MAROC
03/05/2018 09h:40 CET

Ramadan: le ministère de l'Intérieur assure que les prix des produits alimentaires restent "en majorité stables"

Un numéro national sera disponible 24h/24 pour recevoir les plaintes des consommateurs.

Youssef Boudlal / Reuters

CONSOMMATION - Les familles ne sont pas les seules à se préparer pour Ramadan au Maroc. Le ministère de l’Intérieur doit lui aussi se montrer prêt à accueillir ce mois où les denrées alimentaires sont le plus demandées. Après une première rencontre le 18 avril au siège du ministère de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit a organisé une deuxième réunion, le 2 mai, pour annoncer les préparatifs du gouvernement pour le mois sacré.

“Les Marocains ne manqueront de rien”, assure Lahcen Daoudi, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Affaires générales et de la gouvernance. “Tout ce dont aura besoin le citoyen sera disponible dans les marchés marocains pour Ramadan, et tout ce que le Maroc n’a pas pu produire assez cette année, comme les légumineuses, a été importé”, déclare le ministre durant la réunion qui s’est tenue en présence du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, ainsi que de plusieurs représentants des ministères de l’industrie, du commerce, de l’agriculture et la pêche maritime, et de l’énergie et des mines.

Le ministre de l’Intérieur a, pour sa part, déclaré que les marchés marocains dans toutes les provinces et préfectures connaissaient aujourd’hui “une offre large et diversifiée” et qu’ils avaient été approvisionnés de manière à “répondre à tous les besoins des consommateurs pour le mois de Ramadan”, attendu vers le 17 mai.

NurPhoto via Getty Images

Le juste prix

Alors qu’une étude récente du HCP avait révélé que 87% des ménages marocains déclaraient que les prix des produits alimentaires avaient augmenté durant les 12 derniers mois et que 83,4% s’attendaient à une nouvelle augmentation au cours des 12 prochains, Laftit assure que les prix n’ont pas augmenté.

Pour le ministre, les prix des produits “restent en majorité stables et dans leurs niveaux habituels mis à part certains produits dont les prix connaissent un changement relatif, dû essentiellement à des facteurs conjoncturels ou saisonniers”.

Lahtit et Daoudi ont cependant choisi de ne pas se prononcer sur le boycott, initié par les internautes qui a pris une échelle nationale, de grandes marques marocaines accusées de hausser les prix de leurs produits alimentaires notamment le lait de Centrale Laitière et l’eau minérale de Sidi Ali. “Ce n’est pas le sujet de notre réunion”, a tranché fermement Daoudi aux journalistes qui lui ont demandé de s’exprimer sur le sujet du boycott.

Le citoyen, ce contrôleur de qualité

Comme chaque année, le ministère de l’Intérieur a également entrepris plusieurs contrôles pour assurer au consommateur, pendant le Ramadan, une qualité des produits vendus et un prix de vente convenable.

Ainsi, plus de 1.000 visites de terrain ont été menées, pendant tout le mois d’avril, par différentes commissions de contrôle régionales et locales dans plus de 20.000 grandes et moyennes surfaces, mais aussi dans les unités de production, dépôts de stockage de produits alimentaires, points de vente de commerce de gros, jusqu’aux petites épiceries du coin. Ce contrôle a abouti à relever près de 500 cas d’infractions et à saisir 300 tonnes de produits alimentaires défectueux en vente ou en stock. 

Mais cette année, le citoyen marocain pourra aussi contribuer à ce contrôle. Grâce à un numéro national qui sera prochainement communiqué par le ministère de l’Intérieur, les consommateurs et les commerçants pourront porter plainte notamment contre une vente de produits alimentaires dont la qualité laisserait à désirer ou qui afficheraient un prix de vente supérieur à celui du marché.

“Une commission spéciale sera à l’écoute des citoyens 24h sur 24 et ce n’est qu’avec leur aide que nous pourrons être plus vigilants et ainsi contrer ceux qui jouent avec la santé du consommateur marocain”, annonce à la presse Lahcen Daoudi en ajoutant que la commission veillera à réagir en moins de 48 heures à la plainte.