16/01/2019 12h:17 CET | Actualisé 16/01/2019 12h:17 CET

Renault: Malgré la crise, les affaires du constructeur français prospèrent au Maroc

La marque au losange a réalisé des ventes historiques en 2018.

hotnews.ro

ÉCONOMIE - Alors que l’étau judiciaire se resserre autour de Carlos Ghosn, PDG de Renault poursuivi pour abus de confiance, et que l’alliance Renault-Nissan traverse une crise sans précédent, dans le royaume, les affaires du leader français de l’automobile sont florissantes. Hier à Casablanca, le Groupe Renault Maroc a dressé un bilan de l’année passée: 2018 est un cru historique pour la maison au losange. 

La filiale marocaine consolide sa position de leader du marché en décrochant 6 places du “Top Ten” des meilleurs ventes avec des réalisations historiques en matière de livraisons l’année dernière (plus de 75.400). Les parts de marché cumulées sont passées de 41,8% en 2017 à 42,5% en 2018, tirant ainsi le marché avec une croissance positive de 6,9%, alors que le marché n’évolue que de 5,2%. 

Des ventes historiques

Surtout, le nombre de véhicules produits en 2018 a dépassé la barre des 400.000, un record historique jamais atteint par la marque automobile. Renault et Dacia sont demeurés des leaders incontournables du marché en volume et en parts de marché. Dacia a consolidé sa position de leader du marché VP-VU avec des parts de marché cumulées passant de 27,8% en 2017 à 28,0% en 2018. La marque a accumulé 49.649 ventes en 2018 contre 46.851 en 2017, un chiffre record dans l’histoire de Dacia au Maroc.

L’année dernière s’est surtout caractérisée par le lancement du nouveau Dacia Duster qui a de manière positive impacté les ventes de la marque. Le modèle a par ailleurs décroché la 5ème place des meilleures ventes de 2018 avec des livraisons cumulées dépassant les 8.000 unités en seulement 8 mois, a indiqué le groupe. Cinq autres modèles du Groupe figurent dans le top dix du marché marocain avec les Logan, Clio, Dokker et Sandero occupant respectivement les quatre premières places, et le Kangoo a la 6e place.

Le “made in Morocco” rayonne

“La fin d’année au Maroc a été magnifique, la fin d’année ailleurs a été agitée”, a souligné le Directeur général du Groupe Maroc, Mark Nassif. C’est que les moteurs ont tourné sur les deux plateformes industrielles marocaines. 318.600 unités ont été produites à Tanger et 83.550 à SOMACA Casablanca, suite à une forte demande du marché interne. Le groupe se vante ainsi de faire rayonner le “made in Morocco” en termes d’exportations avec un volume de 358.779 véhicules contre 333.189 en 2017. 90% des voitures fabriquées dans les usines marocaines du groupe ont été acheminées vers 74 pays, a révélé le DG.

Car “trop n’est jamais assez”, le groupe annonce vouloir doubler la capacité de production de la SOMACA pour passer de 80.000 à 160.000 véhicules à l’horizon 2022, a indiqué Nassif, ajoutant qu’il travaille également à développer son écosystème industriel pour porter à 65% le taux d’intégration locale et cibler 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2023.

Et si l’ombre de la crise Carlos Ghosn plane sur les affaires de la maison à l’internationale, la direction du Groupe Renault Maroc est plus que jamais sereine depuis le 19 novembre, date où le scandale a éclaté. “Nous n’avons aucune emprise sur ces événements. Notre énergie est consacrée à garder notre sérénité. Cette sérénité, elle tient à une chose: la gouvernance du groupe est assurée, et ce, depuis les 48h qui ont suivies cette crise”, précise Mark Nassif. “La gouvernance ne tient pas à un seul homme mais à toute une équipe, à des processus, à des marchés et des clients. Tant qu’ils sont tous là, le projet est là”, conclut le DG.

Des partenariats gagnants

Parmi les projets réalisés lors de l’année écoulée, des collaborations qui se sont également soldées par de bons résultats. Le partenariat avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies afin de renforcer l’intégration locale, a permis l’engagement de nouveaux fournisseurs, des démarrages de nouveaux sites et d’extension d’activités de sites existants ainsi qu’un nouveau partenariat conclu avec l’Ecole Mohammedia d’ingénieurs, “un soutien à la formation de l’ingénieur nécessaire pour répondre aux besoins de l’industrie automobile pour les métiers existants et futurs”, souligne le groupe automobile. 

Enfin, la Fondation Renault Maroc, créée en novembre dernier afin d’ancrer davantage le développement humain et social au cœur de sa démarche et assurer la continuité de la politique RSE et mécénat du Groupe, a démarré ses activités fin 2018 dans le royaume. La Fondation s’appuie sur 2 piliers majeurs à savoir l’inclusion à travers diverses actions en faveur de l’éducation et la lutte contre l’abandon scolaire et la mobilité durable, notamment à travers le programme de sécurité routière “Tkayes”, pour sensibiliser la jeunesse aux dangers de la route.