MAROC
14/06/2018 18h:06 CET

Régime de retraite: La Chambre des représentants parvient à un consensus

"La mission n’était pas du tout facile".

Parlementma

RETRAITE - “Un dur labeur. La mission n’était pas du tout facile”, confie Aïcha Lablak au HuffPost Maroc. C’est en ces termes que la présidente du groupe des députés socialistes à la Chambre des représentants qualifie le parcours vers la réforme du régime de retraite des députés. En faillite, la Caisse nationale de retraites et d’assurances (CNRA), filiale de la CDG, chargée de gérer les pensions des anciens députés, est dans l’incapacité de verser les retraites depuis octobre dernier. Une crise s’est depuis amplifiée sous la coupole du Parlement, car si les retraites étaient suspendues, les cotisations, elles, ne l’étaient pas.

Urgence oblige, la réforme a fait l’objet d’une série de réunions entre le président de la Chambre des représentants et les présidents des groupes parlementaires. Résultat: une proposition de loi qui sera bientôt soumise au circuit législatif. Dans un communiqué publié aujourd’hui, les parties en dévoilent la teneur, soulignant que le principe clé a été de ne pas recourir au soutien public pour se contenter uniquement des cotisations des députés. C’est sur quatre nouveaux paramètres que se basera désormais la réforme, à commencer par l’âge de la retraite relevé à 65 ans, alors que l’ancien régime versait la retraite automatiquement à la fin du mandat.

Deuxième paramètre: réduire le taux de calcul de la retraite de 1000 dirhams à 700 dirhams pour chaque année législative passées par le député. Le taux de cotisation, lui, ne subit aucun changement, il est maintenu à 2900 dirhams dans le troisième paramètre. La Chambre des représentants explique, sur ce point, qu’elle n’a pas opté pour l’augmentation afin d’”éviter des coûts supplémentaires au budget public”.

Le dernier paramètre, lui, porte sur l’interdiction à tout député de cumuler sa retraite à un salaire ou indemnité dans le cas de sa nomination dans un poste ministériel ou une haute fonction. 

À effet rétroactif, cette réforme sera généralisée à l’ensemble des députés qui verront le montant de leur pension réduit ou suspendu si le bénéficiaire n’a pas encore atteint l’âge de 65 ans ou s’il est nommé à la tête d’un département. “Les paramètres sont stricts mais nécessaires pour assurer la pérennité de la caisse de retraite au moins d’ici 2030”, explique Aïcha Lablak insistant sur le principe de “la solidarité entre générations”, dans l’élaboration de cette proposition de loi.

D’ores et déjà, les échos que suscite cette réforme auprès des députés et anciens députés ne semblent pas favorables, à en croire cette députée. Et de prévenir que la proposition de loi devra entamer la phase de la discussion au sein de la commission parlementaire des finances avant de passer au vote par l’ensemble des députés de la Chambre. Son application ne sera pas pour demain. 

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