TUNISIE
28/03/2019 17h:17 CET

Réforme du secteur de la santé publique: Les mesures engagées par le gouvernement

Des mesures immédiates, en attendant l'annonce d'un plan stratégique sur le moyen et long terme.

Le temps des grandes réformes semble avoir sonné dans le secteur de la santé publique en Tunisie, et le gouvernement annonce une série de mesures urgentes et pour le moins audacieuses, à même de calmer les maux de cet organe vital.

Dans une conférence de presse tenue aujourd’hui à l’issue d’un conseil des ministres consacré au secteur, la présidence du Gouvernement a listé ses décisions, des décisions qui viennent quelques semaines après le drame de la mort de 15 nouveau-nés à la maternité de La Rabta.

Le drame qui a secoué le pays, et dont les résultats de l’enquête préliminaire ont fait état de négligences humaines, a remis sur la table la situation désastreuse des hôpitaux publics tunisiens.

Ainsi, selon le porte-parole de la présidence du Gouvernement, Iyed Dahmani, les mesures porteront sur six axes, à savoir:

  • Garantir la continuité du financement du secteur de la santé publique.

  • Consacrer plus de moyens pour les équipements et la maintenance.

  • Allouer plus de ressources à l’approvisionnement en médicaments et fournitures.

  • Œuvrer pour une meilleure gouvernance, avec la numérisation des services et la lutte contre la corruption.

  • Renforcer les ressources humaines.

  • Améliorer l’hygiène dans les hôpitaux.

Pour ce faire, il a été décidé d’engager un certain nombre de mesures à court terme, en vue de remédier aux dysfonctionnements de ce secteur.

Le conseil des ministres a ainsi décidé de débloquer la somme 100 millions de dinars comme fonds de soutien à la santé publique et le financement des services et des établissements de santé (hôpitaux publics, centres de santé de base, etc..)

Le gouvernement s’est également engagé à prendre en charge le paiement d’une partie des dettes des hôpitaux envers la pharmacie centrale, et ce à hauteur de 200 millions de dinars, tout en s’engageant à régler la totalité des dettes des hôpitaux publics, estimées à 13,4 millions de dinars.

La numérisation de la gestion des stocks de médicaments sera aussi généralisée, d’après la déclaration du porte-parole du gouvernement.

Par ailleurs, toujours selon Dahmani, il a été convenu d’allouer 107 millions de dinars à l’acquisition d’équipements et de fournitures pour tous les services.

La capacité de stockage des médicaments sera également élargie, ainsi que la réserve de médicaments de la pharmacie centrale.

Quant à la gouvernance et la lutte contre la corruption, il a été décidé d’octroyer le budget de 80 millions de dinars pour la numérisation des services.

Ainsi, 12 hôpitaux verront l’introduction de l’enregistrement à distance, et 600 centres de santé de base seront munis d’infrastructures numériques.

Il a également été décidé d’entamer le projet de télémédecine dans l’hôpital des grands-brûlés de Ben Arous, l’hôpital Habib Thameur, ainsi que les hôpitaux régionaux de Tozeur et Médenine. Des projets pilotes qui seront par la suite généralisés à tous les hôpitaux, affirme Dahmani.

L’inspection sera quant à elle renforcée dans tous les établissements de santé, avec en particulier un renforcement des ressources humaines chargées de l’inspection administrative.

Toujours dans les ressources humaines, parmi les décisions prises, la possibilité de 2000 nouveaux recrutements dans le secteur en 2019.

Pour améliorer l’hygiène et les conditions de séjour des patients dans les hôpitaux publics, le gouvernement a décidé d’y consacrer un portefeuille de 32 millions de dinars. Les actions concerneront les salles blanches, les systèmes d’aération, et la propreté des lieux.

Sur le plan législatif, le gouvernement a annoncé la décision de ratifier le projet de loi portant la protection des patients et la responsabilité médicale, ainsi que l’adoption prochaine d’un décret qui réglementera la recherche médicale, et un autre en faveur des études de médecine.

Par ailleurs, les directeurs des hôpitaux jouiront d’une plus grande marge de manœuvre dans certaines prises de décision, sans avoir recours à l’approbation du ministre de la Santé.

Iyed Dahmani a également indiqué qu’un suivi régulier de l’application de ces mesures sera assuré à chaque conseil des ministres.

Un plan stratégique de réforme du secteur de la santé sera aussi présenté d’ici à l’été 2019, et qui contiendra les mesures à moyen et long terme (2030).

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