MAROC
08/10/2018 17h:07 CET

Rapport Giec: quelles conséquences d'une hausse des températures de 2° en Afrique du Nord?

À un demi-degré près, des millions de personnes seront différemment touchées.

FADEL SENNA via Getty Images

CLIMAT - Des détails alarmants. Alors que le président américain Donald Trump annonçait en 2017 la volonté des Etats-Unis de se retirer des accords de Paris, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publie ce lundi 7 octobre des recommandations drastiques pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°. Un rapport mandaté par l’ONU suite à l’Accord de Paris en 2016 dans lequel les États signataires s’engageaient à limiter le réchauffement climatique jusqu’à 1,5 degrés en 2040. 

“Le monde devra procéder à des transformations ‘rapides’ et ‘sans précédent’ s’il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C”, ont souligné les experts climat de l’ONU, cités par la MAP.

Parmi ces efforts sans précédent, la diminution “de nos émissions de gaz à effet de serre de 45% en 2030 par rapport à 2010. Elles devront être nulles en 2050”, explique le HuffPost France.

L’Afrique du nord déjà sous stress hydrique

Dans le rapport le groupe d’experts revient régulièrement sur le cas de la région méditerranéenne. Ces derniers mettent ainsi en avant les risques de sécheresse et de stress hydrique que pourrait expérimenter la région en cas d’une hausse de température supérieure à 1,5 degrés d’ici 2040. Des propos, selon le Giec soutenus par “des ouvrages récents”. 

“Quand on passe de 1,5 à 2°, les études et analyses disponibles suggèrent une forte hausse de la sécheresse et une baisse de l’eau disponible dans la région Méditerranéenne” (en incluant l’Europe du sud, l’Afrique du nord, le Proche-Orient et l’Afrique subsaharienne), explique le rapport. 

“Dans des endroits où subsistent déjà des challenges économiques et sociaux disproportionnés, les populations feront face à moins de risques à 1,5 degrés qu’à 2 degrés”.

Le document alerte également sur les risques de températures extrêmes en cas de hausse de température de 2°: “Limiter le réchauffement climatique à 1,5° au lieu de 2° pourrait éviter à 420 millions de personnes en moins à être exposées à des vagues de chaleur extrêmes, et 65 millions en moins à des vagues exceptionnelles de chaleur”.

Des millions de personnes en Afrique dans la pauvreté et la faim

Ces chiffres ont fait tirer la sonnette d’alarme à de nombreuses ONG internationales et gouvernements. Parmi elles, Oxfam a notamment alerté sur les risques qu’encoure l’Afrique. “La hausse des températures fera basculer des millions de personnes en Afrique dans la pauvreté et la faim si les gouvernements n’agissent pas rapidement”, avertit, lundi à Nairobi, OXFAM international.

“Une Afrique plus chaude est une Afrique qui souffre davantage de la faim. Aujourd’hui, avec seulement 1,1 degré de réchauffement au niveau global, les récoltes et le bétail à travers la région sont touchés et la faim progresse, les cultivatrices pauvres avec des petites surfaces dans les zones rurales faisant partie des populations les plus touchées. À partir de là, les choses ne font qu’empirer”, poursuit la même source.

Sur Twitter, le président français Emmanuel Macron a lui affirmé “nous avons toutes les cartes en main pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais il faut que tout le monde agisse maintenant!”.