TUNISIE
11/10/2019 12h:30 CET

Qu'est-ce que vous attend à Dream City aujourd'hui? Voici le programme

15 spectacles vous attendent, vendredi.

© Safa Ben Brahim
Dream City 2019

Dream City 2019 rentre dans sa dernière ligne droit. Le festival prendra fin ce dimanche, mais d’ici là, un copieux programme vous attend.

Rien que ce vendredi, 15 spectacles et rendez-vous sont au programme.

A vos billets!

WHO IS AFRAID OF IDEOLOGY PART I & II

MARWA ARSANIOS

Spectacle vidéo

Entrée Gratuite

Palais Kheireddine, Place du Tribunal

De 12h00 à 20h00

Descriptif: L’organisation de l’information est un acte intrinsèquement politique. Ce que l’on choisit de prioriser, de réduire ou d’exclure n’est pas simplement une façon de narrer des histoires. C’est une façon de matérialiser un monde. […] Tourné dans les montagnes du Kurdistan début 2017, le film d’Arsanios se concentre principalement sur le mouvement des femmes autonomes kurdes et les structures de ce dernier d’auto-gouvernance et de production de connaissances. Il s’agit d’un mouvement de guérilla qui considère la libération des genres comme une lutte coexistante et égale à celle qui consiste à résoudre les conflits de guerre, le féodalisme, les tensions religieuses et la lutte économique. Mais malgré l’accent mis sur l’écologie et le féminisme, le mouvement des femmes autonomes n’est pas un projet libéral. C’est une idéologie qui a été pratiquée à travers la guerre. La participation la plus récente du mouvement comprend la Révolution syrienne, qui a commencé en 2011 et se poursuit. […] Pendant qu’elle filmait dans les montagnes, Arsanios a passé son temps à assister et à enregistrer des groupes de lecture, à rencontrer des équipes écologiques, de médecine naturelle et d’éducation dans divers endroits de la région, puis à enregistrer des discussions supplémentaires avec ses sujets par téléphone et Skype.

 

JUPITER’S DANCE

RENAUD BARRET & FLORENT DE LA TULLAYE

Cinéma

Bab Bhar, Place de la Victoire

A 20h00

Descriptif: “La Danse de Jupiter” est un voyage musical dans le ghetto de Kinshasa à la rencontre de ses innombrables musiciens. Tous nous diront leurs espoirs, leur optimisme sans faille malgré une situation sociale explosive. Parmi eux, Jupiter Bokondji, leader charismatique du groupe Okwess, il est notre guide dans cette mégalopole au bord de l’explosion, jadis capitale de la musique en Afrique. Entre moments musicaux chargés d’émotions et revendications, transpire de Kinshasa une rage de vivre et une incroyable énergie créatrice.

SIMPLE AS ABC #3 –THE WILD HUNT –

THOMAS BELLINCK

Théâtre sonore

Théâtre Municipal (Studio) 2, rue de Grèce

A 14h00 et à 16h30

Descriptif:  Que se passerait-il si nous construisions un musée de la chasse à l’homme ?

À quoi cela ressemblerait-il, qui serait là-dedans et qu’est-ce qui serait accroché aux murs ?

Simple as ABC #3 – The Wild Hunt est une exposition audio qui présente les pratiques contemporaines de la chasse humaine. Il se demande qui chasse qui et comment, qui surveille et dans quelle mesure ces catégories sont claires ou réversibles. Sur la base de leurs connaissances intimes, des experts du pourtour méditerranéen ont été invités à apporter chacun une scène de chasse à la collection du musée. En arabe, en farsi, en français et en grec, leurs voix guident le visiteur à travers les images gravées sur leur rétine.

 

TILT FRAME

BOYZIE CEKWANA

Performance, Installation

A Caserne El Attarine, Souk El Attarine

Installation: de 12h00 à 17h00

Performance: à 20h00.

