TUNISIE
12/09/2018 17h:55 CET

RÉFEF, ce réseau qui donne plus de voix aux femmes entrepreneures francophones

Son objectif est d’assurer une meilleure visibilité aux femmes entrepreneures francophones, accroître leur accès aux opportunités de financement, d’investissements.

RyanKing999 via Getty Images

Femmes entrepreneures du monde francophone, unissez-vous! Créer son entreprise est un défi majeur que les femmes sont de plus en plus nombreuses à relever. 

Les chiffres sont parlants. L’entrepreneuriat féminin fait florès: Ces dernières années, se sont près de 163 millions de femmes qui ont choisi de créer une entreprise, selon une étude du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) qui porte sur 74 pays répartis un peu partout dans le monde.

Mais malgré les progrès, les femmes souffrent encore d’un déficit d’image dans le monde de l’entreprise et du leadership. Un parcours qui semble semé d’embûches dans un monde particulièrement macho. Cette entrave laisse l’épanouissement de ces dernières dans le cadre des affaires relativement timide. 

De ce fait, encourager les femmes à prendre les rênes et à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale figurent parmi les priorités fondamentales de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui s’est engagée depuis 2015 aux côtés de ses pays membres et avec l’appui de ses partenaires, dans la “Promotion de l’emploi par l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes”. Un challenge de taille qui se profile pour l’OIF, consciente des enjeux et des difficultés rencontrés par les porteuses de projets au sein de l’espace francophone.

En effet, les débats et les rencontres se sont enchaînées donnant naissance en novembre 2017 au Réseau francophone pour l’entrepreneuriat féminin (RÉFEF), et ce lors de la Conférence des femmes de Bucarest, annonce Cyrine Ben Mlouka, membre du bureau provisoire du RéFEF.org et représentante de la zone du Maghreb dans une interview exclusive accordée au HuffPost Tunisie.  

“Près de 700 femmes entrepreneures, venant des cinq continents et représentant 84 pays, étaient présentes” précise-t-elle en soulignant l’ampleur de cette initiative majeure. 

Elle a fait savoir que cette conférence fut l’occasion de réaffirmer la volonté des femmes francophones de se regrouper en association leur permettant de constituer un réseau solide pour l’accomplissement de leurs objectifs.

En effet, assurer une meilleure visibilité aux femmes entrepreneures francophones, accroître leur accès aux opportunités de financement, d’investissements et de marchés et construire des passerelles solidaires, entre les différentes actrices et acteurs du monde de l’entreprise, constituent la pierre angulaire du réseau, explique-t-elle.

À vrai dire, les objectifs de la RéFEF se déclinent autour de trois axes à savoir:  Leadership, solidarité et développement des compétences.

À ses yeux, ces trois champs d’action viennent remédier aux difficultés auxquelles font face les femmes leaders francophones.  

Pour mieux étayer ses idées, Cyrine Ben Mlouka s’est attardée à relever dans un premier temps les défis majeures rencontrés lors de la création d’entreprise quand on est une femme.

Vraisemblablement, le monde des affaires demeure encore l’apanage des hommes. Rares sont les femmes qui osent briser le tabou en prenant l’initiative et investir seules dans un projet. C’est peut-être cette culture patriarcale, ancrée depuis des générations, qui contribue à nourrir ce manque de confiance. “Pour faire face à ce blocage mental, des sessions de formation sont généralement organisées par le RéFEF pour initier et renforcer les compétences des femmes entrepreneures”, a-t-elle révélé.

Mais bien évidemment, en matière d’entrepreneuriat féminin, les difficultés rencontrées ne se limitent pas à un manque de confiance en soi. L’accès au marché, l’accès au financement, l’accès à l’information, la maîtrise de l’outil informatique, le réseautage et la conciliation entre vie familiale et professionnelle sont parmi les principaux facteurs qui empêchent ces dernières de franchir le pas, précise-t-elle. 

Selon ses dires, le réseau RéFEF a mis en place une stratégie globale visant à développer, soutenir et promouvoir le leadership des femmes entrepreneures francophones et renforcer leur position au sein des milieux d’affaires. “Assurer une meilleure visibilité aux femmes entrepreneures francophones et leur donner la voix sont parmi nos priorités” martèle-t-elle.

Une nouvelle plateforme qui met en relation les femmes entrepreneures francophones

D’ailleurs, une nouvelle plateforme a été lancée le 8 mars dernier pour faciliter le partage d’expériences et de bonnes pratiques, promouvoir l’accès à l’information, créer de nouvelles opportunités d’affaires et renforcer les capacités managériales pour un développement de l’entrepreneuriat féminin dans l’espace économique francophone.

“Nous voulons rendre ces femmes entrepreneures invisibles plus visible”, poursuit-elle en soulignant l’apport de cette vitrine, nouvellement créée, dans le partage d’expériences et de savoir-faire entrepreneuriaux.

“Près de 760 femmes sont actuellement inscrites” précise-t-elle en évoquant les opportunités d’affaires offertes par les pays francophones. 

À travers cette plateforme, le RéFEF compte renforcer la dynamique de mise en place de partenariats interentreprises et favoriser la création de consortiums internationaux, développer des projets communs et collecter collectivement des fonds pour renforcer les compétences des entreprises inscrites dans le réseau, et développer l’action collective d’influence auprès des bailleurs de fonds et des autorités locales pour faciliter l’accès des PME aux marchés publics.

Cette initiative propose, en fait, un outil moderne et sophistiqué pour tisser des relations internationales entre les femmes entrepreneures du monde francophone, et ce en ouvrant les voix vers de nouvelles opportunités entre elles.

Pour la représentante de la zone du Maghreb, au delà des objectifs fixés, il est primordial de créer un observatoire pour détecter l’évolution de l’organisme à travers les chiffres et les statistiques afin d’orienter les actions et définir une stratégie ciblée prenant en considération les défis et les problématiques de chaque région. 

En Tunisie, malgré les réformes législatives qui visent à instaurer l’égalité femmes-hommes tant d’un point de vue familial qu’économique et politique, le manque d’accompagnement, le sexisme, l’étendue des compétences à maîtriser, des contraintes familiales et le manque de légitimité dominent encore le monde de l’entrepreneuriat dans le pays. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour encourager les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat et d’accroitre leur volontarisme à entrer dans le monde des affaires notamment en emboitant le pas d’autres modèles et success stories féminins. 

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