MAROC
02/07/2019 09h:35 CET

Racisme et sexisme, ce groupe Facebook des agents des frontières américaines fait scandale

L'élue Alexandria Ocasio-Cortez est notamment visée par des publications sexistes et racistes.

ASSOCIATED PRESS

ÉTATS-UNIS - Les révélations faites par le site d’informations américain Propublica sont explosives. Dans un article publié ce lundi 1er juillet, il révèle l’existence d’un groupe Facebook secret rassemblant près de 9500 agents de patrouille aux frontières, en poste ou anciennement en poste, intitulé “I’m 10-15”. Un nom qui fait référence à un code utilisé par les agents et qui désigne “la détention d’étrangers en cellule”. 

Les propos qui y sont tenus sont particulièrement choquants dans leur teneur sexiste et raciste. Au fil des publications, les différents membres du groupe s’échangent “blagues” et “images”, sur les migrants ou plusieurs personnalités politiques, dont Alexandria Ocasio-Cortez et Veronica Escobar. Toutes les deux qui sont élues démocrates et ont des origines hispaniques, ont prévu une visite ce lundi du centre de rétention Clint près d’El Paso régulièrement en proie aux critiques. 

À l’égard de cette visite, un membre de 10-15 propose notamment de lancer une cagnotte sur une page GoFundMe, dont la somme finale ira à l’agent qui osera lancer “un burrito” sur les deux élues, également traitées de “p*tes” et de “seau de merde”.  

Sur un montage photo, Alexandria Ocasio-Cortez est présentée en train de faire une fellation à un migrant, alors que sur un autre Donald Trump pousse sa tête vers son entrejambe.

 

La députée, qui avait notamment comparé certains centres de rétention des migrants à des “camps de concentration”, a d’ailleurs réagi à la publication de l’article dans l’après-midi. 

 

Ça vient de sortir: un groupe Facebook secret de 9500 agents de patrouille aux frontières ont discuté de l’éventualité de lancer un GodFundMe pour encourager des officiers à nous blesser moi-même et madame Escobar pendant notre visite, et se sont moqués de la mort de migrants. 

Ce ne sont pas quelques “mauvaises graines”, c’est une culture de la violence

 

Interrogée par ProPublica, un membre de l’équipe de Veronica Esbcocar a qualifié ces posts de “viles et sexistes” et a surtout fait valoir le caractère raciste des publications concernant les migrants. 

Dans un post notamment, l’auteur fait référence à la photo d’un père et de sa fille qui ont été retrouvés noyés dans le Rio Grande la semaine dernière. Il écrit: “Je n’ai jamais vu de “floaters” de cette qualité là. Est-ce qu’on est sûr que ce n’est pas un montage?”. Le terme “floaters” se réfèrant à un corps qui flotte. 

 ProPublica assure avoir contacté trois porte-paroles des agents de patrouille aux frontières, sans succès.  

Cette polémique intervient alors que les gouvernements américain mais aussi mexicain sont sous le feu des critiques pour le traitement qu’ils réservent aux migrants, et plus particulièrement aux enfants.

L’ONG Human Rights Watch a publié récemment un nouveau rapport choquant sur la situation dans les centres de rétention, après avoir visité celui de Clint, près de la ville frontalière d’El Paso.

Selon l’ONG, les enfants dorment à même le sol cimenté dans des cellules surpeuplées. Ils “n’ont pas d’accès régulier aux douches ou à des vêtements propres”, certains ne se sont pas lavés “depuis des semaines”, n’ont pas de savon et ont parfois des poux. Quinze mineurs ont attrapé la grippe et dix ont dû être placés en quarantaine en raison de leur état de santé.

En marge de sa visite dans le centre de Clint au Texas ce lundi, Alexandria Ocasio-Cortez a commenté en référence au groupe Facebook: “Je vois pourquoi les agents étaient tellement menaçants physiquement et sexuellement avec moi. Les officiers gardaient des femmes dans des cellules sans eau et leur avaient dit de boire l’eau des toilettes. Ils se montraient sous LEUR MEILLEUR jour devant des membres du Congrès”.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France