Descriptif: Dans le cadre de DREAM CITY 2017, Boyzie Cekwana performeur et chorégraphe, a choisi de travailler auprès de certaines minorités en Tunisie, et sur la question de la différence réprimée ou de la conformité forcée, et de la violence qu’elle engendre. L’artiste souhaite poursuivre et approfondir son travail en l’ouvrant plus largement et en intégrant d’autres associations, de nouvelles voix, mais aussi en mettant à contribution des chercheurs et experts susceptibles d’amener des outils pour « faire face » et renforcer les capacités et la confiance de ces minorités. Au-delà de la performance artistique, Boyzie souhaite commencer à créer une sorte d’archive contemporaine, en récoltant des récits mais aussi des interactions entre des associations, des idées…, etc. pour la reconnaissance des droits de ces minorités en Tunisie.

iMEDINE

SERGE-AIMÉ COULIBALY

Danse

Asfouria, 65, souk El Attarine

A 13h00 et 17h00

Descriptif: De quoi rêve-t-on quand on a 20 ans et plus et que l’on vit dans la Médina de Tunis? Quels sont les espoirs et les frustrations quand on a face à soi le chômage ? La tentation d’une traversée à grand risque de la Méditerranée; ou de survivre avec de petits trafics dans la Médina? iMédine, qu’il faut lire comme (I ), Moi en anglais et Médina; est une recherche chorégraphique, autour des aspirations, des peurs, des solitudes, des confrontations et de l’amour qu’il peut y avoir dans la vie de 15 jeunes de la Médina de Tunis. Une recherche sur la violence envers soi et envers les autres. Un travail aussi autour de l’affirmation de soi dans un espace parfois hostile, une exploration souvent fantaisiste autour de l’idée de la meute, du gang et d’une bande organisée de copains. Où trouver l’espoir quand on a l’impression que toutes les portes et les fenêtres sont fermées ?

 

GARDENS SPEAK

TANIA EL KHOURY

Installation, performance

Dribet Dar Hussein4, rue du Château

A 12h00, 13h30, 15h00, 16h30, 18h00, 19h15 et 20h30

Descriptif: “Même les morts ne seront pas à l’abri de l’ennemi s’il gagne.” Walter Benjamin

Partout en Syrie, de nombreux jardins dissimulent les cadavres des militants et des manifestants qui ont orné les rues pendant les premières périodes du soulèvement. Ces enterrements domestiques sont le fruit d’une collaboration continue entre les vivants et les morts. Les morts protègent les vivants en ne les exposant pas à d’autres dangers de la mainmise des autorités du régime. Les vivants protègent les morts en conservant leurs identités, en racontant leurs histoires et en ne permettant pas que leurs morts deviennent des instruments pour le régime. Gardens Speak est une installation sonore interactive contenant l’histoire orale de dix personnes ordinaires enterrées dans des jardins syriens. Chaque récit a été soigneusement construit avec les amis et les membres de la famille du défunt afin qu’ils puissent raconter leur histoire telle qu’ils l’ont racontée eux-mêmes. Ils sont compilés avec des sons trouvés qui témoignent de leurs derniers instants.

 

TRANSE

AMIR ELSAFFAR

Musique

Place de la Hafsia

A 22h00

Descriptif: Ce projet a pour objectif de revivifier, de manière temporaire, la pratique du Stambeli dans les rues de la médina de Tunis durant la période du festival Dream City et d’amener, par la suite, ce rituel dans les rues des villes européennes en 2020 et au-delà. La musique sera interprétée par un ensemble transnational composé de 12 musiciens originaires de la Tunisie, du Maroc, du Mali et éventuellement du Nigéria, que rejoindra Amir ElSaffar à la trompette.

Bien que ces musiciens viennent d’une large zone géographique, le langage musical fondamental ainsi que les pratiques rituelles présentent de nombreux traits similaires.

Ce projet a pour vocation de s’intéresser à cette page de l’histoire humaine qu’est l’esclavage et les dynamiques inégales du pouvoir, à travers une pratique ritualiste collective ouverte à la participation et à l’intégration.

Ce projet vise à la création d’un espace unique pour des interactions significatives entre les peuples, les croyances, les histoires et les esthétiques de l’Afrique sub-saharienne et de l’Afrique du Nord, créant ainsi les conditions propices pour une guérison collective et la reconstitution de connexions perdues.

 

CROSSOVER

BEN FURY

Danse

Tourbet Sidi Boukhrissan, Rue Ben Mahmoud

A 20h00

Descriptif:  Crossover qui se traduirait aussi par « la transition », « la traversée», « la modification », « la répétition » et « la suppression ». Cette performance est le fruit d’un travail dont ces mots ont été le moteur lors du processus de création. Ils déconstruisent avec tendresse et détachement, une série de mouvements qui se répètent, tout en essayant de toucher à un soufisme qui nous échappe. Une arme nécessaire quand il s’agit de recouvrer la liberté d’expression. «Crossover» signe une manière nouvelle d’interroger le lien entre l’urbain et les traditions, le populaire et le sacré. Les 7 danseurs envahissent l’espace, cherchant à faire vibrer le corps du spectateur.

