MAROC
22/03/2018 17h:31 CET

Rencontre: dans l’objectif du photographe Yoriyas (VIDÉO)

"Mes photos en disent plus sur moi et mon travail que je ne peux en dire".

CULTURE - Yassine Alaoui Ismaili, alias Yoriyas, est photographe. Dans ses veines coule le sang du Maroc, son pays natal qu’il affectionne particulièrement et qu’il met en lumière dans chacune de ses oeuvres. Sa dernière exposition, “Casablanca not the movie”, fascine le monde entier.

Ses débuts ne lui promettaient pourtant pas une carrière dans la photographie. Yoriyas fait ses premiers pas dans la danse. Un langage artistique qu’il développe dès l’âge de 16 ans avec le break dance. Il crée son propre groupe, intitulé Lhiba kingzoo. Très rapidement, lui et ses amis enchaînent les compétitions dans le monde entier. C’est par ces voyages que naît sa passion pour la photographie où, depuis sa chambre d’hôtel, le chorégraphe aime capturer l’atmosphère des villes.

Après quelques années, victime d’une blessure au genou, Yoriyas est contraint de mettre un terme à sa carrière de danseur. Il troque les acrobaties contre les pixels. Son langage corporel trouve alors refuge dans la spontanéité de la photographie. Derrière l’objectif, son regard affuté fait mouche. À travers le prisme de son Leica M6, Yoriyas rend compte de la société marocaine comme le monde ne l’a jamais vu.

Pour cela, il a fait des milieux urbains son principal terrain de chasse, captant l’essence des villes à travers des scènes hautes en couleurs et pleines de contrastes. L’éloquence et la sincérité des ses oeuvres touchent, le photographe perce.

En 2015, il reçoit le premier prix du World Street Photography à Hambourg et en 2016, celui des nuits photographiques d’Essaouira. Son dernier projet, “Casablanca not the movie”, a fait le tour du monde et a été publié par de grands médias internationaux tels que National Geographic, FIFA, The New York Times, 6Mois, Spiegel, Stern et The Guardian. Aujourd’hui, à 31 ans, il expose aux quatre coins de la planète: à Paris, Londres, Dublin, ou encore San Francisco.

 

Quelle histoire se cache derrière cette photo ?

Yoriyas Yassine Alaoui

“C’est l’une de mes photos favorites. Ce jour-là, ma femme m’avait obligé à aller sur la plage avec elle, même s’il faisait froid et nuageux. En nous promenant, nous avons croisé ces nonnes et j’étais heureux car je me suis tout de suite dit que ça pouvait être de bons sujets pour une photo. Nous les avons suivies et peu de temps après, des enfants les ont rejointes. C’est à ce moment-là que j’ai pris la photo. C’est l’une de mes meilleures photos et je remercie ma femme de m’avoir emmené sur la plage car c’est grâce à elle”.

Quand vous regardez cet homme (sous-entendu lui-même, ndlr), quel regard portez-vous sur son parcours?

Yoriyas Yassine Alaoui

“Aujourd’hui, quand je vois cette photo, je pense à mon père qui est mort il y a deux ans. Il était très important pour moi, il me soutenait beaucoup. Il est parti avant de voir ce que j’ai fait. Je suis fier d’avoir eu un père comme lui, qui m’a toujours soutenu, qui m’a donné une bonne éducation, qui m’a montré les vraies choses de la vie et qui s’est toujours battu pour donner le meilleur exemple à ses enfants. Je suis content d’avoir passé du temps avec lui et je vais continuer à honorer son nom”.