MAROC
10/04/2019 18h:07 CET

Réforme de l'enseignement: Le PPS accuse "les calculs politiques" de bloquer la loi

Le PJD avait émis des réserves bloquant le vote.

Fred de Noyelle via Getty Images

ENSEIGNEMENT - Le PPS n’est pas content du blocage que connait le projet de loi cadre relatif au système de l’éducation, la formation professionnelle et la recherche scientifique. Ce dernier, programmé à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement, n’a pas été adopté par la commission de l’enseignement de la Chambre des représentants au cours de ses deux réunions les 2 et 3 avril. Et pour cause, les députés du PJD n’ont pas été unanimes sur l’approbation de deux articles du projet de loi, le 2 et le 31 qui se rapportent à la langue d’enseignement. 

Alors que les partis de la majorité, dont le PPS fait partie, avaient trouvé un consensus par l’adoption d’une alternance linguistique entre arabe et langue étrangère pour enseigner surtout les matières techniques et scientifiques, le volte-face du PJD y a mis fin. “Nous sommes inquiets quant à l’aspect réductionniste et négativiste que certains cherchent à donner au débat sur ce projet de loi”, déclare le parti du Livre dans un communiqué publié, ce mercredi, suite à la réunion que son bureau politique a tenue hier. 

Pour le PPS, le débat autour de ce texte de loi suscite des positions qu’il qualifie d’“irresponsables”, émanant d’un “excès de zèle”. Le parti de Nabil Benabdellah accuse “les calculs politiques” de faire de ce projet de loi le terrain propice pour “des règlements de comptes” ayant mené “au blocage dudit texte”. Et de préciser que ce dernier “représente une référence à la réforme de notre système éducatif en difficulté” soulignant que son adoption ne serait que le début d’un long processus de plusieurs années. “Si nous parvenons à dépasser cette étape, ce chantier nécessitera après une dizaine de textes et des centaines de mesures d’accompagnement qui nous imposeront un maximum de volonté, de responsabilité, d’audace politique, mais aussi un climat favorable et une cohésion politique”, estime le PPS. 

PPS

Un retour au consensus, c’est ce que souhaite ce parti pour qui la version sur laquelle s’étaient accordés les députés était le meilleure. Cette version a pour principe, rappelle le PPS, de faire des langues officielles, arabe et amazighe (lorsqu’elle sera activée), les langues d’enseignement et de s’ouvrir sur “les langues vivantes pour l’enseignement de matières et de partiels à des niveaux scolaires définis”. Pour le PPS, ne pas adhérer à ce projet de loi équivaut à “rater” une autre étape dans l’histoire de la réforme à commencer par “la réhabilitation de l’école publique”.

Il n’y a pas que le PJD qui émet des réserves sur l’option langue de ce projet de loi. La Coalition nationale pour la langue arabe, réunissant plus de 300 associations, avait lancé un plaidoyer “Pour une justice linguistique” qu’elle utilise comme veto contre ce projet de loi. Elle a adressé, à l’occasion, des lettres et des appels aux députés et lancé une pétition avec des centaines d’intellectuels marocains. La Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement affiliée à l’UNTM avait également lancé une pétition pour rallier le corps enseignant à la cause de l’arabisation.