 

0904

MALEK GNAOUI

Installation

Imprimerie FINZI, 4, rue de Russie

De 12h00 à 19h00

Descriptif: Il y avait, à la prison 09 Avril, un quotidien, des règles, une solidarité. Les prisonniers, “déviants” marqués au fer rouge par le pouvoir, furent un alibi continuel pour maintenir l’ordre. Malek Gnaoui reconstitue la mémoire de ce lieu comme un puzzle. Chassant les témoignages, les objets, la parole de ceux qui y ont séjourné, il regroupe les fragments pour nous plonger dans “une honte”, qui fut effacée pendant les prémices d’un changement historique. Malek Gnaoui fait remonter à la surface une partie amputée de la mémoire. L’artiste nous fait découvrir à travers son installation une micro société qui s’est organisée entre les murs du 09 avril, une société avec ses dominants et ses dominés, sa propre économie et des problématiques qui lui sont propres. Il nous montre, de ce lieu où le temps se fige, se dilate, s’oublie et écrase, une variation de l’existence et les origines mutationnelles des prisonniers pendant leurs séjours au 09 avril.

 

EL MSABB

ATEF MAATALLAH

Installation urbaine et vidéo

Impasse El Kachekh

Installation de 12h00 à 19h00

Vidéo de 19h00 à 21h00

Descriptif:  Il ne s’agira pas d’oublier les ordures, elles disparaîtront du sol mais leur souvenir sera gravé et consigné, l’image peinte de quelques-unes d’entre elles flottera sur les hauts murs qui dominent la place. Captives entre la poussière et les nuages, imagées plutôt que réelles, elles seront une souvenance. Le lieu que nous rêvons est un lieu à la croisée de la mémoire et de la fiction.

L’espace public regorge de noms invitant à la douce réminiscence, Jardins de Carthage, Riadh Al Andalus, le Kram, El Menzah, Mourouj, Bab Bhar… Tels des reliques refermant à la fois ce qu’a pu être le lieu à un moment donné de son histoire et ce qu’il n’est plus, ces noms nous inspirent celui de notre espace, msabb. Tout comme le poète de la Jahiliya, qui s’arrête sur les vestiges, constatant le départ de sa bien-aimée et décrivant ses traces, nous nous arrêtons pour dire ce que cet endroit de la rue Maqtar a été.

AYUR (The Moon)

RADOUAN MRIZIGA

Danse

Jardin palais Kheireddine, Entrée rue Achour

A 18h00

Descriptif: Au XIXe siècle, le racisme, le colonialisme, le patriarcat antisémite et le nationalisme ont joué un rôle important dans la formation des sociétés et dans la production du savoir. A cette époque, tous les savoirs indigènes ou populaires qui ne correspondaient pas à ceux des “civilisés” ont été systématiquement détruits. Ces récits effacés influencent encore notre présent vers les contextes locaux et globaux. Le projet se concentrera sur Tafukt (soleil)/Athena, Ayur (lune)/Tanit, Akal (terre)/Nieth ; une trilogie de performances sur les épistémologies féminines d’origine amazighe comme symbole de résistance, de détenteurs de connaissances et d’hybrides entre cultures. Déesse Ayur/Tanit associée à la lune dans la Carthage punique comme une performance solo développée et interprétée par l’interprète tunisienne Sondos Belhassen à partir de textes écrits avec la poète Lilia Ben Romdhane et le rappeur Mahdi Chammen “Massi”, un espace chorégraphique et une performance en quête d’un nouveau paradigme de réflexions sur le passé, pour arriver à un avenir plus solidaire.

NAKCH HDIDA

MUSEUM LAB

Mapping vidéo

Place du Tribunal

De 19h00 à 22h00

Descriptif:  Nakch Hdida est une installation audiovisuelle qui cherche à mettre en valeur l’art islamique en Tunisie à travers les nouvelles technologies, en l’occurrence la réalité augmentée. Cette création originale se déploie autour d’un mapping vidéo architectural inspiré des murs des palais beylicaux tapissés de panneaux en plâtre ciselé.

Cette création vise à montrer comment l’architecture musulmane déploie ses formes classiques d’arabesques géométriques et florales à la rencontre de formes décoratives comme les vitraux : les petites fenêtres découpées et ciselées dans le plâtre puis incrustées de morceaux de verre colorés, dites « Chemmassiat ». Ces dernières sont destinées à laisser entrer la lumière au cœur des édifices tout en jouant sur les contrastes ombre et lumière, creux et vide.

