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05/06/2018 10h:17 CET | Actualisé 05/06/2018 10h:23 CET

Raffinerie d’Augusta: un achat au pif (I)

Si “raffiner chez soi” ’était l’ébauche élaborée, pourquoi l’avoir délaissée ? Qu’a pu voir Ould Kaddour, ce que ses prédécesseurs n’ont pas pu zieuter?

Rex Wayne Tillerson et Chakib Khellil

La raffinerie d’Augusta (Sicile) et son achat par l’Algérie, sont devenus l’objurgation centrale au sujet d’une œuvre née dans le “guesswork” et dans l’improvisation, et qui se structure à une vitesse remarquable .

Face à cela, un glossaire saugrenu, perfectionnement farci de flopée de contre-vérités, et qui ne cesse de se répandre, pour se transmuter en épilogues d’antithèses.

C’est dans ce sens que la cavalerie d’élite de Sonatrach vient de nous informer par le biais d’un quotidien national qu’elle était “sur” une compétition et que l’achat de la raffinerie Augusta D’Esso-Italiano, n’était pas du gré à gré, mais bel et bien un achat né dans un processus concurrentiel.

Voila encore une fadaise qui s’enchaîne aux anciennes. En vérité, il n’y a eu aucun processus concurrentiel dans l’achat de la raffinerie d’Exxon mobile.

Toutes les vérifications au niveau de la communication financière comme boursière n’ont pu retracer la moindre offre d’achat ni la moindre déclaration relative à une intention de vente … à moins qu’on se décide de l’inventer en post-acquisition.

Que dire ! Même dans les lots des “Tenders” annuels émis par Exxon Mobile, cette notion de concurrence pour l’achat de leur complexe de la Sicile, suite à une réception d’offres, s’est révélée carrément du “fantasizing” frisant la limite de la sournoiserie.

En fait, Le sophisme des responsables de Sonatrach bivouaque dans une série de contradictions à commencer tout d’abord, par les sommes colossales remises à Amec Foster Wheeler : la compagnie qui s’est chargée des travaux d’engineering pour les constructions des raffineries de Tiaret, Biskra et Hassi Messaoud .

Ici, nous étions en 2016. Tout le raisonnement de l’Algérie en matière de raffinage, reposait sur cette démarche, celle de mettre en place des installations supplémentaires capables de procurer au pays des capacités de carburant de l’ordre de 15 millions de tonnes (soit 3X5millions).

Et même si c’est beaucoup pour 15 millions d’un seul coup, car –anti-graduel-, l’aphorisme pourrait valoir la chandelle. Donc, si “raffiner chez soi” ’était l’ébauche élaborée, pourquoi l’avoir délaissée ? Qu’a pu voir Ould Kaddour, ce que ses prédécesseurs n’ont pas pu zieuter ? Car venir dire que les responsables de 2016 n’avaient pas une idée sur les valeurs pourrait arborer plus implacabilité que de consistance ...

L’interrogation serait légitime venant d’un citoyen lambda, néanmoins ce qui tripatouille encore le cerveau, c’est ce bancal de cahin-caha dans des appels d’offres pour la construction de la raffinerie de Hassi Messaoud, alors que l’alternative d’achat de la raffinerie d’Augusta, se justifiait justement par le coût exorbitant d’un complexe neuf ? Bizarre !

Rex Wayne Tillerson et Haddad Ali

HISTOIRE

C’est en novembre 2017 que Ould Kaddour, après des contacts avec des responsables d’Exxon mobile -contacts aux contours de procédure insolite- a eu le feu vert de la présidence afin de considérer optionnel l’achat de la raffinerie Esso-Italiana d’ Augusta.

Si nous avons mentionné ces contacts avec les commettants d’une pétrolière américaine, cela ne veut nullement dire que la nomination d’Ould Kaddour a été dictée aux autorités algériennes par les Américains… pour que ce dernier achète leur raffinerie.

Ce genre de raisonnement fait partie d’analyses nigaudes évoluant dans la maîtrise godiche du lobbyisme, encore du modus-operandi américain. Le Topo n’est pas assez complexe . La venue d’une nouvelle administration dirigée par un populiste comme Trump pousse certains pays à s’ajuster au mercantilisme universel rampant, l’Algérie en fait partie.

Mais comment réagit l’Algérie au changement de régime aux USA comme fut le cas lors de la venue de Trump ? … Pour chercher des similitudes de “Behaviour of The state”, nous sommes retournés à janvier 2001 pour revoir les actions entreprises par notre pays suite à la sortie du plan énergétique Cheney-Pentagone, le fameux “Reliable, affordable, and environmentally Sound Energy for America’s Future”.

Nous avons constaté que la similitude était frappante. La seule différence est que Chakib Khelil n’est pas ministre de l’énergie mais un idéologue, à distance, , chargé de faire découvrir “l’Amérique de Trump”.

Bien que nous avons du mal a évaluer le degré d’amitié de Ould Kaddour avec son ancêtre Chakib Khelil, mais des informations sures nous ont confirmés qu’une relation en triade s’opère entre Chakib – Ould Kaddour et la présidence.

Ici , il serait utile de souligner que nous avons fait, par inadvertance, une erreur d’évaluation sur les aptitudes de Ould Kaddour, un étudiant mystérieux de Harvard.

Revenant à l’autre similitude au niveau américain, laquelle réside dans la nomination dans le staff de Trump de Rex Tillerson, ex-patron d’Exxon mobile à l’image de la nomination en 2000 de Dick Cheney, ex-patron de Halliburton au sein de l’administration Bush.

Précision oblige. C’est en février 2017 que le Texan Rex Wayne Tillerson est nommé par le président Trump au post de secrétaire d’Etat avant qu’il ne soit démoli en mars 2018 par l’argent Emirati et Saudien à cause de sa préférence Qatarie.

En symétrie, c’est en mars 2017, un mois après la nomination de Tillerson, que Le président Bouteflika nomme Ould Kadour (conseil de Khelil au conditionnel) à la tête de la compagnie Sonatrach.

Époustouflant ! Voila le retour du lobbyisme archaïque en sens Interdit. L’Algérie aurait en toute vraisemblance , jugé nécessaire de charger Ould Kaddour de gérer “en anglais” ses cadeaux pour défendre “ses intérêts.

Ses intérêts Oui ! D’une part pour une présence au niveau de l’administration Trump et d’autre part pour consolider sa position avec Exxon Mobile devenue leader avec son ciment magique, dans la fracturation hydraulique.

La deduction se lit dans l’option Gaz de Schiste, le liquide du bassin Ahnet se représentant salvateur pour un pays qui consomme presque la moitié de son gaz naturel pour produire l’électricité. Cependant, creuser en Algérie en 49/51 serait un exercice périlleux et Rex Tillerson collé à une acquisition de complaisance d’une raffinerie décrépite, pourrait avoir, ainsi, son mot à dire pour une nouvelle ère EXXON-MOBILE-ALGERIA ?

SONATRACH,AUGUSTA, ETLA DECARBONISATION

Tillerson est l’ancien PDG d’Exxon-mobile depuis 2006. Avec un salaire ayant grimpé jusqu’à 40 millions de dollars en 2012, il prend sa retraite d’Exxon Mobile le 1 janvier 2017 avec des compensations différées de 54 millions et des participations dans la pétrolière. Ténor d’un géant pétrolier qui fait affaire avec 200 pays, Tillerson avait rejoint la même société comme simple ingénieur en 1975.

... A suivre

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