MAROC
28/06/2019 10h:13 CET | Actualisé 28/06/2019 10h:14 CET

Qui est Rachid Eljay, l'imam blessé à la mosquée de Brest ?

D’origine marocaine, l'imam de Brest, anciennement connu sous le nom de Rachid Abou Houdeyfa, s'était fait remarquer avec ses vidéos polémiques en 2015.

FRED TANNEAU via Getty Images

BREST - Deux personnes ont été blessées ce jeudi 27 juin après que des coups de feu ont été tirés devant la mosquée Sunna à Brest. Les faits se sont produits peu après 16h à l’extérieur de l’édifice situé dans le quartier de Pontanézen.  

L’homme soupçonné d’être le tireur, qui avait pris la fuite, s’est suicidé. Il a été retrouvé mort près de sa voiture, indique une source policière.

Parmi les deux blessés dont les jours ne sont pas en danger se trouve l’imam Rachid Eljay, anciennement connu sous le nom de Rachid Abou Houdeyfa. Ces dernières années, il a défrayé la chronique en raison de ses prêches et a également été menacé de mort par Daech (le nom arabe du groupe État islamique). Issu d’une famille très modeste d’origine marocaine, selon Libération, l’homme a un parcours étonnant. 

La première fois que Rachid Eljay se fait connaître du grand public, c’est en 2015 lorsque ses positions rigoristes et d’inspiration salafistes indignent, dans une société marquée par les attentats. À l’époque, plusieurs médias ressortent des vidéos datant de 2012 et qui font polémique de par les propos intégristes que tient l’intéressé. Dans ce qui est peut-être “la plus célèbre”, on peut le voir dire à des enfants que ceux qui écoutent de la musique se transformeront en porc. Sa chaîne Youtube affiche alors pas moins de 68.000 abonnées.

Mais l’année suivante marque plusieurs transformations pour l’imam de Brest. Alors que la justice s’intéresse un temps à son activité économique comme l’expliquait Le HuffPost, Rachid Eljay s’inscrit au diplôme universitaire (DU) Religions, droit et vie sociale, dans une faculté de droit et de sciences politiques. Comme le détaillait à l’époque Libération, ces programmes sont notamment “une des actions promues par le gouvernement pour rendre “républicano-compatibles” les imams des mosquées françaises. Il avait finalement eu son diplôme.  

Au mois d’août précédant son inscription dans ce programme, Daech avait rendu publique une fatwa contre Rachid Eljay dans  le journal “Dar al-Islam”, son organe de propagande. En cause notamment, “son appel à voter aux élections françaises et à participer au système démocratique”.

Un changement de braquet qui n’a pas empêché les autorités de surveiller étroitement Rachid Eljay. Sur YouTube, il est le prédicateur le plus scruté par la police, indiquait un article du JDDil y a un an.

Il est devenu l’imam de la mosquée de Pontanezen, quartier populaire où il a lui-même grandi après l’expulsion pas les autorités du prêcheur Abdelkader Yahia Cherif en 2004, rappelait France 3.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.