MAROC
07/05/2018 18h:56 CET | Actualisé 08/05/2018 12h:45 CET

"Razzia" de Nabil Ayouch interdit en Égypte

“Un étau se resserre sur les créateurs en Égypte”.

VALERIE MACON via Getty Images

CINEMA - Nabil Ayouch n’en a toujours pas fini avec la censure. Après “Much Loved” interdit au Maroc en 2015, quelques jours après sa projection au festival de Canne, c’est au tour de son dernier opus “Razzia” de subir les affres de la censure, en Égypte cette fois-ci .

Le film qui devait sortir sur les écrans égyptiens le 18 avril dernier selon Tel Quel, a finalement été interdit par le comité de censure égyptien. Une décision qui, selon Nabil Ayouch, a été faite sans explications.

“Je l’ai appris par notre distributrice sur place. Dans un premier temps son assistante nous a annoncé que les autorités égyptiennes ont demandé tout une série de coupes, et après avoir visionné le film ils ont annoncé, officiellement, qu’ils allaient l’interdire complètement”, explique le cinéaste au HuffPost Maroc. Une décision que le réalisateur qualifie de “surréaliste”.

Nabil Ayouch n’a pour l’instant reçu aucune précisions des autorités égyptiennes. “Mais j’imagine qu’elles sont très solides parce que sinon ils auraient demandé de couper des passages”, précise-t-il toutefois, ajoutant que “si c’est tout le film qu’ils veulent interdire, c’est qu’ils doivent avoir des raisons qui m’échappent”.

Selon Middle east eyeles autorités auraient interdit le film car elles l’accusent d’“encourager à la révolution” et de “susciter la sympathie et la compassion des spectateurs pour un personnage juif”. Nabil Ayouch, de son côté, pense qu’il doit y avoir “d’autres raisons”. “J’ai entendu cela aussi mais je n’ai pas envie d’insulter les Égyptiens en les accusant qu’ils ne font pas la différence entre la fiction et la réalité”.

Un étau qui se resserre en Égypte

Une affaire qui rappelle le cas en mars dernier, d’un pièce de théâtre interdite de représentation au Caire, comme le rapporte Le Monde. Selon le quotidien français, “les autorités de la censure ont exigé la suppression de cinq scènes de la pièce”. Une demande à laquelle le metteur en scène avait refusé de se soumettre, affirmant que “cela nuirait à la construction dramatique et à l’œuvre entière et la viderait de son contenu”, rapportait alors la même source.

Dans ce contexte, Nabil Ayouch se déclare de plus en plus solidaire de ses collègues égyptiens. “C’est la première fois que j’ai un souci avec les autorités égyptiennes, mais j’ai des collègues égyptiens qui vivent cela à longueur d’année et avec qui je me sens encore plus solidaire aujourd’hui”, dit-il, évoquant “un étau qui se resserre sur les créateurs en Égypte”.