ALGÉRIE
16/12/2018 15h:18 CET

Report de la Présidentielle: une transgression de la constitution, selon Mouwatana

Ahmed Sahara pour le HuffPost Algérie

Le mouvement Mouwatana réagit aux appels ”à la continuité” lancés en choeur ces jours-ci par les partis de l’alliance présidentielle, dont le TAJ (Rassemblement de l’Espoir de l’Algérie) de Amar Ghoul.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le mouvement a qualifié la proposition de Abderrazak Mokri, sans le nommer, de reporter les élections, de “transgression programmée de la constitution”. Il a annoncé son intention d’appeler à une “contre-conférence” contre la prolongation à vie du “régime moribond”. 

Le mouvement Mouwatana, dont le communiqué a été signé par son coordinateur, Sofiane Djilali, a estimé que la proposition de prolonger ”à vie le régime moribond”, faite par “les spécialistes de la perfidie et du langage”, est une “trahison contre l’espoir d’un changement que les Algériens appellent de tous leurs voeux”.

“Alors que le pouvoir, dans son incurie, s’est piégé lui-même et devant une échéance que les Algériens espèrent toujours être le point final à un règne aussi désastreux que désespérant, la morale politique aurait voulu qu’un appel à la mobilisation générale soit lancé contre toute forfaiture supplémentaire”, estime le président du parti Jil Jadid. 

Il a regretté dans le même document que “les habituels profiteurs du régime se sont mis, avec zèle, à soutenir l’insoutenable”, avant de dénoncer les “faux opposants” qui “enlèvent le masque et proposent de faire l’apologie de la transgression de la Constitution, de marcher sur le peu de légitimité légale qui reste et de pousser le pays vers un inconnu aventureux”.

Mouwatana estime que le report des élections et, de ce fait, “la prolongation du mandat présidentiel est tout simplement un attentat à la morale, à l’Etat de droit, la démocratie et aux intérêts stratégiques du pays”. Son coordinateur a ainsi qualifié cette proposition de “transgression programmée de la constitution”. 

M. Djilali reproche ainsi à ces “faux opposants” de ne pas avoir laissé “cette caste au pouvoir seule, face à ses méfaits”, en cette “période de crise, engendrée par l’incompétence, l’irresponsabilité et la malhonnêteté du pouvoir”. Il les a ainsi accusé de négocier avec ce pouvoir “dans le dos du peuple”. 

 Mouwatana “appellera à une contre conférence et ce, pour l’application stricto sensu de la Constitution”, poursuit-on, rappelant les propositions avancées pour sortir “de la crise politique” que connait l’Algérie.

Il s’agit notamment de renoncer au 5e mandat, de tenir des élections présidentielles ouvertes avec des garanties politiques “qui permettent l’émergence d’une personnalité qui proposera la refonte des institutions républicaines” et de mettre en place un gouvernement d’union nationale pour préparer la relance socio-économique, entre autres.

Mouwatana a enfin appelé “les citoyens à ne pas baisser les bras et à s’impliquer davantage pour empêcher la régénération de ce régime pour cinquante autres années avec la complicité active de nombreux partis politiques”.