TUNISIE
11/03/2019 13h:23 CET | Actualisé 15/03/2019 13h:08 CET

Qu'est ce qu'une infection nosocomiale, suspectée d'être derrière la mort de 11 nouveau-nés?

Qu’est ce qu’une infection nosocomiale?

Jill Lehmann Photography via Getty Images

Une infection nosocomiale semble être la cause la plus probable derrière le décès des onze nouveau-nés dans l’hôpital de la Rabta, annonce la ministre de Santé par intérim Sonia Ben Cheikh dans une conférence de presse tenue ce lundi 11 mars 2019. “Les éléments de l’enquête en cours s’orientent vers une infection nosocomiale” lance-t-elle.

Mais c’est quoi, au juste, une infection nosocomiale?

Le terme “nosocomial” vient du grec nosos, maladie et de komein soigner, qui forment le mot nosokomeion, hôpital. Ceci veut dire qu’une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé (hôpital, clinique…).

Une infection est dite nosocomiale ou hospitalière, si elle est absente lors de l’admission du patient à l’hôpital et qu’elle se développe 48 heures au moins après l’admission ou un délai supérieur à la période d’incubation.

 

Pourquoi survient-elle?

Tous les patients ne sont pas exposés au même risque de survenue d’une infection nosocomiale. Ce risque dépend de l’âge, de l’état de santé du patient, du nombre et de la durée des actes invasifs subis (perfusions, sonde urinaire à demeure, mesure de la pression veineuse centrale, implantation de prothèses…).

Les infections nosocomiales sont plus fréquentes dans les services de réanimation, de chirurgie, des brûlés et d’hématologie.

Selon l’OMS, les infections nosocomiales surviennent en général par transfert des germes présents sur les mains d’un agent de santé lorsqu’il touche le patient. Sur 100 patients hospitalisés, au moins 7 dans les pays à revenu élevé et 10 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire vont contracter une infection nosocomiale.

Chaque année, des centaines de millions de patients dans le monde sont affectés par ces infections, dont une grande partie est causée par des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens, souligne la même source.

Quels sont les facteurs favorisant la survenue des infections nosocomiales?

Il existe plusieurs facteurs favorisant la survenue des infections nosocomiales dont le manque d’hygiène, le comportement du personnel hospitalier (qui parfois sous-estime le risque ou le comprend mal), ou encore la mobilité des patients (fréquemment transférés d’un établissement ou service à l’autre).  

De ce fait, le cadre médical n’est pas le seul coupable derrière la propagation des infections, les patients concernés apportent parfois eux-mêmes les bactéries infectieuses à l’hôpital.

Comment prévenir les infections nosocomiales?

Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des règles simples d’hygiène.

Selon l’OMS, les agents de santé peuvent jouer un rôle crucial pour protéger les patients contre des infections difficiles à traiter en respectant les règles d’hygiène, et ce en utilisant une solution hydroalcoolique ou en se lavant les mains à l’eau et au savon.

Porter des gants en cas de contact avec du sang ou tout autre produit d’origine humaine, nettoyer et désinfecter le matériel et les ustensiles médicaux de chaque patient sont également des réflexes simples qui pourront réduire la survenue de telles infections.

De leur côté, les visiteurs doivent respecter les mesures d’isolement mises en place pour certains malades, soit pour prévenir la transmission de germes résistants aux antibiotiques, ou de germes transmissibles par voie respiratoire, soit pour protéger les malades les plus fragiles.

Quant aux patients, ils doivent garder une bonne hygiène corporelle notamment en se lavant les mains après être allés aux toilettes et en respectant les consignes de préparation chirurgicale en cas d’intervention (épilation de la zone opératoire, douche antiseptique...).

Quelques chiffres concernant la mortalité imputable aux infections associées aux soins? 

Peu de données sont disponibles concernant la mortalité imputable aux infections associées aux soins (IAS). Aux USA, c’est l’une des dix premières causes de décès hospitaliers.
En France, on estime que sur les 600.000 à 1100.000 malades qui vont contracter une IAS chaque année, on a environ 10.000 à 20.000 décès.

En Tunisie, les études qui se sont intéressées à la mortalité associée aux IAS sont rares.  

11 nouveau-nés sont décédés entre les 7 et 8 mars dans les services de gynécologie obstétrique de l’hôpital de la Rabta à Tunis.

En conséquence, le ministre de la Santé, Abderraouf Cherif a présenté, samedi, sa démission qui a été acceptée par le chef du gouvernement, et ce en marge d’une réunion de crise présidée par ce dernier.

Lundi, la ministre de la Santé par intérim, Sonia Ben Cheikh a tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle est revenue sur les circonstances du drame.

Elle a affirmé que ces décès ne resteront pas impunis réfutant au passage l’idée que la cause de ces décès provient “d’un médicament ou d’un sérum périmé”.

″Nous allons attendre les résultats de l’enquête puisque des prélèvements ont été faits sur l’ensemble du service, nous attendons les résultats des analyses” a-t-elle indiqué expliquant qu’il s’agirait probablement d’une infection nosocomiale.

Elle a en outre affirmé qu’un douzième décès a été constaté, dimanche matin. Celui-ci pourrait être également à cause d’une infection nosocomiale, sans pour autant en être sûre.

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