18/09/2018 18h:35 CET | Actualisé 18/09/2018 18h:35 CET

Retard de l’avion de la RAM Berlin-Casablanca: un passager raconte “le voyage de l’enfer”

Et dénonce le manque de respect et le mépris dont font les frais les passagers de la RAM.

Etienne DE MALGLAIVE via Getty Images

TRANSPORT AÉRIEN - Quelques jours après le démenti de la RAM précisant que le retard de près de 19h accusé par son vol AT-817, assurant la liaison Berlin-Casablanca, n’était pas dû à la fuite de son équipage en Allemagne, un passager de cet avion, Mehdi Taibi, livre au HuffPost Maroc un témoignage de ce qu’il a vécu. “Le retard pour une raison technique n’est pas un problème en soi, c’est le comportement et la communication de la RAM avec ses passagers qui le sont”.

Désireux d’apporter, dit-il, “un complément d’information au communiqué de la compagnie”, ce jeune membre de la jeunesse de la Fédération démocratique
de gauche (FDG), décrit “un calvaire inimaginable” ayant légitimé, pour lui, le lancement d’une procédure de réclamation après de la RAM.

Que s’est-il passé au juste? De retour d’une mission à Berlin, en compagnie de quatre de ses confrères de la jeunesse de la FDG, Mehdi Taibi raconte que le
vendredi 14 septembre à l’aéroport de Berlin, alors que les passagers attendaient d’embarquer sur l’avion vers 17h40, un retard est annoncé. “C’est
compréhensible et personne n’a contesté la nécessité de réparer une panne. C’est une question de sécurité avant tout”, indique-t-il. Mais au fur et à mesure que le retard se prolonge, les passagers commencent à s’interroger. “De la salle d’attente où on se trouvait, on pouvait observer ce qui se passait sur le tarmac. Nous avons vu une équipe technique qui s’attelait à la tâche de la réparation de notre avion mais à 20h, elle a quitté l’appareil. C’est à ce moment-là que les passagers ont commencé à se poser des questions”, raconte Mehdi Taibi.

Partira, partira pas? Selon ce passager, aucune information sur l’avion ne leur
a été donnée par la RAM. “En l’absence de communication, chacun cherchant des informations par différents biais, nous avons entendu dire parmi les passagers que les techniciens avaient confirmé à l’aéroport et au commandant de bord que l’avion ne pouvait pas décoller ce soir-là. Mais personne ne nous a informé officiellement de quoi que ce soit”, s’indigne ce jeune militant. Quand cet avion pouvait-il décoller? Combien de temps cela devait-il prendre? Allait-il être annulé? Les passagers ont cherché à tout prix des réponses, car l’aéroport de Berlin fermait ses portes le soir. “Quelques minutes avant la fermeture, à 23h passées, l’aéroport annonce en allemand et en anglais que le vol AT-817 est annulé. Les passagers sont alors conviés à se diriger vers un hôtel pris en charge par la RAM. Mais, c’était à nous de nous débrouiller pour le transport, car l’hôtel se trouve à 15km de l’aéroport”, précise ce passager.

Entraide oblige! Les passagers se cotisent entre eux pour payer les taxis, mais aussi la somme de garantie (50 euros) exigée par l’hôtel sur place. “Nous étions à l’hôtel vers 1h du matin. Nous avons demandé à l’hôtel de joindre la RAM pour le paiement de la somme de garantie mais personne ne leur a répondu. Même le dîner n’était pas pris en charge! Nous devions encore nous débrouiller. On ne savait plus quand ce calvaire allait se terminer”, fustige-t-il.

Le lendemain, samedi, les passagers devaient se présenter à l’aéroport entre 6h
et 7h du matin. Une fois sur place, le vol est bien affiché: programmé à 10h15.
“Au guichet, on nous a donc donné de nouveaux tickets mais avec des dates de la veille. Qu’importe, ce que nous voulions, c’était de prendre enfin notre
avion”, reconnait-il. Sauf que cet avion a encore tardé. “Sur le tableau
d’affichage, 10h15 est passé à 11h, puis à 14h!”, s’insurge-t-il. Cette fois-
ci, les passagers, précise Mehdi Taibi, “ont eu droit à des tickets déjeuner à
l’aéroport”. Il ne restait plus qu’à embarquer à 14h comme prévu. “Nous
avions hâte d’en finir!”

“Pas d’excuse digne de ce nom”. Selon Mehdi Taibi, le chef de cabine s’est
”contenté d’excuses timides, comme s’il était question d’un retard de 18 min,
alors que celui-ci était de 18h59mn!”. “Plus tard au cours du vol, tous les passagers endormis ont sursauté quand la sonnette de la vente commerciale a retenti. Après la panne et les péripéties que nous avions vécues, certains ont cru qu’il y avait un autre problème!”, ironise-t-il, convaincu que si “une boule de
cristal” lui avait montré ce qui allait se passer la veille, il aurait payé un autre
billet pour éviter ce qu’il appelle “le voyage de l’enfer”.

“Nous n’avons été pris en charge que partiellement, aucun bureau d’accueil de la RAM à Casablanca, pour nous réconforter ou nous rembourser (…) Nous avons choisi la RAM et pas le low-cost et nous avons eu droit à moins du minimum du low-cost”, s’indigne Mehdi Taibi.

Fin du voyage ou presque. Le groupe des cinq jeunes de la FDG exige une
attestation de retard à la RAM. “Nous avons demandé ce papier au nom de tous les passagers à l’aéroport de Casablanca et nous avons eu droit à une réaction
autoritaire de la part d’un responsable sensé assurer les conditions optimales des vols et des passagers”, assure-t-il. Déterminé, le groupe de jeunes reste sur place à attendre près d’une heure pour récupérer ce papier.

Si le voyage a touché à sa fin, c’est le début d’un autre périple qui s’annonce pour les passagers de ce vol. Mehdi et ses compagnons entament ainsi une procédure de réclamation pour dénoncer le manque de respect et le mépris dont font les frais les passagers de la RAM. Et si cette quête n’aboutit pas, d’autres alternatives seront envisagées.

Notre rédaction a sollicité, sans succès, la compagnie aérienne nationale, pour comprendre le manque de communication pointé du doigt par les passagers et s’enquérir de la suite donnée à la procédure initiée à son encontre. Affaire à suivre…