MAROC
07/01/2019 17h:53 CET

Refusant d'être rapatriée en Arabie saoudite, elle évite l'expulsion de Thaïlande grâce aux réseaux sociaux

Elle s’était barricadée dans un hôtel de transit de l’aéroport de Bangkok pour éviter d’être expulsée.

Rahaf Mohammed/Twitter

DIPLOMATIE - Depuis le 5 décembre dernier, Rahaf Mohammed, une jeune saoudienne de 18 ans, appelait les organisations internationales à l’aide sur Twitter. Menacée d’expulsion, elle se disait en “réel danger” de mort si elle était renvoyée en Arabie Saoudite. Les autorités thaïlandaises ont décidé, ce lundi 7 janvier, de lui accorder le droit de rester le territoire.

La jeune femme avait quitté le Koweït, espérant rejoindre l’Australie pour trouver refuge et échapper à sa famille qu’elle accuse de violences physiques et psychologiques, racontait-elle sur Twitter. Elle “accuse sa famille de l’avoir enfermée dans une pièce durant six mois simplement pour s’être coupé les cheveux. L’immigration thaïlandaise assure de son côté qu’elle tentait d’échapper à un mariage arrangé”, rapporte l’AFP. “Je suis effrayée, ma famille va me tuer”, écrivait-elle notamment sur Twitter.

Depuis samedi, elle était bloquée à l’aéroport de Bangkok, en Thaïlande, où elle avait prévu une escale. Après avoir affirmé que sa famille la tuerait si elle rentrait, elle s’était “barricadée dans un hôtel de transit de l’aéroport de Bangkok pour éviter d’être expulsée par les autorités de l’immigration thaïlandaises”, rapporte Reuters. Rahaf Mohammed a alors décidé d’interpeller les organisations internationales pour obtenir un droit d’asile.

La jeune fille assure qu’elle avait un billet et un visa pour se rendre en Australie, mais que son passeport a été confisqué à l’aéroport à cause des autorités saoudiennes. D’après le chef de l’immigration, Surachate Hakparn, l’Arabie saoudite a en effet reconnu avoir prévenu les autorités thaïlandaises de l’arrivée de la jeune fille sur leur territoire: ses parents ont affirmé qu’elle s’était enfuie et qu’ils craignaient pour sa sécurité.

“Nous l’avons reconnue et avons vérifié ses papiers. Elle avait un passeport mais pas de billet aller-retour, pas de plan de voyage, pas de destination ni de réservation d’hôtel en Thaïlande... alors, dans le cadre des procédures de sécurité dans les aéroports, l’immigration a été refusée”, a expliqué le chef de l’immigration lors d’une conférence de presse

Après ses appels à l’aide, un représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est rendu à l’aéroport pour discuter de l’affaire avec la jeune fille et des agents de l’immigration thaïlandais. Son chef, a été convaincu. La Thaïlande a annulé, ce 7 janvier, le projet d’expulsion de la jeune femme. “Si elle doit être blessée, punie ou assassinée, nous devrons tenir compte des principes des droits de l’Homme. Si elle ne veut pas partir, elle ne sera pas renvoyée contre son gré”, a déclaré Surachate Hakparn.

Aujourd’hui, Rahaf Mohammed a indiqué que son père était arrivé sur place. Mais à présent, elle se sent en sécurité grâce au HCR, et l’accord des autorités thaïlandaises, affirme-t-elle. “Et j’ai finalement récupéré mon passeport”, souligne Rahaf dans un tweet. “La jeune femme envisage de demander l’asile en Australie où elle assure disposer d’un visa. L’ambassade d’Australie n’a pas donné suite aux sollicitations de l’AFP”, ajoute l’agence de presse française.