Bacchouche, construite au XVIIe siècle.

Julie Boulet
Fakhri El Ghezal, El-Maamel Act1

Les oeuvres exposées, accompagnées de la vidéo ”two meetings and a funeral″ du Bangladais Naeem Mohaiemen envisagent les traditions comme une construction de l’homme.

Julie Boulet
Patricia Esquivias, 111-119, Generalismo/Castella

Le thème du présent, résultat du passé, est aussi illustré par l’artiste grecque Fotini Gouseti, qui s’intéresse au village de Kalavryta, qui comme le reste de la Grèce doit faire à la crise économique, après avoir fortement été touché par la seconde guerre mondiale. Suite à ce désastre, deux mille cravates en soie avaient été envoyées à une famille du village, que l’artiste a transformé en tapis traditionnel.

Julie Boulet
Fotini Gouseti, Kalavryta

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