ALGÉRIE
15/09/2019 12h:27 CET

Qui est Mohamed Charfi ?

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Mohamed Charfi

Mohamed Charfi, 72 ans, a été désigné ce dimanche 15 septembre 2019 premier président de l’Instance nationale indépendante des élections, installée officiellement à Alger, après le vote par les deux chambres du Parlement du projet de loi portant création de cette structure.

Ce natif d’Oued Zenati (Guelma), diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA), doctorat en droit, a été juge d’instruction, magistrat de siège, procureur de la République puis procureur général durant les années 1970 et 1980. Il a notamment exercé à Biskra, Annaba, Guelma, Béjaia, Sétif et Constantine.

A la fin des années 1980, il a été nommé secrétaire général du ministère de la Justice, occupé à l’époque par Ali Benflis. Après le départ de Ali Benflis, en juillet 1991, Mohamed Charfi quitte le ministère de la Justice pour la Cour suprême où il est conseiller jusqu’à 1997.

En 1999, il est désigné conseiller à la Présidence de la République avec l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir. Il reste à ce poste jusqu’à juin 2002 avant d’être nommé ministre de la Justice dans le gouvernement Ali Benflis. Il succède à Ahmed Ouyahia. Ouyahia, nommé chef du gouvernement en remplacement d’Ali Benflis, le reprend dans son équipe en mai 2003, mais il ne reste que trois mois. Le 6 septembre 2003, il est remplacé par Tayeb Belaïz.

A l’époque, l’entourage du président de la République reprochait à Mohamed Charfi d’être “trop proche” de Ali Benflis, devenu sérieux rival pour Abdelaziz Bouteflika pour l’élection présidentielle de 2004. En 2009, Mohamed Charfi est rappelé au poste de conseiller à la Présidence de la République.

Forcé au départ à cause de l’affaire Sonatrach

En septembre 2012, il est nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux dans le gouvernement Abdelamalek Sellal pour ne rester qu’une année. Il est forcé au départ en raison de l’affaire Sonatrach.

Un mois auparavant, le 12 août 2013, le procureur général près la Cour d’Alger Belkacem Zeghmati, actuel ministre de la Justice, Garde des Sceaux,  lançait un mandat d’arrêt international à l’encontre de Chakib Khelil, ex-ministre de l’Energie et des Mines, et de sa famille.

En février 2014, Mohamed Charfi révèle, dans une lettre publiée par El Watan, que Amar Sâadani, alors secrétaire général du FLN, est venu lui demander d’éloigner Chakib Khelil du dossier de corruption de Sonatrach 2. “N’est-ce pas, si Amar, vous qui êtes venu, le jour même de votre installation à la tête du FLN (29 août 2013, ndlr), me proposer amicalement de préserver mon poste de ministre de la Justice en m’engageant à extirper Chakib Khelil de l’affaire Sonatrach comme on extirpe un cheveu d’une pâte. Ma réponse fut, vous le savez, de fermer mon portable…”, a accusé Mohamed Charfi, dans la tribune publiée par El Watan, à deux mois de l’élection présidentielle de 2014.

Tayeb Louh succède à Mohamed Charfi au ministère de la Justice (il occupe ce poste jusqu’à la démission d’Abdelaziz Bouteflika le 2 avril 2019) et se charge de “gérer” à sa manière le scandale de Sonatrach, les dossiers 2,3 et 4 de cette affaire sont toujours pendants au tribunal d’Alger.