MAROC
30/11/2018 16h:54 CET

Rabat: Le pont Mohammed VI illuminé en orange pour dénoncer les violences faites aux femmes

“Orangez le monde, #EcoutezMoiAussi”

ONU Femmes Maghreb./ Twitter

ENGAGEMENT - La couleur orange en faveur des femmes. Le 25 novembre, l’Organisation des Nations Unies (ONU) Femmes célébrait la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. La même journée, elle lançait aussi les 16 jours d’activisme contre les violences faîtes aux femmes sous le thème “Orangez le monde, #EcoutezMoiAussi”. A cette occasion, monuments, citoyens et membres du gouvernement ont décidé de porter, eux aussi, les couleurs de la campagne.

Au parlement, lundi, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Otmani et le ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid, se sont vêtus d’écharpes oranges pour soutenir l’action d’ONU Femmes. Le même jour, Habib El Malki, président de la Chambre des représentants et plusieurs parlementaires se sont joints au mouvement. 

Pour renforcer l’engagement du royaume, le bâtiment de l’Union Européenne à Rabat s’est une nouvelle fois vêtu d’orange, tandis que le pont Mohammed VI portera ces couleurs pendant les 16 jours de la campagne.

La force des réseaux sociaux

En un an, grâce aux réseaux sociaux et ses hashtags #MeToo, #BalanceTonPorc, ou au Maroc #Masakatch, la prise de conscience à l’égard des violences subies, chaque jour, par les femmes du monde entier a eu un plus grand impact. Pour sa nouvelle campagne de 16 jours, l’ONU Femmes a voulu continuer ce combat, mené aussi sur les écrans. Elle a choisi le thème ”#EcoutezMoiAussi”, pour que la parole de la femme continue de se libérer, et d’être entendue.

″#ÉcoutezMoiAussi met en avant les voix des femmes et des filles qui ont survécu à la violence, qui défendent les droits des femmes jour après jour, et qui passent à l’action, un très grand nombre d’entre elles étant bien loin de la lumière des projecteurs et de la une des médias. Leurs visages ne sont certainement pas apparus dans les journaux et leurs expériences n’ont pas nécessairement été relatées sur les réseaux sociaux”, raconte l’Organisation.

Au Maroc, le mouvement a suivi. La chaîne 2M a lancé #Pssst, une série de capsules vidéos rassemblant 30 témoignages de femmes et d’hommes qui racontent leurs expériences du harcèlement. L’Union européenne au Maroc a, elle aussi, lancé une web-série, “Sur la voie du changement”, sur les réseaux sociaux, donnant la parole à des femmes marocaines. 

“Lorsque nous unissons nos voix, il devient possible de remettre en question les déséquilibres historiques de pouvoir et d’amorcer un changement durable”, ajoute l’ONU Femmes.

Des chiffres alarmants au Maroc

Si la prise de conscience est sur la bonne voie, les chiffres, eux, restent préoccupants. Dans le monde, “une femme sur trois est victime de violence au cours de sa vie, quel que soit son statut, la classe sociale à laquelle elle appartient, sa race, son pays ou sa tranche d’âge. Une, c’est déjà trop. Beaucoup d’entre elles n’ont pas encore pu se joindre au mouvement #MeToo, car elles s’exposent à des conséquences potentiellement fatales si elles s’expriment, et leur survie est au prix d’un long et périlleux parcours”, rappelle l’ONU Femmes sur son site.

Le Maroc ne fait guère mieux. Si une amélioration dans le débat public est arrivée, engendrée par lancement de #Masakatch et après les terribles histoires d’agression sexuelles qui ont secoué le pays, la situation au royaume reste encore alarmante. 

D’après les chiffres révélés par le ministre de la Santé, Anass Doukkali, lui-même vêtu d’orange lors de la 3ème Rencontre nationale des assistant(e)s social(e)s autour de la violence à l’encontre des femmes et des filles, les femmes marocaines sont principalement victimes de violence psychiques (qui représentent 95,8% violences). La violence physique arrive en deuxième position avec un taux de 20,2%, et la violence sexuelle avec 4,2%. 

Mais “mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles n’est pas une entreprise à court terme. Cela nécessite des efforts coordonnés et soutenus de tous. Montrer que ces efforts portent leurs fruits est le meilleur hommage que nous rendons aujourd’hui aux survivantes, aux activistes et aux défenseurs des droits des femmes”, rappelle l’ONU Femmes