ALGÉRIE
22/09/2019 18h:24 CET

Ramdane Tazibt : "Louisa Hanoune n’a jamais fait partie du système"

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Chief Louisa Hanoune of the Workers Party (PT) during a press conference with group 19-4.Alger 27/12/2015 (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto) (Photo by NurPhoto/NurPhoto via Getty Images)

Ce lundi 23 septembre, le procès de Said Bouteflika, Mohamed Mediène, Bachir Tartag et Louisa Hanoune devrait s’ouvrir au tribunal militaire de Blida, au sud d’Alger.

Ramdane Youssef Tazibt, député démissionnaire et membre de la direction du Parti des Travailleurs (PT), précise que la secrétaire générale parti n’a jamais caché sa politique “qui consiste constamment à s’adresser aux responsables de l’Etat pour trouver des solutions aux différents problèmes du pays”.

Louisa Hanoune est poursuivie, en vertu des articles 284 du code de justice militaire et 77 du code pénal, pour “complot dans le but de porte atteinte au commandant d’une compagnie militaire” et “complot contre l’autorité de l’Etat”, après avoir participé à des réunions avec le frère et conseiller de l’ex-président de la République, Said Bouteflika, et les généraux Mohamed Mediène (Toufik) et Bachir Tartag, la fin mars 2019.  “Quelles que soient ses divergences avec les différents pouvoirs du même système, Louisa Hanoune a toujours privilégié des solutions algériennes. Louisa Hanoune, qui a milité dans la clandestinité et a écopé de 6 mois de prison entre 1983 et 1984, sans jamais être jugée, a toujours combattu le système de parti unique qui est resté le même jusqu’à aujourd’hui malgré les espaces de liberté arrachés. Comme SG du PT, elle a milité ouvertement pour le changement radical et elle a fait des dizaines de discours sur le cours irréversible de la décomposition du système et de la nécessité qu’il dégage. D’où son militantisme pour l’Assemblée constituante nationale souveraine comme moyen de mettre en place un nouveau système qui garantisse tous les droits démocratiques, sociales, économiquesC’est elle, avec le groupe de 19 personnalités, qui a dénoncé en 2015, les forces extraconstitutionnelles qui ont commencé à créer un Etat parallèle et la mise au pas de plusieurs institutions de l’Etat”, a-t-il souligné, dans une déclaration adressée à HuffPost Algérie.

Louisa Hanoune a refusé de rejoindre le gouvernement

Il a rappelé que Louisa Hanoune avait dit “Non” à la loi sur les hydrocarbures, à l’Accord d’association avec l’Union européenne, aux privatisations des entreprises publiques, au référendum sur Tamazight et à la politique d’austérité “au moment où Bouteflika était au summum de sa puissance”.  “Elle était la première à dénoncer le mélange de l’argent sale avec la politique, l’achat des voix… Louisa Hanoune n’a jamais fait partie du système. Depuis le gouvernement de Smail Hamdani (1999) les différents chefs du gouvernement de Bouteflika l’ont invité à rejoindre leur gouvernement. De Benflis à Ouyahia en passant par Sellal et Belkhadem (… )Elle a pris part personnellement aux marches et a plaidé pour donner la parole au peuple afin qu’il choisisse librement la forme et le contenu des institutions qu’il souhaite mettre en place. Son arrestation et son emprisonnement depuis le 9 mai dernier sont des actes répressifs arbitraires”, a-t-il ajouté.

Selon lui, Louisa Hanoune a assisté à une réunion le 27 mars 2019 “avec Saïd Bouteflika (qui agissait au nom du président Abdeaziz Bouteflika encore à son poste à cette date) en présence de l’ex patron du DRS, le général Toufik”. Durant cette rencontre, elle a plaidé essentiellement pour la démission de Abdelaziz Bouteflika, le départ du gouvernement, la dissolution des deux chambres du parlement, la parole  au peuple pour élire une Assemblée constituante. Louisa Hanoune n’a essayé que d’exprimer la volonté du changement radical du système et de la volonté  du peuple d’exercer sa souveraineté pleine et entière. Ce sont là des positions qu’a toujours assumée le PT et régulièrement développées par sa secrétaire générale. C’est par cette raison que son maintien en prison depuis maintenant bientôt 5 mois est absolument arbitraire. C’est pourquoi elle doit retrouver sa liberté tout comme doivent être libérés les détenus emprisonnés pour avoir exprimé une opinion politique”, a plaidé Ramdane Tazibt.