27/03/2019 16h:56 CET | Actualisé 27/03/2019 16h:57 CET

Racheté par Uber, voici comment Careem compte poursuivre son développement au Maroc

Il ne faut pas s'attendre au grand retour d'Uber au Maroc.

Careem

ÉCONOMIE - Non, Uber ne fera pas prochainement son grand comeback au Maroc. Hier, le géant du transport a annoncé avoir racheté son concurrent Emirati Careem pour 3,1 milliards de dollars. Les clients Careem ne verront pas pour autant l’icône sur leur portable passer du Smiley blanc sur fond vert au U d’Uber. 

Comme l’explique l’entreprise émiratie dans un communiqué, la marque va continuer ”à opérer sous sa marque propre en restant dirigée par ses fondateurs”.  Le PDG et cofondateur de Careem, Mudassir Sheikha, conservera également la direction de Careem, explique la même source, affirmant également que le conseil d’administration sera composé “de deux représentants de Careem et de trois représentants d’Uber”.

Careem et Uber s’engagent également dans ce texte à “poursuivre le développement de la plateforme de mobilité au Maroc et dans la région et soutenir la croissance de l’économie numérique”. Ainsi les deux entreprises VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur), “exploiteront leurs services régionaux respectifs et leurs marques de façon indépendante. Au Maroc, Careem continuera à proposer ses services et à se développer”.

Heetch et les taxis concurrencés

Uber réussit ainsi à revenir au Maroc, bien que de manière indirecte, un an après avoir été obligé de quitter le pays en raison “d’incertitude réglementaire”. 

Une situation légale flou exacerbée par les différents incidents violents dont ont été victimes des chauffeurs Uber. Car l’installation des applications de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) dans les villes marocaines n’a pas été vue d’un bon œil, notamment pas les chauffeurs de petits taxis, directement concurrencés. Après moult manifestations et affiches anti-Uber placardées sur les pare-brises de leurs véhicules, ces derniers sont passés à la vitesse supérieure en se faisant même justice pour certains.

Les taxis ne sont désormais pas les seuls à s’annoncer gênés par la concurrence jugée déloyale des marques de VTC. Heetch a ainsi déclaré vouloir saisir le conseil de la concurrence au sujet de Careem, rapporte La Vie Eco. “Nous subissons une concurrence déloyale (...) Careem exerce sans agréments des activités réglementées comme celles de transporteur public et de transporteur touristique”, a déclaré Hicham Amadi, directeur général de Heetch Maroc au journal économique.

Un dossier que Careem sera sans doute amené à gérer avant l’issue de la transaction, appelée à être finalisée au premier trimestre 2020, date à laquelle Careem deviendra une filiale à 100% d’Uber et continuera à opérer sous sa marque.