TUNISIE
01/03/2019 17h:58 CET

Repli de l’inflation à 6,8%, au 1er trimestre 2019, selon les perspectives de la BCT

Niveau historique pour le déficit courant

Zoubeir Souissi / Reuters

L’inflation devrait connaitre au cours du premier trimestre un repli, pour terminer au niveau de 6,8% contre 7,5% en décembre 2018, et ce au vu des résultats de l’exercice de prévision du mois de janvier 2019, selon le rapport sur ” Les évolutions économiques et monétaires- Février 2019″, publié par la BCT, vendredi. 

Les projections à moyen terme laissent entrevoir, en perspective, une atténuation graduelle du rythme de l’inflation, tout en demeurant sur un palier relativement élevé. L’inflation devrait revenir de 7,3% en 2018, à 6,8% en 2019 puis à 6,7% en 2020.

   En termes de variations mensuelles, l’Indice des prix à la consommation (IPC) a connu une progression de 0,8% en janvier. Pour le mois de février, on s’attend à ce qu’il stagne, avant d’enregistrer un nouvel accroissement en mars de 0,4%, ce qui donnerait une évolution mensuelle moyenne de 0,4%, sur le premier trimestre de 2019 , contre 0,6% une année auparavant. 

   Egalement, l’inflation sous-jacente “hors produits à prix administrés et alimentaires frais ” montre une orientation baissière, étant attendue à 7,8% en mars 2019, contre 8,8% en décembre 2018. Ainsi, cette inflation sous-jacente, demeurerait à des niveaux préoccupants, en dépit de sa décélération attendue. Il est attendu qu’elle demeure au voisinage de 8%, en moyenne, durant le premier trimestre de 2019.

   Selon la BCT, l’exercice de prévision de l’inflation pour le premier trimestre de l’année en cours se base sur des hypothèses relatives au maintien du même rythme de dépréciation du taux de change du dinar que celui du quatrième trimestre de 2018, à l’ajustement des prix de certains produits énergétiques, à un effet de base favorable important au cours du premier trimestre 2019, à une augmentation des salaires des entreprises publiques et de la fonction publique de 6% (même rythme d’évolution qu’en 2018).

   Par ailleurs, la BCT a pris en compte pour l’élaboration des perspectives de l’inflation au premier trimestre de 2019, la baisse de la TVA de 19% à 7%, l’exonération des droits à la consommation des voitures populaires, l’augmentation de l’offre au niveau des marchés de gros suite à l’élimination de la TVA appliquée sur les produits agricoles et les produits de pêche (ramenée de 19% à 0%), l’impact baissier sur les prix de l’habillement et chaussures lié à la période des soldes d’hiver qui a démarré le 25 janvier 2019 et qui se poursuivrait pendant six semaines, et l’abaissement des taux de la TVA pour l’internet à 7%.

Niveau historique pour le déficit courant

Selon le même rapport de la BCT, le déficit courant a atteint un niveau historique de 1,1 milliard de dinars, soit 1% du PIB, à fin janvier 2019, contre 885 millions de dinars (MD), en janvier dernier. , 

 D’après la BCT, cette détérioration de la balance courante est due à l’aggravation du déficit commercial, qui s’est établi à 1,5 milliard de dinars, en janvier 2019, contre 1,2 milliard de dinars, un an auparavant. 

   “L’élargissement du déficit porte la marque d’une accélération quasi-généralisée des importations aux prix courants, lesquelles ont totalisé 5,3 milliards de dinars, contre des recettes d’exportation de l’ordre de 3,8 milliards de dinars ”, a expliqué l’institut d’émission.

   En revanche, le solde de la balance des services, des revenus des facteurs et des transferts courants, s’est établi à 143 MD durant le premier mois de 2019, ce qui représente une progression par rapport à la même période de l’année précédente. Toutefois, cette progression ” n’a permis de couvrir que très partiellement le solde de la balance commerciale, soit 11,2% contre 40% en 2010”. 

   Au niveau de cette balance des services, le flux mensuel des recettes touristiques (exprimées en euros) s’est maintenu, en janvier 2019, sur une tendance haussière, pour totaliser 74 millions d’euros après 65,3 millions d’euros un an auparavant.

