ALGÉRIE
23/09/2019 11h:29 CET

Regard critique sur le code de la famille à travers le documentaire "Felfel Lahmar" de Saadia Gacem

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Pour parler de la condition de la femme en Algérie, la réalisatrice Saadia Gacem a choisi de le faire par le prisme de deux codes ; celui de la famille et de sa famille. “Felfel Lahmar” met en scène les femmes de son entourage, issues d’univers différents, qui discutent des règles et injonctions qui régissent ces deux codes.

Projeté au Rencontres cinématographiques de Béjaia, le documentaire “Felfel Lahmar” a été réalisé dans le cadre de l’atelier de création du film dirigé par Habiba Djahnibe qui s’est déroulé à Alger et Timimoun. 

Le documentaire se déroule en trois temps. On voit les militantes du réseau “Wassila”, autour d’une table qui discutent des violences faites aux femmes et se demandent pourquoi les cas de violences conjugales n’aboutissent jamais.

Dans un cadre plus détendu, les amies de Saadia décortiquent certaines lois du code de la famille avec humour et dérision. Et enfin les femmes de son village à Bordj Bou Arreridj, qui discutent de la vie de famille dans cette région et comment elles se solidarisent et se débrouillaient avec toutes ces règles.

“Filmé les femmes de ma famille, mes amis et les militantes du réseau Wassila est une manière pour moi de parler de ce qui me touche et me questionne. Ces femmes représentent les trois mondes dans lesquels je me construis”, précise Saadia Gacem.

La réalisatrice revient sur la genèse de son documentaire. Elle explique que l’idée était de discuter les deux codes de la famille. Le premier à travers ces textes de loi qui régissent le fonctionnement familial en imposant des obligations et interdits aux femmes. Et le second, le code des familles algériennes qui aussi donne des règles de fonctionnement et des injonctions.

Chacune dans son monde, les femmes du documentaire “Felfel Lahmar” arrive à la même conclusion : un code de la famille “indigeste” et “révoltant”. Des lois qui relèvent de l’absurde et complètement en décalage avec la réalité.

“La partie où on voit mes copines lire et commenter sur un ton plaisantin des textes de loi sur le tuteur ou encore le droit au divorce pour la femme, est celle de la préparation. J’ai opté pour cette partie car elle est plus spontanée. Elle montre également le manque d’intérêt pour les textes de ce code, dont la plupart d’entre elles découvrent pour la première fois”, précise Saadia Gacem

Le titre du documentaire renvoie à une scène où on voit la mère de Saadia entrain d’éplucher des poivrons rouges. Cette femme d’une autre génération qui n’est jamais allé à l’école captive par son ouverture d’esprit. Son regard sur la condition des femmes est étonnement émancipé.