MAROC
18/04/2019 11h:43 CET

Qui est Zouhair El Bouhdidi, le jeune Marocain qui voulait commettre un attentat à Séville?

Le profil du suspect se précise.

CRISTINA QUICLER via Getty Images
La police nationale espagnole à Séville, en juillet 2016.

TERRORISME - Le profil du jeune jihadiste marocain présumé qui voulait commettre un attentat à Séville lors de la Semaine Sainte se précise. Zouhair El Bouhdidi, 23 ans, arrêté au Maroc suite à une opération antiterroriste menée par les services de renseignement espagnols et marocains, est le fils de l’imam de la mosquée du quartier de Su Eminencia à Séville, “où la population musulmane est nettement plus élevée que dans le reste de la ville”, rapporte El Independiente.

La mosquée Al Baraka de ce quartier, située dans la rue Ortega y Gasset où réside la famille El Bouhdidi, est dirigée depuis quelques mois par Abderrahim El Bouhdidi, le père du jeune homme arrêté, précise le quotidien espagnol. Son fils, en détention au Maroc depuis le 9 avril, s’y rendait habituellement pour prier.

Sa mère, Aïcha, qui travaille dans une entreprise de services d’aide à domicile, selon ABC Sevilla, a quitté hier sa maison pour défendre devant les médias l’innocence de son fils. “Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes des gens normaux”, a-t-elle déclaré. “Mon enfant est bon. Il étudie juste et joue au football”, a-t-elle répété. “Dites la vérité, nous ne sommes pas des terroristes. Seul Dieu connaît la vérité”.

Mercredi, la police espagnole a perquisitionné le domicile du jeune homme dans la capitale andalouse. Dans ce bâtiment, les agents ont localisé “des documents et du matériel informatique à analyser”, selon des sources policières. Aucune arme n’aurait été trouvée dans la maison, ni de matière pour l’élaboration d’explosifs, selon les médias espagnols.

“En ce qui concerne le jihadiste arrêté ce matin au Maroc: la perquisition de son domicile à Séville est finie. Les agents ont seulement pris des documents et du matériel informatique pour les analyser”

Le détenu étudiait à l’université de Séville, où il était inscrit au deuxième cycle d’études arabes, et résidait dans cette ville au moins depuis 2016, selon les médias espagnols. Auparavant, il étudiait à l’Institut d’éducation secondaire (IES) Luca de Tena. Le directeur de cette école, José María Pedernal, se souvient de lui comme un élève “qui n’était pas particulièrement conflictuel”. “Il était très gentil et quand on le réprimandait, il répondait bien. Personne ne pouvait imaginer quelque chose comme ça”.

Selon ses voisins, Zouhair était “un jeune homme ordinaire” qui agissait de manière “normale”. Une amie de la famille a par ailleurs indiqué que le détenu vivait dans cette maison avec ses parents et ses frères et qu’il se trouvait à Rabat, où il a été arrêté, pour “rendre visite à sa grand-mère” qui aurait été touchée par une maladie cardiaque. Elle a également affirmé que le mis en cause et sa famille sont “de bonnes personnes” et que si elle avait appris que le détenu était lié au jihadisme, elle aurait été “la première à en informer la police”.

Lors de son arrestation au Maroc, le jeune homme a cependant avoué pendant l’interrogatoire son intention de commettre un attentat jihadiste à Séville. “Une catastrophe a été évitée, il était déterminé à le faire”, ont confirmé hier des sources proches de l’enquête aux médias espagnols.