   “Faut-il signaler, à cet égard, que malgré les prémices d’un rétablissement graduel des performances du secteur touristique, ledit flux demeure bien en-deçà des niveaux enregistrés par le passé (notamment, 102,2 millions d’euros en janvier 2015) ”. 

   Quant aux revenus du travail (en espèces), exprimés en euros, ils ont baissé de 8,7% en janvier 2019, pour s’établir à 102,2 millions d’euros après 111,8 millions d’euros au cours du même mois une année auparavant.

Progression de la masse monétaire sur l’ensemble de l’année 2018

La masse monétaire a progressé de 9,8% en moyenne annuelle, sur l’ensemble de l’année 2018, contre +8,8% en 2017, révèle la BCT.

   Cette évolution est principalement, attribuée à la progression des concours à l’économie (+11,2% contre +10,9%) et des créances nettes sur l’Etat (+13,9% contre +16,2% en 2017). En revanche, les créances nettes sur l’Extérieur ont poursuivi leur baisse.

   Toutefois, pour l’institut d’émission, la masse monétaire a connu, sur la période récente, une forte décélération qui s’est accentuée au mois de décembre (+5,6%, en glissement annuel, contre +7,8% au mois de novembre et 12,3% en mars 2018), portant la marque du resserrement de la politique monétaire, d’une part, et de l’effet de la nouvelle mesure macro-prudentielle (ratio crédit/dépôt), d’autre part.

   Cette décélération est due principalement, au ralentissement des concours à l’économie ainsi que des créances nettes sur l’Etat. D’ailleurs, les crédits à l’économie ont terminé l’année 2018, avec une évolution de +8,3% (en G.A) contre +12,9% une année auparavant. 

   Cette évolution porte la marque de la baisse conjointe du rythme de progression des crédits accordés aux particuliers (5,3% contre 10,9% en 2017) et de ceux octroyés aux professionnels (10,2% contre 14,6% en 2017). Notons que l’essentiel de la décélération des crédits aux professionnels a concerné les crédits à moyen et long termes. 

   Les réserves de change s’établissent à 86 jours d’importations, au 25 février 2019

   Les réserves de change se sont maintenues, au 25 février 2019, à un niveau légèrement supérieur à celui enregistré au terme de l’année 2018, soit l’équivalent de 4,7 milliards de dollars ou 86 jours d’importations. 

   Comparativement à son niveau atteint au terme de l’année 2018, le taux de change du dinar, au 25 février 2019, s’est déprécié de 1,2% et de 2% respectivement, vis-à-vis de l’euro et du dollar.

Les besoins des banques en liquidité atténués

Les besoins des banques en liquidité se sont quelque peu atténués en janvier 2019, revenant à 15,837 MD, après avoir atteint 16, 049 MD en décembre 2018. 

   Cette légère détente est imputable notamment, à un effet expansif induit par les dépenses du Trésor. Le financement du besoin de liquidité a été assuré, à hauteur de 81%, à travers les interventions de la BCT sur le marché monétaire. 

   Le reliquat a été comblé via les facilités permanentes de prêt à 24H (3,033 MD après 3,159 MD un mois auparavant). L’intervention de la BCT sur le marché monétaire, qui s’est élevée à 12,827 MD après 12,914 MD en décembre 2018, a pris la forme d’opérations principales de refinancement (OPR) pour 7 milliards de dinars, de swaps de change à des fins de politique monétaire (2,205 MD), d’opérations d’achat ferme de bons du Trésor (1,679 MD) et d’opérations de refinancement à plus long terme (6 mois), lesquelles sont entrées en vigueur pour la première fois le 5 décembre 2018.

   A signaler que ce refinancement à 6 mois est destiné aux banques qui accordent des crédits à moyen et long termes pour le financement de projets d’investissement dans les secteurs productifs (1,943 MD). Il est accordé au taux moyen pondéré (TMP) des opérations principales de refinancement au titre du dernier appel d’offres, majoré de 25 points de base. 

   L’atténuation des pressions sur la liquidité bancaire a favorisé une certaine stabilité des principaux taux d’intérêt du marché monétaire. Le taux moyen pondéré (TMP) des opérations principales de refinancement et le TMM se sont maintenus, en janvier 2019, à 7,05% et 7,24% en moyenne, respectivement. 

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