TUNISIE
06/09/2019 13h:43 CET | Actualisé 06/09/2019 13h:44 CET

Quels sont les principaux dossiers diplomatiques qui attendent le prochain président de la République? Le décryptage d'Ahmed Ounaies

L'ancien ministre des Affaires étrangères et conseiller de Béji Caid Essebsi livre son analyse.

L’ancien ministre des Affaires étrangères, président d’honneur de l’Association Tunisienne des Nations-Unies et diplomate Ahmed Ounaies a décrypté, vendredi, les principales attentes en matière d’Affaires étrangères auxquelles fera face le prochain président de la République tunisienne.

“Les candidats à l’élection présidentielle voient seulement d’un point de vue interne, tunisien, leurs visions quant à nos relations avec les capitales étrangères et les pays du voisinage” déplore Ahmed Ounaies estimant cela légitime. “Mais l’analyse diplomatique et les chances de mettre en place ces programmes sont différentes” des visions exposées ici et là dit-il.

“Leurs programmes sont légitimes (...) mais en réalité les difficultés qui sont face à la diplomatie tunisienne demande des combats quotidiens”, et ces combats sont réalisés par ministère des Affaires étrangères.

Pour lui, il y a 3 ou 4 affaires qui mettent la Tunisie au coeur des débats et qui impactent l’avenir du pays à plus ou moins long terme et sur lesquels le prochain président devra prendre la main.

“Il y a d’abord la guerre civile en Libye. Il n’y a pas plus difficile que des citoyens qui se combattent et qui détruisent leur acquis nationaux et leurs richesses nationales (...) L’ampleur de la crise libyenne est imputable aux interventions étrangères par le biais d’acteurs intérieurs (...) La solution ne sera que libyo-libyenne entre tous les acteurs et sans exclusion (...)” dit-il expliquant l’initiative dans ce sens de Béji Caid Essebsi et appelant à la poursuivre.

“Ils croient en la force de la Tunisie à aider les citoyens libyens dans leur ensemble. Ils croient aussi qu’il n’y a pas d’autre espace dans lequel ils peuvent résoudre leur conflit autre qu’en Tunisie (...) Enfin, si la Tunisie s’oppose à une réconciliation nationale entre les différents acteurs, ce plan ne marchera pas. Ce sont des points forts pour la Tunisie. Mais nous avons aussi des points faibles. Notre place ne nous permet pas de passer outre les forces qui s’y opposent, parce que les pays qui ne veulent pas voir ce plan réussir sont plus forts que nous. Il faut le reconnaitre. C’est pourquoi notre point fort et celui de la Libye c’est d’aller vers la réconciliation” analyse Ahmed Ounaies.

Le deuxième sujet auquel devra s’atteler le prochain président de la République est celui de l’allégement de la dette du pays “qui a pris une ampleur qui atteint la souveraineté nationale”.

“Il faut s’attaquer au coeur de ces dettes que nous avons été obligés de contracter afin de retrouver nos propres forces et de moins être dépendants des forces étrangères. C’est un travail pour la souveraineté nationale. Les grandes capitales étrangères sont au courant de ce problème et de temps en temps ils allègent les dettes tunisiennes pour les transformer (...) en investissements et aides au profit du trésor tunisien” explique-t-il. 

Enfin le troisième sujet, c’est celui des guerres en Syrie et au Yémen.“Quand la guerre touche les capitales arabes traditionnelles, cela atteint la souveraineté et la légitimité tunisienne parce que nos racines sont arabes et que nos échanges sont larges avec le monde arabe” affirme Ounaies avant de poursuivre: “Il faut trouver des solutions avec les capitales étrangères et arabes -principalement celles du Golfe et du Machrek- pour apaiser les tensions en Syrie et au Yémen et mettre fin à la guerre dans les deux pays”

Selon lui, “la Tunisie ne pourra pas être seule influente sur ces sujets mais elle fait partie d’un réseau complexe avec lequel il faut négocier afin de réussir”.

Si ces dossiers représentent les principaux sujets sur lesquels devrai travailler le prochain président de la République, Ahmed Ounais estime que cette liste est loin d’être exhaustive appelant également à mettre le dossier palestinien au coeur des programmes des candidats aux élections.

Selon la constitution tunisienne, le chef de l’Etat définit la politique générale du pays en matière de relations étrangères et est l’une de ses prérogatives les plus importantes.

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