Cet artisanat apparu en Mésopotamie, introduit en Tunisie vers le 9ème siècle à Kairouan et épanouit en Andalousie, est considéré comme un savoir-faire disparu après nous avoir livré des joyaux architecturaux.

 

LE TOUR DU MONDE DES DANSES URBAINES EN 10 VILLES

ANA PI

Conférence dansée

Théâtre El Hamra, 28, rue Al Jazir

A 15h00

Descriptif:  Nous allons partir pour un tour du monde des danses urbaines […] ce sont les danses créées, pratiquées et montrées dans les rues des grandes villes du monde […] liées à la ville, à sa violence, à ses injustices mais aussi à son énergie, électrique, rapide […] De nos jours, les danses urbaines se diffusent principalement sur le net. Cette transmission virtuelle permet des évolutions stylistiques très rapides, une mondialisation des gestes, et explique aussi la popularité spectaculaire de certains styles. Les danses urbaines en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Europe, en Asie et en Afrique, sont toutes connectées à la diversité des danses africaines, qui ont migré dans le corps des esclaves déportés, et des immigrés. Les grandes villes du monde où s’inventent ces danses sont des cités cosmopolites, forgées par les vagues de déportation et d’immigration. C’est la complexité de cette histoire, façonnée par les grandes inégalités de l’ordre social, qui surgit dans ces danses. »

AMOUR

NOUR RIAHI

Lecture

Club Tahar Haddad, Rue du Tribunal

A 18h30

Descriptif: La création est pour Nour Riahi un processus de libération intime et sociale. La jeune dramaturge de 17 ans, repérée lors de la dernière édition du festival Dream City, a entamé depuis plusieurs années un travail d’écriture en questionnant le monde par le prisme de son environnement, son vécu, ses rêves, et ses angoisses d’adolescente. Elle a été accompagnée par la dramaturge égyptienne Laila Soliman avec laquelle elle a réalisé le projet “Superheroes“.

Elle a travaillé sur un texte théâtral qui aborde et interroge cinq thématiques-sociales, politiques, quotidiennes et intimes. Son monodrame évoque l’intégrisme religieux, la mort, la liberté de conscience, la séparation entre la religion et la vie quotidienne et le rapport des adolescents à la vie, tiraillés entre désir de vivre, quête d’absolue et pesanteur sociale. Encadré pour l’écriture de ce monodrame par Narjess Ben Ammar, le travail de Nour Riahi aboutit à ces premières lectures publiques.

 

THE SOFT LAYER

DECORATELIER JOZEF WOUTERS EN COLLABORATION AVEC VLADIMIR MILLER

Performance, installation

Dar Bairam Turki 12, rue Sidi Ali Azouz

A 17h30

Descriptif: Pour Dream City 2017, le scénographe Jozef Wouters a élu domicile dans le bâtiment historique de Dar Bairam Turki et a demandé aux résidents de la Médina quelles visions ils avaient de leur quartier. Les réponses étaient aussi diverses que le groupe de résidents et d’experts réunis pour apporter leurs idées au projet, mais presque tout le monde semblait s’entendre: l’avenir de la Médina et de Dar Bairam Turki est une version restaurée de lui-même. Mais quelle version du passé devrions-nous choisir comme futur et comment faire ce choix? Si le seul avenir imaginable est le passé, où en sommes-nous maintenant?

 

Pour l’édition de cette année, Jozef Wouters et son collaborateur artistique Vladimir Miller rassemblent ces idées contradictoires concernant la restauration dans un processus qui ajoute des couches à ce bâtiment au lieu de les décoller. Cette couche douce éphémère sera présentée à Dream City 2019 afin de restaurer temporairement les histoires, les imaginations et les visions collectives qui composent le territoire nostalgique de l’architecture. Avec les artistes tunisiens Amira Chebli et Hichem Chebli, cet ouvrage imbriqué envisage un processus de restauration où la vie et la restauration, le présent et le passé peuvent coexister.

Pendant le festival, le programme Soft Layer: Day Shift et Night Shift sera présenté deux fois par jour. The Day Shift sera une installation participative, permettant au public de participer au nettoyage d’une partie de la façade de la cour du bâtiment. The Night Shift sera une performance: un moment pour accepter les couches de temps simultanées que nous appelons un bâtiment. Si nous continuons à y ajouter des calques, des histoires, des copies et des visions, est-ce que la cour du lieu s’agrandira-t-elle un jour et pourra-t-elle contenir ses nombreuses versions sans éclater?

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