ALGÉRIE
12/12/2015 09h:14 CET | Actualisé 12/12/2015 11h:32 CET

France: aux consulats d'Algérie, des ressortissants algériens sont rackettés, menacés et agressés

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Pour l’association "Algériens des Deux Rives et leurs Amis" (ADRA), rien ne va plus dans les consulats d’Algérie en France. Des Algériens sont contraints de subir de longues files d'attente, de payer 20 euros le ticket pour espérer accéder à l'intérieur de ces enceintes. Ils subissent aussi d’autres avanies comme les intimidations, les séquestrations et la confiscation de documents, s’alarme l’association.

Même les agressions physiques de la part des agents des consulats ne leur sont pas épargnées, a déploré l’association dans un communiqué. L’association qui a déjà fait état en août 2015 de cas de séquestrations, d'agressions verbales et de menaces a appelé les autorités consulaires à dénoncer ces pratiques.

Dans un communiqué reçu par notre rédaction, ADRA affirme avoir recensé 7 témoignages de ressortissantes algériennes, victimes de séquestrations et de confiscations de leurs passeports et leurs téléphones au consulat d'Algérie à Paris, notamment au Consulat Général, de Nanterre et celui de Vitry-sur-Seine.

Certificats médicaux à l'appui, ces victimes faisaient état de "traumatismes psychologiques" et se disent marquées par des "phobies" et des "angoisses", outre des "douleurs" aux bras et aux épaules.

Des tickets à 60 euros

Les dépassements des agents des consulats ne se seraient pas limités à cela. Début décembre, la même association a déploré de nouvelles pratiques de racket de la part du personnel des consulats d'Algérie en France, non seulement à Paris mais également à Marseille.

Les citoyens algériens établis en France devaient, pour accéder à l'intérieur de l'enceinte de Nanterre, payer des tickets numérotés à 20 euros, vendus par des agents.

L'association ADRA affirme, citant des témoignages de visiteurs, que ces derniers étaient amenés à payer le double, voire le triple, à 50 ou 60 euros le ticket à Vitry, pour espérer entrer au consulat se renseigner, formuler une demande ou déposer ses dossiers.

Des pratiques qui n'ont pas manqué de faire réagir les ressortissants sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Tandis que certains, ayant visiblement pu finaliser leurs procédures, se résignaient à cette pratique, d'autres la dénonçaient, appelant à ne pas "soutenir ces terroristes" et ne pas payer quitte à ne pas refaire son passeport biométrique.

Coups de poing

A Marseille, les événements auraient pris des proportions démesurées et pourraient être arbitrées par la justice française. Selon l’association, un ressortissant algérien, accompagné par son épouse et de sa fille, a été agressé jeudi 3 décembre par un agent du consulat d'Algérie.

Il lui a asséné un coup de poing, le blessant au niveau du nez et de l'arcade sourcilière. Suite à une visite médicale, une fracture et un enfoncement des os propres du nez ont été constatés par les médecins dans un rapport, communiqué à l'association ADRA.

Les médecins ont ainsi sollicité les avis de spécialistes, qui ont déclaré une incapacité temporaire de travail (ITT) pendant 11 jours et la nécessité d'une intervention chirurgicale, a rajouté la même source.

Cliché radiographique de profil du nez de la victime

Un non-sens

Après avoir constaté l'impunité de son agresseur en dépit des promesses du consul adjoint de le licencier, la victime a décidé de porter plainte auprès de la police de la préfecture. La même association a notamment souligné l'hésitation et la crainte des autres victimes à porter plainte, craignant des représailles, aux consulats ou durant leur séjour en Algérie.

Face à la colère des ressortissants algériens, victimes de ces pratiques dans les consulats d'Algérie en France, le ministre algérien des Affaires étrangères a tenté de les rassurer, affirmant être "très attentif" à leur situation.

Évoquant, suite à une visite surprise aux consulats d'Algérie situés à Paris, de "nombreux rapports, requêtes et critiques liées aux performances consulaires algériennes, Ramtane Lamamra a qualifié ces pratiques d'"inacceptables", pour "la dignité du pays et de ses citoyens".

Pas de quoi satisfaire l’association dont un responsable a qualifié le geste de Lamamra de "visite de "non-sens". Ce membre de l’association ADRA estime que l’engagement du ministre des Affaires étrangères reste à prouver face à ces "actes irresponsables et pitoyables", qui ne sont pas "nouveaux".

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