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19/09/2018 12h:12 CET | Actualisé 19/09/2018 12h:12 CET

Rentrée scolaire et universitaire: À quand une mise à niveau?

Sérieusement, je trouve que l’idée d’instituer une sorte d’année probatoire juste après le bac, pour une mise à niveau et un encadrement général sur divers plans par des professionnels, n’est pas saugrenue!

MARTIN BUREAU via Getty Images

 

L’actualité cette semaine est la rentrée scolaire et universitaire. Une rentrée comme les précédentes, placée sous le signe des réductions de voilures, restrictions budgétaires au niveau des recrutements, imposées par les bailleurs de fonds habituels, suivies à la lettre par nos dirigeants, comme des collégiens disciplinés et appliqués. Les augmentations sensibles des prix des fournitures scolaires, viennent plomber davantage les budgets des ménages, déjà lourdement affectés, et plonger les parents dans la déprime, devenue fort perceptible et finissant par se transmettre aux enfants, les affectant, culpabilisant les plus sensibles et dont les conséquences peuvent devenir fâcheuses, voire destructrices. Le suicide du gamin de Bir Ali Ben Khlifa, qui doit nous interpeller, n’en est qu’une sombre illustration ...

On assiste à l’occasion aux mêmes activités saisonnières et redondantes des gouvernants: visites bien cadrées des établissements scolaires, en général rénovés et proprets. Il ne s’agit surtout pas de s’aventurer et de se hasarder à déambuler dans les écoles pouilleuses et à problèmes pour se risquer d’attraper sur la tête un bout d’enduit ou de brique qui se détache du plafond d’une salle de classe! Ça serait trop bête ...


Les responsables visiteurs, guindés, bombent le torse; les directeurs et administratifs contents et excités, s’empressent de leur serrer la cuillère. On s’époumone et on débite les sempiternelles phrases emphatiques, formules creuses et vaseuses d’usage. On tâte des têtes de marmots, geste ô combien irritant pour celui qui le reçoit. On pose toit sourire pour les photos rituelles et ... trois petits tours et puis s’en vont!

J’ai moi-même effectué ma rentrée universitaire, honnêtement sans enthousiasme débordant, émoussé par plus de trois décennies d’exercice, gagné par la lassitude et le désenchantement face à l’image embrumée des vestiges d’une université publique atone et qui peine à se rénover et la vision de la détresse des les yeux des étudiants. Ceux de licence (de math, les miens!) sont inquiets pour l’après, on leur offrira au mieux la possibilité de s’inscrire dans des mastères sociaux, débouchant pour les plus méritants sur une thèse de doctorat, en attendant et espérant des jours meilleurs avec l’ouverture de postes d’enseignants universitaires, qui à mon avis se feront de plus en plus rares dans les sciences exactes ...


Sollicité aussi pour dispenser des mathématiques “alimentaires”, j’ai retrouvé des étudiants de première année (physique et chimie) qui pour la quasi totalité, n’ont jamais demandé à se retrouver dans ces filières et insuffisamment préparés à l’entrée à l’université, noyés dans cette faune, ils s’interrogent et sont gagnés par le doute sur l’adéquation entre la formation offerte et l’employabilité. Je vais devoir sans cesse, les mettre en confiance et les rassurer, insistant sur le niveau élémentaire des thèmes à développer et sur l’aspect inoffensif et même charmant des mathématiques, en me montrant comme exemple, moi qui en ai toujours fait sans en garder de séquelles visibles!

Sérieusement, je trouve que l’idée d’instituer une sorte d’année probatoire juste après le bac, pour une mise à niveau et un encadrement général sur divers plans par des professionnels, n’est pas saugrenue!


Par contre, faire faire des licences fondamentales de mathématiques, physique ou chimie, au nom d’une fausse bonne et fumeuse idée d’ouverture, sans créer des passerelles crédibles, solides et sans tenir compte des spécificités et des richesses des régions, dans des institutions universitaires à Bizerte, Tunis, Kairouan, Sidi Bouzid, Gafsa, Monastir, Sfax et Gabes, est une aberration et un non sens, dont on mesure avec le recul et la désertion des étudiants, la stupidité de cette politique et l’ampleur des dégâts.

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