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06/01/2019 08h:35 CET | Actualisé 06/01/2019 08h:45 CET

Rencontre à Marseille avec Diaz MBS, rappeur algérien pour une culture urbaine des deux rives

Capture d'écran

Lors d’un après-midi hivernal, nous avons rendez avec Diaz MBS, acteur majeur de la scène hip-hop algérienne, dans un café du mythique quartier de Belsunce à Marseille pour parler de culture urbaine entre les deux rives de la Méditerranée.

Farid Behloul, a.k.a. Diaz MBS (de Diazepam, l’anxiolytique utilisé par une partie de la jeunesse algérienne par désespoir), débute dans le rap au début des années 2000 et rejoint le célèbre groupe algérien “MBS - Micro Brise le Silence”, pionnier de cette culture musicale en Algérie aux côtés d’autres comme Intik ou Hamma Boys.

En effet, alors que ce genre est déjà bien installé aux Etats-Unis et en France, il éclore réellement au milieu des années 1990 dans les grandes villes comme Alger ou Oran. A cette époque, la décennie noire traumatise le pays, et la situation économique et sociale font résonner dans les chansons les maux de la société algérienne.

MBS présente la particularité d’intégrer au son hip-hop urbain, des mélodies traditionnelles tirées du patrimoine algérien. Dès le commencement, des titres phares comme “Ouled El Bahdja” (Les enfants de la radieuse – surnom donné à la ville d’Alger) ou “Hakmet aa Chaabi” (Le peuple l’a pris en main) définissent le rap algérien.

Diaz MBS perpétue les codes initiés par les autres membres du groupe, et on retrouve les sonorités des rythmes berbères ou arabo-andalous dans les mélodies. Mandole, et autre derbouka sont clairement mis en avant aux côtés des instruments de beatmaking traditionnels. Avec son titre “Civil fi bled el aaskar” (Civil au pays des militaires), Diaz résume parfaitement l’aspect revendicatif du rap fusionné au style traditionnel algérien.

 L’objectif du projet est de fédérer les artistes de la rue, afin de redonner aux habitants de la ville une place dans la société. Il s’agit là d’une démarche populaire qui se veut accessible à tous, et c’est donc dans un lieu au rez-de-chaussée d’un immeuble de quatre étages qu’émerge ce laboratoire culturel à Alger. 

Avec un ancrage déjà significatif dans la capitale algérienne et un label Azart Prod reconnu, la démarche de Diaz traverse la Méditerranée et trouve un premier relais à Marseille, première étape traditionnelle pour qui veut créer un lien entre les deux rives. Dans la cité phocéenne, et grâce à un maillage hip-hop fort, Diaz parvient à lancer une production de vêtements griffés en style algérien berbère tifinagh, et tisse des liens avec DJs et gérants de salles de spectacles marseillaises (Le Molotov par exemple).

Le projet “El Houma”, fort de sa reconnaissance dans le circuit rap marseillais, se diffuse jusqu’en Autriche où Diaz participe à la mixtape Mediterranean Drexciya. Il sera d’ailleurs en tête d’affiche aux côtés de rappeurs palestiniens le 24 Janvier à Vienne (Autriche) au Fluc pour un spectacle intitulé Noise & Beats.

Ainsi, Diaz se présente comme un rappeur authentique et proche de son public. Il perpétue cet héritage d’autres grands artistes algériens comme les regrettés Amar Ezzahi ou Maalem Benaissa qui puisaient leur inspiration dans la culture populaire, et qui restaient proches des gens du peuple loin des strass et lumières du “Star system” avec pour seul leitmotiv de faire vivre la culture algérienne.  

En 2016 avec « El Houma », Diaz sort son premier album. Une production indépendante, et un pur produit de l’Hussein Dey (qui comme le précise le titre renvoie “au quartier” algérois d’origine des membres du groupe MBS). Après 15 années de scènes, et des collaborations multiples (Iam, Rim-K, Intik, Diam’s, Kery James), cet album présente une maturité artistique remarquable et une énergie fraîche pour le rap algérien.

 Mais au-delà d’être uniquement un album, “El Houma” est une plateforme où se croise peinture, vidéo, web radio et musique. Avec Rabah Donquishot (ex leader du groupe MBS) il créé un clip “La Bataille d’Alger”en reprenant les images du chef d’œuvre de Pontecorvo sur des paroles contemporaines.

 L’objectif du projet est de fédérer les artistes de la rue, afin de redonner aux habitants de la ville une place dans la société. Il s’agit là d’une démarche populaire qui se veut accessible à tous, et c’est donc dans un lieu au rez-de-chaussée d’un immeuble de quatre étages qu’émerge ce laboratoire culturel à Alger. 

Avec un ancrage déjà significatif dans la capitale algérienne et un label Azart Prod reconnu, la démarche de Diaz traverse la Méditerranée et trouve un premier relais à Marseille, première étape traditionnelle pour qui veut créer un lien entre les deux rives. Dans la cité phocéenne, et grâce à un maillage hip-hop fort, Diaz parvient à lancer une production de vêtements griffés en style algérien berbère tifinagh, et tisse des liens avec DJs et gérants de salles de spectacles  marseillaises (Le Molotov par exemple).

Le projet “El Houma”, fort de sa reconnaissance dans le circuit rap marseillais, se diffuse jusqu’en Autriche où Diaz participe à la mixtape Mediterranean Drexciya. Il sera d’ailleurs en tête d’affiche aux côtés de rappeurs palestiniens le 24 Janvier à Vienne (Autriche) au Fluc pour un spectacle intitulé Noise & Beats.

Ainsi, Diaz se présente comme un rappeur authentique et proche de son public. Il perpétue cet héritage d’autres grands artistes algériens comme les regrettés Amar Ezzahi ou Maalem Benaissa qui puisaient leur inspiration dans la culture populaire, et qui restaient proches des gens du peuple loin des strass et lumières du “Star system” avec pour seul leitmotiv de faire vivre la culture algérienne.