LES BLOGS
12/06/2018 20h:37 CET | Actualisé 12/06/2018 20h:37 CET

René Vignal : le Goal volant ou l’histoire tragique d’un goal en Equipe de France

"C’est un personnage du sport français qui a été très vite oublié et dont on ne parle plus, contrairement à d’autres joueurs."

Universal via Getty Images

René Vignal est né à Béziers le 12 août 1926. Petit, il était très polisson et faisait beaucoup de bêtises. Il n’aimait pas l’école et a même renversé un encrier sur son maître.

A l’âge de 14 ans, avec son certificat d’études, il commence à travailler comme tôlier-chaudronnier. Il n’y avait que le sport pour canaliser son énergie, en effet, il faisait de la boxe, du rugby et du football.

Le club de Béziers, L’AS Béziers, le repère et l’attire dans ses rangs. Un jour où le goal était malade, il le remplace et se révèle. Il brille particulièrement lors d’un match face à Beaucaire à l’occasion du « Challenge de la libération ».

Lors de la saison 1942-43, René Vignal est repéré par les professionnel de TFC (Toulouse Football Club). Malgré l’opposition de son père, il accepte et commence sa carrière en suivant son modèle, Julien Darui.

Vignal devient alors titulaire du TFC et en 1945-46, le club passe de 2ème à 1ère division.

Il est finalement transféré au Racing Club de Paris en 1947 où il restera jusqu’en 1954. Il a un style de jeu aérien et fait beaucoup de plongeons. C’est ce style de jeu qui lui causera de nombreuses blessures et fractures. Cependant, s’il était blessé pendant, un match, il prenait la place des avants et continuait à jouer.

Universal via Getty Images

Le 23 avril 1949, il est sélectionné pour la première fois en équipe de France. Il fait un premier match catastrophique aux Pays-Bas, lors duquel la France perd 4-1. Par contre, son deuxième match en équipe de France à Glasgow, en Ecosse, le fait connaître internationalement.

En effet, il a fait un match exceptionnel et a même arrêté un penalty. Les journalistes anglo-saxons le surnomment alors « The Flying Frenchman ». Il sera sélectionné 17 fois en équipe nationale.

Peu avant la Coupe du Monde de football de 1954 organisée en Suisse, le goal vedette de l’équipe de France se fracture le bras lors d’un match avec le Racing Club de Paris. Il ne peut donc pas participer à la Coupe du Monde et décide d’arrêter sa carrière de footballeur à 28 ans.

Universal via Getty Images

Malgré sa renommée, il n’arrive pas à se reconvertir, il part alors à Béziers et achète un bar. Il essaie ensuite de se remettre au football et retourne dans les rangs de l’AS Béziers, mais, l’entraîneur lui ayant mal parlé, il le frappe et démissionne.

Le club de la ville de Pau lui propose alors de le nommer entraîneur dans les années 1960, mais la fédération française de football refuse. Il décide donc de renoncer définitivement au football.

A la suite de mauvaises rencontres dans les bars et faute d’argent, René Vignal participe à une série de braquages à main armée entre 1965 et 1970. Pendant son procès, ils sont estimés à 25.

Condamné à quinze ans de réclusion criminelle, il n’en fera finalement que 8, de 1970 à 1978. Pendant toutes ces années passées en prison, il monte un club de foot interne à la prison de Muret, à côté de Toulouse. Son ami Just Fontaine, qui était à l’époque le meilleur butteur en Coupe du Monde, l’a soutenu pendant tout son procès et tout le temps qu’a duré son emprisonnement.

Finalement, c’est un personnage du sport français qui a été très vite oublié et dont on ne parle plus, contrairement à d’autres joueurs.

Il fut un mauvais exemple. Il a fini sa vie tranquillement, comme tout retraité et il est mort le 20 novembre 2016.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.