ALGÉRIE
13/03/2019 18h:00 CET

Ramtane Lamamra sur la radio publique : l'impossible opération de séduction

TOBIAS SCHWARZ via Getty Images

Quatre Vingt-dix minutes pour convaincre de la sincérité du Président et de ses annonces formulées lundi, c’est la lourde mission que le  Vice premier  ministre et ministre des affaires étrangères Ramtane Lamamra,  a voulu “vendre” aux algériens à travers une émission spéciale organisée spécialement pour lui par la radio nationale, même si la veille il avait réservé l’exclusivité de sa première interview à la radio française RFI.

Questionné par des journalistes “maison” de la radio et la télé publique, le ministre a évité de répondre aux questions embarrassantes. Interrogé sur l’absence d’une assise juridique pour reporter la présidentielle, le ministre a botté en touche.  “Les choses ne peuvent pas être prise isolément. La date d’une élection présidentielle était fixée. Le président était candidat. C’est une réponse à une demande pressante d’une partie importante de l’opinion publique pour un minimum d’harmonie”, a justifié le ministre. “Les appels de ceux qui ont participé aux marches populaires ont été entendus. Le président de la République a décidé de ne pas organiser d’élection le 18 avril mais d’avancer l’organisation de la conférence nationale inclusive indépendante afin que les Algériens puissent discuter”, a-t-il encore affirmé. 

Aux constitutionnalistes qui récusent la démarche de Bouteflika en s’appuyant sur la Constitution, le vice-Premier ministre leur demande de ne pas être dogmatiques avec les textes de loi.  “Il ne faut pas concevoir le droit comme un obstacle”, a-t-il recommandé. “Il s’agit de garantir le fonctionnement normal des institutions pour l’élaboration de cette nouvelle Constitution et l’avènement de ce nouveau système”, a-t-il ajouté. 

Et le vide institutionnel après le 28 avril ? “Le président a intégré la non-tenue de l’élection dans une approche globale qui consiste à reporter la tenue de l’élection”, a répondu le ministre. Une réponse que n’aurait pas renié un ministre de l’ancienne union soviétique.  La seule information à se mettre sous la dent durant la durée de l’entretien est le démentie apporté à la dissolution du parlement, alors qu’une rumeur l’annoncée comme éminente . “Le plan du travail indique très clairement que toutes les institutions de la République continueront à travailler normalement jusqu’à l’élection du nouveau président”, a-t-il ajouté.

Sur la formation du nouveau gouvernement, Ramtane Lamamra a rappelé que le président Bouteflika a souhaité un important changement au sein de l’Exécutif. Il a annoncé de profonds changements. “Un certain nombre de ministres vont partir. Cela ne vont pas dire qu’ils ont failli ou qu’ils font l’objet d’une sanction”, a-t-il indiqué tout en lançant  un appel à l’opposition. “Si des éléments de l’opposition et de la société civile souhaitent intégrer ce gouvernement, ils seront les bienvenus”.

Au sujet de la conférence nationale, là aussi rien de concret. Ramtane Lamamra n’a pas donné de date précise sur début de ses travaux. “Le président souhaite que ça soit le plus tôt possible”, a-t-il dit.

Selon lui, elle pourrait être composée de trois blocs : les partis de la mouvance présidentielle, l’opposition avec toutes ses tendances et la société civile. “Ce n’est pas le gouvernement qui va les désigner. Tout cela doit être discuté. Nous n’avons pas de recette magique”, a-t-il insisté.