MAROC
15/11/2018 12h:00 CET | Actualisé 05/02/2019 14h:22 CET

Retour en images sur l'épopée marocaine de la Maison Art/C, lors de la fashion week "Hub Of Africa"

Quand la mode marocaine explore ses racines africaines.

Mous Lamrabat

MODE -  Il y a de cela quelque semaines, le créateur marocain Artsi Ifrash signait une ouverture théâtrale pour la semaine de la mode “Hub of Africa”, qui se tenait en octobre dernier à Addis-Abeba. Fondateur de la Maison Art/C, le Marrakchi a offert un mélange détonnant de modernité et d’authenticité puisant ses racines au plus profond de la culture marocaine, pour dévoiler des pièces qui tiennent plus de l’oeuvre d’art que du vêtement. En découle une série de clichés saisissants signée Mouss Lamrabet, qui retrace avec style la richesse du patrimoine culturel marocain et africain.

Mous Lamrabat

L’excentricité de ses collections unisexes est devenue la marque de fabrique de ce créateur de génie, qui a su faire souffler un air de modernité sur les habits traditionnels qui ont marqué l’histoire du Maroc. Du chapeau à pompons emblématique du “Gerrab” (porteur d’eau), au selham (cape traditionnelle) en passant par les broderies des tissus berbères du Souss, c’est l’essence de l’artisanat marocain qui se dessine sous nos yeux avec des lueurs profondément africaines.

J’essaie de créer des pièces intemporelles presque éternelles, comme une vieille carte postale que l’on retrouve"

Baptisée “Beautiful Sadness”, sa collection s’inscrit dans le respect des codes et du savoir-faire du royaume, tout en offrant une dimension artistique, à la fois originale, intemporelle et universelle. “Être invité à représenter le Maroc à la Fashion Week ‘Hub of Africa’ en Ethiopie, était un très grand honneur mais aussi une énorme responsabilité. J’ai donc développé une collection spécialement pour l’événement, en m’inspirant du patrimoine berbère, de l’artisanat et de ce qui fait la culture marocaine dans son intégralité, tout en y apportant un nouveau regard”, nous explique Artsi Ifrach.

Mouss Lamrabet

“Il est certain que le Maroc et l’Afrique sont indissociables. Il était donc important pour moi de montrer notre culture, mais d’une autre façon. Habituellement, quand on montre le patrimoine vestimentaire marocain, on présente le Caftan, or notre culture est extrêmement riche. J’ai donc voulu aller plus loin, et montrer quelque chose de nouveau qui pourrait nous survivre dans le futur”, déclare l’artiste et designer, soulignant l’approche éco-responsable de sa marque.

Bien que je ne sois pas né ici, mes parents sont Marocains, je vis ici depuis plus de 10 ans et mon cœur est 100% marocain.

“Cette collection a été entièrement réalisée à la main par des artisans marocains à Marrakech. Tout est fait à base de tissus recyclés auxquels nous donnons une seconde vie, ajoutant que “la mode étant la deuxième industrie la plus polluante au monde, il est important de trouver des façons pour continuer à créer de belles choses sans polluer la planète”.

“C’est très important pour moi en tant que designer mais aussi en tant que représentant du Maroc. Il est de ma responsabilité de présenter une collection propre et respectueuse de l’environnement”, affirme l’ancien danseur de ballet qui a opté pour la couture comme expression ultime de son art.

“Quand j’étais en Ethiopie avec Mouss, nous avons réalisé à quel point l’Afrique était belle, mais aussi à quel point elle était triste parce qu’il y a tellement de gens qui ont besoin de voir leur terre plus développée. C’est pourquoi ce voyage m’a inspiré le nom de la collection ‘Beautiful Sadness’ (belle tristesse), en espérant que bientôt, il n’y ait plus que le mot ‘beautiful’”.

En attendant, le succès médiatique de la collection a été immédiat. “Une semaine après le défilé, nous étions sur Vogue Italy”, se félicite le créateur, confiant que cette reconnaissance de son travail l’a rendu “très heureux”.