MAROC
15/03/2018 06h:49 CET

"Agora Rabat-Salé", la nouvelle biennale d'architecture qui s'installe entre deux villes

Agora Rabat-Salé

ARCHITECTURE - Si les Rbatis et les Slaouis sont souvent présentés comme des rivaux, ils pourraient avoir (enfin) trouvé un terrain d'entente. C'est sous le pont Hassan II que le collectif Agora Rabat Salé leur propose de se réunir à l'occasion du lancement de la première édition de la "Biennale d'architecture, ville et culture", qui démarrera ce 23 mars entre la capitale et sa voisine.

Le public pourra découvrir les 6000 mètres carrés d'espace couvert qu'offre la culée creuse du pont qui accueillera, l'espace de quelques jours, des débats et des rencontres entre architectes et citoyens.

La biennale est née de la rencontre de jeunes architectes marocains et internationaux avec la directrice générale de l'Aménagement de la ville de Bordeaux, Michèle Laruë Charlus, qui occupe aussi le poste de déléguée générale de la biennale d'Agora à Bordeaux depuis sa création en 2004.

Le collectif d'Agora Rabat Salé s'est donc inspiré de cet événement bien fondé au sein de Bordeaux, pour organiser une manifestation culturelle qui se base sur le même principe, celui de rapprocher l'architecture du grand public.

"Les biennales d'architecture sont souvent réservées au professionnels du métier, mais pour Agora Rabat-Salé, comme son nom l'indique, nous voulons faire rencontrer des personnes qui n'ont peut-être pas l'habitude de se parler en invitant le public à ce débat", explique au HuffPost Maroc, Driss Benabdellah, co-commisaire de la biennale.

Par ailleurs, c'est le pont lui-même qui a inspiré la thématique de cette édition. Cette liaison entre les villes voisines porte en elle une véritable symbolique pour le collectif. "Nous n'aimons pas parler de Rabat d'un côté et de Salé de l'autre", déclare fermement Benabdellah. "Nous voulons plutôt restaurer les liaisons piétonnes à travers les mouvements des barcassiers mais aussi à travers les différentes installations artistiques qui investiront cet espace de connexion",explique-t-il.

Les événements proposées lors de la biennale seront donc tous gratuits et ouverts au grand public. Les curieux pourront se balader sous le pont, au bord du fleuve de Bouregreg, mais aussi tout au long du quai des créateurs pour découvrir les différentes expositions prévues jusqu'au 30 mars. Parmi ces expositions, les visiteurs retrouveront les projections des vidéos artistiques de Mounir Fatmi tirées de son projet "Exil", et les photos originales de la collection "No Pasara" de Leila Alaoui.

L'exposition "Entre deux", créée par un collectif d'architectes, d'artistes et de cinéastes, présentera les histoires de plusieurs villes qui connaissent une constant évolution de leur paysage urbain comme Tanger, Beyrouth, Ouagadougou ou encore Copenhague.

Des débats, tables rondes et ateliers autour de l'architecture animeront le pont et ses alentours où seront représentées plus de 13 nationalités venues de pays d'Europe et d'Afrique. Le public sera invité à se joindre aux 150 étudiants d'architecture marocains et internationaux participants pour discuter d'espace, de frontières et de vie domestique contemporaine.

Des ateliers pour enfants sont également prévus dimanche sur le quai de Rabat pour les sensibiliser à leur patrimoine architectural et paysager.

Le public aura aussi l'unique occasion de visiter en avant-première le chantier du Grand Théâtre de Rabat dessiné par l'architecte irako-britannique Zaha Hadid. Sur le parvis du Grand Théâtre, aura lieu une soirée électronique organisée par le collectif Morokoloko.

Cette première partie de la biennale se clôturera dimanche avec un spectacle de cirque et de théâtre, sous le viaduc de Salé, par la troupe "Spectacle pour tous". Les événements de la biennale se poursuivront en avril avec les journées du patrimoine de Rabat-Salé Mémoire, puis en juin avec un programme nocturne spécial ramadan. La dernière partie de la biennale aura lieu en septembre et sera marquée par une grande exposition artistique.

LIRE AUSSI: