TUNISIE
01/07/2019 10h:43 CET | Actualisé 01/07/2019 11h:43 CET

Rached Ghannouchi sur Hannibal Tv: "Ennahdha ne veut pas reporter les élections"

Nid d'espions, cible de puissances étrangères, coup d'État, Erdogan...le président d'Ennahdha est revenu sur un ensemble de sujets sur la chaine Hannibal Tv

FETHI BELAID via Getty Images

Le président du parti Ennahdha Rached Ghannouchi a été l’invité dimanche de la chaine Hannibal Tv. Dans une longue interview accordée à Sameh Meftah, celui-ci est revenu longuement sur plusieurs sujets d’actualité, notamment sur les attentats de jeudi mais également sur la santé du président de la République Béji Caid Essebsi.

La Tunisie prise pour cible depuis l’étranger

“Le président de la République est en train de se soigner, il suit la situation du pays et j’espère qu’il sera bientôt de retour parmi nous” a affirmé le président d’Ennahdha.

S’attaquant aux médias étrangers ayant propagé les rumeurs sur le décès de Béji Caid Essebsi, Rached Ghannouchi a affirmé que certains médias “ont fait des erreurs de communication flagrantes. Si on va plus loin, c’est même une attaque ciblée contre le modèle tunisien. Celui-ci dérange certains médias qui ne veulent pas voir le processus démocratique tunisien réussir”.

Pointant du doigt l’État qui soutient la chaine en question et dédouanant la chaine algérienne Ennahar, le président du parti d’Ennahdha s’attaque à la chaine Saoudienne basée aux Émirats ,Al Arabiya: “Cela pose problème. Pourquoi cette chaine veut-elle s’attaquer à la Tunisie?” s’est-il interrogé.

 

Selon lui, il existe une “stratégie étrangère pour créer un état de panique chez le peuple tunisien”, démontrée d’ailleurs par les discussions sur une vacance du pouvoir: “Tous les tunisiens qui ont parlé d’une vacance du pouvoir (...) font partie de ce complot (...) Il n’y a pas de vacances du pouvoir pour discuter de la façon de le combler” a-t-il expliqué ajoutant que s’il y avait une vacance du pouvoir, ce serait à l’Assemblée des représentants du peuple de trancher.

Un nid d’espions?

Pour le président du parti Ennahdha, la Tunisie est devenue “ces derniers mois, un nid “d’espions qui veulent du mal à la Tunisie et à notre choix démocratique. Il faut que l’on fasse la lumière sur ce phénomène d’espionnage en Tunisie. Certains espions ont été rapatriés, j’aurais souhaité qu’ils soient jugés”.

“Un coup d’État ne peut être que militaire”

Interrogé sur les propos tenus par plusieurs politiciens dont Abir Moussi sur la possibilité d’un “coup d’État”, Rached Ghannouchi estime que les propos de la présidente du Parti Destourien Libre “contribue à créer la panique” comparant ces propos à “une bombe”.

Idem pour les propos de Slim Riahi, qui avait affirmé que le président de la République a été “empoisonné” et qu’un “coup d’État” se préparait: “Je n’ai pas d’informations à ce sujet. Mais il y a des gens qui sont contre le choix démocratique tunisien et qui voient en Béji Caid Essebsi le pilier essentiel de cette transition démocratique” a-t-il indiqué.

“Quand nous parlons de coup d’État, cela veut dire l’armée. Or nous n’avons pas d’armée qui fait des coups d’État en Tunisie. Elle avait le pouvoir à portée de main et avec la bénédiction du peuple en 2011, et elle ne l’a pas pris, elle a protégé les frontières et les institutions et contribué à assurer les élections (...) notre armée protège la démocratie” a poursuivi Rached Ghannouchi refusant de commenter la possibilité d’un “coup d’État politique”.

 

Selon lui, le modèle tunisien actuel dérange affirmant que “la révolution tunisienne n’est pas destinée à s’exporter (...) mais beaucoup de pays dans la région la voient comme un défi. Ils ont été capable d’ébranler le modèle égyptien et de faire rentrer plusieurs zones de la région dans des guerres civiles” a-t-il déploré.

“C’est Ennahdha qui a permis à Abir Moussi d’exister”

Questionné sur les attaques de Abir Moussi contre Ennahdha, qui ferait le lit du terrorisme en Tunisie, Rached Ghannouchi affirme que cette dernière et son partie n’existeraient pas sans Ennahdha, qui a accordé un visa à l’existence du parti quand celui-ci était au pouvoir.

“Si un parti comme Ennahdha faisait le lit du terrorisme, Abir Moussi n’existerait pas aujourd’hui et la Tunisie ne serait pas un pays sûr. Il n’y a pas d’incubateur de terroristes en Tunisie, il y a de la marginalisation sociale qui profite au terrorisme” a-t-il indiqué.

 

Ennahdha ne veut pas de report des élections

Pour Rached Ghannouchi, Ennahdha ne veut pas reporter les élections “comme cela a été précisé dans un de nos communiqués” a-t-il dit.

“On nous impute à tort ces propos (...) À ce jour je n’ai vu aucun parti politique, ni aucune source officielle qui a appelé à reporter les élections. Parmi les réussites d’une démocratie, c’est que les élections se déroulent dans les délais constitutionnels (...) c’est une ligne rouge” à ne pas franchir selon lui.

 

Erdogan est un démocrate

“La Turquie est une démocratie, et ce qui le prouve, c’est que le parti au pouvoir a perdu aujourd’hui les élections municipales. Cela démontre qu’Erdogan n’est pas un dictateur, c’est un dirigeant démocrate” a affirmé le président d’Ennahdha expliquant que cette défaite est vue depuis la Tunisie sous le prisme “de la vengeance”.

“Pour ces gens-là, si un islamiste perd à Honolulu, à supposer qu’il y ait un parti islamiste là-bas, cela veut dire qu’Ennahdha perdra les prochaines élections. Il y a des gens qui vivent dans l’illusion mais nous, on vit dans l’objectivité” a-t-il indiqué.

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