MAROC
16/09/2019 17h:20 CET | Actualisé 02/10/2019 12h:14 CET

Rencontre avec Mehdi Qamoum, une des révélations de la scène fusion du festival L’Boulevard

" Il faut croire en soi et en ses rêves"

DR
Mehdi Qamoum a livré un show haut en couleurs, le 15 septembre à Casablanca.

INTERVIEW - A 27 ans, le jeune artiste Mehdi Qamoum s’impose. Sur la scène fusion de la 19ème édition du festival L’Boulevard, le 15 septembre, à Casablanca, le public est hypnotisé par la performance du Gnaoui originaire d’Agadir. Le charisme et la passion de l’artiste au guembri font de l’effet. Ensuite, d’autres musiciens apparaissent sur scène pour fusionner la guitare, la basse, le piano et la batterie et offrir au public un voyage spirituel aux sonorités ”tagnaouite”

Mais quelques minutes avant le “décollage”, le HuffPost Maroc a rencontré Mehdi Qamoum pour lui poser trois questions sur les origines de sa passion.   

 

Comment votre histoire avec la musique a-t-elle commencé?

 On a commencé à Agadir, avec la musique traditionnelle, avec Ismgen, c’est une autre facette de tagnaouite, qu’on trouve dans la région de Souss. Après, on a intégré le local Jazzawya à Agadir. C’est là où j’ai rencontré les musiciens qui jouent du jazz et d’autres musiques. La musique Gnaouia se rapprochait de la leur, donc on faisait des jams. On s’est alors rendus compte qu’on était proches les uns des autres, du coup on a créé des titres. 

Au festival L’Boulevard 2014, on a joué sur scène, lors du Tremplin. Même si on ne l’a pas remporté, on a continué à persévérer. C’est cela le message: il faut s’armer de volonté. On a réussi à décrocher plusieurs dates ici et à l’étranger. 

Et à la persévérance s’ajoute l’amour de la musique que nous a inculqué maâlem Abdeslam à qui je rends hommage. C’était l’une des références pour les maâlems à Agadir. Il nous a malheureusement quitté, c’est le destin. Son rire retentit encore dans mon esprit. J’ai écris un morceau sur lui, et sur d’autres proches qui ne sont plus de ce monde. 

 

Vous vous êtes entièrement consacré à la musique?

J’ai choisi de me consacrer à 100% à une carrière musicale en 2017. J’ai laissé tomber un métier stable dans l’entreprise familiale de traiteur. Je vis avec la musique à présent. Et cela me permet de rencontrer beaucoup de personnes, de voyager, de découvrir de nouvelles cultures. Le plaisir de la vie se résume à ça. Et le plus important, pour ma famille, c’est que je vive ma vie sereinement. 

 

 

 Aux passionnés de musique gnaouia comme vous, quel conseil pourriez-vous leur donner?

Je ne donnerai pas de conseil par rapport à la musique. Si un jeune ressent au fond de lui qu’il peut s’épanouir dans un domaine, qu’il fonce. S’il donne, il va forcément recevoir. Mais lorsqu’une personne est perdue, et qu’elle ne sait pas vers où se diriger, c’est là où ça bloque. Il faut croire en soi et en ses rêves. Le bonheur, pour moi, c’est de jouer sur scène, de rencontrer le public, de voir que ma musique plaît. Il faut persévérer dans ses rêves.  

Vous savez, parfois, on n’a aucun sou en poche et, malgré cela, on se sent heureux. C’est cela vivre sa vie ”bikhir” (sereinement). D’autres sont, au contraire, malheureux et perdent goût à la vie, parce qu’ils n’aiment pas du tout ce qu’ils font.