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30/11/2018 14h:45 CET | Actualisé 30/11/2018 14h:55 CET

Renforcer les capacités des jeunes filles en e-health mène à de nouvelles expériences

Environ 30% des femmes sont entrepreneurs (tous secteurs confondus), 25% sont salariés dans la Tech, 10% sont développeurs et seulement 2% sont à l’origine d’inventions technologiques brevetées.

Rania Dourai

Je n’avais pas conscience de l’ampleur des possibilités dans le e-health et je n’avais jamais pensé m’orienter dans cette voie, me confie Erij, collégienne de 16 ans et finaliste du « Girls in e-health » - un hackathon que j’ai récemment organisé ou des jeunes filles sont venus pitcher des idées de projets e-health sur le thème de l’infertilité. C’est dans cet état d’esprit ambitieux et clairvoyant quant à son avenir qu’Erij entame sa rentrée scolaire.

Est-ce le cas de toutes les adolescentes de son âge ? Pas vraiment.

Car si des groupes de coding font leur apparition dans les établissements scolaires, la participation des filles n’y représente qu’un petit pourcentage, qui en dit long... Elles sont encore peu à percevoir les opportunités et envisager une carrière Tech.

Comment inverser la tendance ? En inspirant, en formant et en accompagnant très tôt dans le cursus pour assurer une meilleure orientation. Dans la forme, c’est ce qui a été réalisé à travers cet événement Girls in e-health. Dans le fond, les échanges et discussions avec ces jeunes m’ont amenée à partager trois aspects importants.

Les métiers de demain évoluent et ne requièrent plus les mêmes compétences

Lors de ce hackathon, plusieurs intervenants se sont succédé et à la grande surprise des participantes, tous n’étaient pas forcément des professionnels de la santé. Contrairement aux idées reçues, la santé requiert de plus en plus des compétences aussi variées que complémentaires. La technologie, le changement des réglementations, l’évolution de la santé mondiale et des populations, la médecine personnalisée et les modèles orientés patients dépendent d’équipes interprofessionnelles qui, aujourd’hui, modifient déjà l’ensemble des compétences nécessaires à la pratique de la médecine.

Si le dernier rapport du Forum économique mondial affirme que 42% des tâches effectuées actuellement par un humain seront automatisées d’ici 2025, la 4ème révolution industrielle fera émerger de nouvelles catégories d’emplois dont 90% nécessiteront des aptitudes en matière de technologies. Plusieurs rapports prédictifs identifient déjà l’apparition de nouveaux métiers dans le secteur de la santé tels que : manager d’hôpitaux virtuels, designer de thérapies en réalité virtuelle, spécialistes de chirurgies reconstructive et plastique en impression 3D, aiguilleur de drones médicaux, designer d’organes synthétiques, expert en planification des finances de la santé, spécialistes de contenus d’assistance vocale, ou encore « hacker » en données de santé.

Réduire l’écart des genres peut renforcer la diversité des innovations

En regardant quelques chiffres de plus près, on s’aperçoit que dans le monde, environ 30% des femmes sont entrepreneurs (tous secteurs confondus), 25% sont salariés dans la Tech, 10% sont développeurs et seulement 2% sont à l’origine d’inventions technologiques brevetées.

Avoir plus de femmes dans la Tech est souhaitable non seulement d’un point de vue sociétal, mais également d’un point de vue économique. Souvent les entrepreneurs et fondateurs de startups s’attaquent à des problématiques qu’ils rencontrent et qui les touchent eux-mêmes. L’inclusion des femmes se traduirait alors par une plus grande diversité de projets, de créativité et d’innovation permettant d’améliorer l’expérience des usagers. Ce qui m’amène directement à mon troisième point.

Pour innover, mieux vaut proposer une expérience qu’un nouveau produit

De nos jours, proposer un nouveau produit ou service ne suffit plus. Dans l’économie de l’expérience, il s’agit d’innover en créant des approches plus connectées aux besoins des clients. Étrangement, ce qui pouvait sembler être compliqué à expliquer lors de ce hackathon s’est révélé être une évidence pour ces jeunes filles du digital. Elles ont tout de suite imaginé des idées de projets où le patient était au centre de la réflexion. Ceci est d’autant plus vrai dans le domaine de la santé qui subit un réel changement de paradigme en déplaçant le focus de l’efficacité et qualité du produit/service offert à l’expérience qui pourrait améliorer la qualité de vie du patient. Comme le souligne un rapport de l’Union Européenne, cela ne s’applique pas uniquement aux patients de la jeune génération mais aux patients de tout âge à condition de savoir adapter les canaux numériques et les services les plus appropriés à leurs attentes.

Que partager de plus ? si ce n’est l’expérience humaine quand j’entends l’une des finalistes dire en souriant : « je m’ouvre sur de nouveaux horizons et ma vie a pris un autre tournant en considérant la possibilité de mêler différentes disciplines - biologie et gaming ! ». Car au final, nous avons tous une responsabilité et un rôle à jouer dans le développement de la nouvelle génération, notamment pour renverser les stéréotypes d’inclusion des jeunes filles et femmes dans la Tech et la santé.

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