MAROC
05/03/2019 12h:12 CET

Rabbah enquête sur un courrier top secret de son département retrouvé... chez un vendeur de pépites

Il s'agit bien d'une fuite, selon le ministère de l'Énergie.

Aziz Rabbah/Facebook

ENQUÊTE - Ils ont servi d’emballage à des cacahuètes. Des documents représentant une correspondance interne entre le ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable et le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, datant du mois de janvier dernier et relatifs à une demande de report d’une éventuelle visite du ministre mauritanien du Pétrole, de l’Energie et des Mines, Mohamed Ould Abdel Vetah, au Maroc, se sont retrouvés chez un vendeur de pépite à Hay Karima à Salé. 

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Cette information révélée, ce lundi 4 mars, par le quotidien arabophone Al Akhbar n’a pas tardé à faire réagir le département de Aziz Rabbah, actuellement à Toronto pour participer au congrès “Prospectors and Developers Association of Canada” (PDAC), qui se tient du 3 au 5 mars. Le ministère a bien confirmé, dans un communiqué, publié sur son portail, qu’il s’agissait d’un document administratif et précisé avoir ouvert une enquête pour fuite.

Le ministère affirme que le document en question est relatif à l’une “de ses plus importantes activités” et précise que, de par sa responsabilité de “protéger les données institutionnelles”, il a procédé à des investigations. Les premières données, ajoute le communiqué, montrent qu’il s’agit d’une “fuite illégale d’un document administratif”. 

Et pour mettre toute la lumière sur cette affaire, le communiqué annonce que le ministre a ordonné une enquête suite à laquelle seront prises les mesures nécessaires. Le ministère tient à préciser qu’il mènera la procédure jusqu’au bout conformément aux règlements administratives et légales en vigueur.     

Le département de Rebbah assure, enfin, qu’il traite les affaires administratives dans le respect de la confidentialité requise, accordant la priorité aux dossiers stratégiques et diplomatiques.

Le code pénal marocain stipule dans son article 446 que toutes “les personnes dépositaires, par état ou profession ou par fonctions permanentes ou temporaires, des secrets qu’on leur confie, qui, hors le cas où la loi les oblige ou les autorise à se porter dénonciateurs, ont révélé ces secrets, sont punis de l’emprisonnement d’un mois à six mois et d’une amende de mille deux cent à vingt mille dirhams”.

De son côté, la loi (66-99) relative aux archives stipule dans son article 37 que “le vol, la destruction ou la dégradation d’un document d’archives publiques ou d’un document d’archives privées conservé par un service public d’archives est puni d’un emprisonnement de deux à dix ans”.